600174_10151508248494549_1157974567_n

Go Chic : « Peaches est une de nos idoles »

Go Chic sort cette semaine Killin’ The Breeze, un titre remixé par les berlinois de Tubbe lors du festival Les Femmes s’en Mêlent 2013. L’occasion pour Barbi(e)turix de vous reparler de ces trois taïwanaises hautes en couleur. Sonia, Ariel et Sarah sont une des révélations de l’année 2013 avec leur groupe Go Chic. Pas banal de voir des taïwanaises fans de New Order, les cheveux décolorés, produire une électro-pop rock de cette envergure ? Et pourtant. Après un premier très bon album, c’est Peaches qui décide de produire leur second album, We Ain’t Home. Pas encore signé en Europe, mais ce qu’on en a entendu jusqu’ici est… déroutant. Rencontre avec trois cool kids d’un Taïwan très… rock !

Votre deuxième album, We Ain’t Home, a été produit par Peaches, comment vous l’avez rencontrée ?

Il y a trois ans, elle a joué à Taipei, à Taïwan, d’où nous venons et on a fait sa première partie, après le concert on s’est vues et elle nous a dit qu’elle aimait ce qu’on faisait. Quelques mois plus tard on faisait une tournée en Europe. Elle nous a fait jouer à Berlin et après le show de Berlin elle nous a dit qu’elle aimerait produire notre prochain album. On était folles quand elle nous a dit ça, Peaches est une de nos idoles, depuis qu’on est ados. Alors c’était incroyable. Le rêve devenait enfin réalité.

Et pourquoi ce titre, We Ain’t Home ?

On a réfléchi pendant longtemps au titre de l’album, le truc c’est qu’on a été en tournée pendant longtemps et le second album est le résultat de notre sentiment par rapport à ça. On a vu beaucoup de pays différents, beaucoup de choses différentes, du coup, la plupart des chansons traitent de ça, du fait de venir d’Asie et de jouer en Europe ou aux États-Unis.

Vous vous sentez comment justement au sein de cette culture occidentale ?

(rires) Nos chansons sont en anglais du coup au niveau de la communication ça a été mais ce sont deux cultures très différentes. Par exemple chez nous, on ne fait pas la bise (rires), on ne prend pas les gens dans nos bras, on dit juste « hello », mais c’est tout. C’est drôle car souvent les gens nous regardent fixement dans les endroits où l’on va car dans les clubs et les salles de concert en Europe il n’y a pas beaucoup d’asiatiques.

Et ça fait combien de temps que vous avez Go Chic ? Vous vous êtes rencontrées comment d’ailleurs ?

On a commencé en 2007. On s’est rencontrées au lycée, aujourd’hui on a toutes entre 25 et 26 ans.

Et vous écoutiez quoi à l’époque ?

Nos plus grandes influences sont des trucs comme New Order, Primal Scream, les Stones Roses, beaucoup de groupes britanniques en fait. Aujourd’hui, on écoute de plus en plus de dance, de techno, de house mais aussi du hip-hop old school…

Et ces musiques que vous écoutiez à l’époque, c’était des trucs populaires à Taipei ?

Non pas du tout (rires). On a tout découvert grâce à Internet et à des amis.

Pour présenter Go Chic vous dîtes souvent « les chansons tristes peuvent aller se faire foutre », c’est votre marque de fabrication ?

Oui, tu sais, à Taïwan on baigne dans un trop-plein de chansons pops un peu ringardes, des chansons d’amour qui viennent de la variété chinoise…

Du coup vous ne sortirez jamais de chansons d’amour ?

Si, mais pas à la manière de la variété chinoise. Mais on a un tas de chansons d’amour en fait !

Et vous êtes connues à Taïwan ou en Chine ?

Non, enfin si mais juste au sein de la scène underground et seulement à Taipei.

Vous avez tourné en Asie ?

Oui, en Chine, en Corée, au Japon. C’est plus facile pour la Chine parce qu’on parle chinois.

Et vous seriez capables de déménager en Europe pour devenir réellement célèbres ?

On est justement en train d’y penser oui. Peaches nous a demandé de peut-être la rejoindre à Berlin, là où elle vit. Beaucoup de bons musiciens vivent à Berlin. On y a beaucoup pensé alors peut-être, qui sait ? On veut vraiment réussir.

Vous avez dit dans une interview être de grosses fêtardes. Comment on fait la fête à Taïwan ?

En fait la grosse fêtarde ici c’est moi (Sonia), et je les entraîne quand je peux (rires). Les soirées sont super chiantes à Taïwan, du coup on traîne avec nos ami(e)s, on boit des coups, on écoute de la musique, on parle de musique, on se raconte des trucs drôles.

Et les « cool kids » de Taïwan alors, ils sont où ?

Les hipsters ? On en a aussi oui (rires) mais ils copient les hipsters occidentaux et ils ne sont pas nombreux. J’espère qu’ils écoutent notre musique d’ailleurs.

Il n’y a pas de scène underground où sortir à Taïwan ?

Si, mais comparée à l’Europe, elle est minuscule. Il y a quelques trucs qu’on peut comprendre dans la scène underground mais c’est très différent.

Vous êtes sorties à Paris ?

Non, le seul jour qu’on a eu de libre en France on était à Aubenas… (rires)

Et comment était le public jusqu’à maintenant, en France ?

Génial, on était très surprises d’ailleurs, les gens à Toulouse et Dijon en particulier, étaient complètement dingues, c’était cool.

Et pour vous ça représente quoi d’être programmées dans une festival de musiques de femmes ?

On est très souvent programmées dans ce genre de festival en fait, même à Taïwan. Chicks On Speed, elles ont un festival elles aussi et elles nous avaient invitées à jouer. Parler avec elles nous a beaucoup inspiré, leur attitude, leur façon de faire, est une grande source d’inspiration.

Du coup, c’est quoi la suite pour vous ?

Déjà, sortir le deuxième album. Puis on aimerait pouvoir vivre de notre musique sans trop s’inquiéter, ce serait parfait.

Et si vous ne faisiez pas de musique, vous feriez quoi de votre vie ?

Peut-être du cinéma ? Moi (Sonia) je serais dresseuse de chien, tu sais pour apprendre aux chiens à détecter les drogues et produits illicites dans les aéroports. J’aime trop les regarder quand je prends l’avion, j’aime beaucoup les chiens, les animaux en général.

 

Adeline

Leave a Comment

*