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Etre lesbienne à Tours

En comparaison à de grandes villes de province telles que Rennes, Lilles, Lyon, Nantes et autres, Tours fait figure de canard boiteux. D’un point de vue touristique et étudiant, la ville offre de nombreux atouts. Mais pour les lesbiennes… Comment dire ? Tours – qui pour les moins avisé(e)s se situe dans le centre ouest de la France et à seulement 1h de Paris en TGV – ne propose quasiment rien en terme de vie socio-culturelle lesbienne. Le vide intersidéral. Explications.

Recherche vie lesbienne désespérément

Depuis bientôt trois ans que j’habite à Tours, je n’ai encore jamais vu, et encore moins été dans un bar lesbien. Exclusivement lesbien. La raison est simple : il n’y en a pas. Et pourtant, ce n’est pas faute de retourner le vieux-Tours et ces périphéries telle une âme en perdition. Tristesse et désolation. 
En revanche, si vous cherchez un club gay qui refoule à l’entrée tout ce qui arbore une paire de seins et un vagin, là, il est possible que vos recherches portent leurs fruits : le Stud.

Après, tout n’est pas perdu. Si vous êtes du genre gouine clubbeuse (et un peu cagole, faut l’avouer), vous pouvez vous rendre au G.I , un club gay/lesbien/hétéro friendly où POP ART, le nouvel album de Lady Gaga fera sûrement fondre les enceintes. Sinon, direction l’étage du bar Le Serpent Volant, le rendez-vous mensuel de la Do You Know Sexual House Party, ou Cristaux Liquide mixe de 22h à 2h façon KTDJ.

Sinon, rabattez-vous sur ces quelques bars de Tours, choisis après une étude approfondie et alcoolisée du sujet : Le Canadian Café, L’Alexandra, Les Joulins, La Cabane, Le Gros Bar, Le Balkanic, La Petite Chose, Le Pale, l’Académie de la Bière

Maigre constat que la vie socio-culturelle Tourangelle, donc. Pour ce qui est du social, Tours dispose (encore heureux) d’un centre LGBT,  qui jouit d’une assez bonne réputation (vous pouvez le constater par vous-même en écoutant ce podcast touchant tiré de l’émission Vos désirs sont mes nuits) ainsi que d’un festival du film, Désir, Désirs où Barbi(e)turix avait eu la chance d’être invité l’année dernière. Un festival de cinéma qui prône l’ouverture d’esprit en abordant des thématiques tels que le genre, la sexualité etc. La lumière au bout du tunnel.

Lesbienne de service

En fait, être lesbienne à Tours, c’est  avoir l’impression d’être prisonnière d’un monde hétéronormé ou aucune autre orientation sexuelle ne peut s’affirmer (hormis le jour de la Gay Pride, bien sûr). Tours est une ville où, en tant que lesbienne, on a la sensation d’étouffer. La raison principale : ne pas avoir d’endroits « privilégiés ». Cela peut sembler mince comme argument, ET POURTANT ! Parce que même si l’on n’aime pas forcément être impliquée dans « le milieu », ce genre d’endroit permet de faire des rencontres, amoureuses ou amicales, d’échanger sans avoir à expliquer, renseigner… Parce que faire son coming-out tous les quatre matins devient vite répétitif. 
Parce qu’on devient vite la gouine de service.

Du coup, tomber sur une fille lesbienne ou bisexuelle dans un contexte « social », même si aucun échange n’adviendra forcément par la suite, donne cette impression de stupeur mêlée de tremblements : « MON DIEU ! UNE GOUINE/BI ! Ouf, l’espèce n’est donc pas totalement en voie d’extinction ».

C’est un peu triste, hein ? Eh bien, c’est Tours et malheureusement, ça ne risque pas de changer de sitôt… Arg.

An Si

 

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51 Comments

  1. Prune says:

    De rien

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