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Une lesbienne à Berlin

Il se dégage de la ville de Berlin des odeurs de pin humide et de graines de micocouliers écrasées sous nos pas. Des feuilles mortes marrons rouges et jaunes. C’est que les couleurs automnales se prêtent bien à Berlin. Berlin, où j’ai eu l’occasion de me rendre une seconde fois en l’espace d’un an et demi. Échange de bons procédés, me voilà accréditée pour la 8e édition du Berlin Porn Film Festival. Six jours pour voir des centaines de films, documentaires et courts métrages mais aussi pour revoir la ville, l’explorer, seule et accompagnée.

Trainer ses pieds dans les quartiers plus résidentiels du côté de Charlottenburg ou marcher trois heures dans le Tiergarten : les couleurs, l’humidité, un argentique. Visiter le quartier de Mehringdamm, là où sont concentrés pas mal de bars gay, gay friendly, de restaus végés et autres boutiques branchées. Les couleurs vives, des sexshops queers et une population cosmopolite.

C’est ce qui me marque le plus dans cette ville : un vrai brassage des populations, religions, ethnies, sexes, genres et orientations. Pas de confrontation. Tu vas bouffer ton falafel dans un fast food qui fait aussi de la bouffe chinoise et les lieux lesbiens ne sont pas tous au même endroit. Certes, c’est l’image que je me fais de la ville et peut-être que je ne la regarde qu’avec mon regard de l’autre côté du Rhin, mais il se dégage de la ville de Berlin un truc qui te donne envie d’y vivre.

Berlin, c’est passé inaperçu la moitié du crâne rasé, crâne rasé qui ne t’identifie pas forcément comme queer ni comme punk. La contre-culture française (ou parisienne) fait partie de la culture berlinoise. Pas de matage intensif dans le métro, ni d’harcèlement de rue. Tu rentres sans crainte de la soirée L Tunes* à 5h du mat’, la peur n’est pas présente.

Berlin est une vraie capitale : ses soirées et fêtes n’ont plus de réputation à se faire, de jour comme de nuit, la ville bat son plein : qu’elle soit calme, reposée ou bien bruyante. C’est peut être parce que c’est grand, et qu’il y a de la place pour tout. Capitale Queer pour l’absence de ghetto. Des bars gays et lesbiens ou gay friendly: il y en a pléthore dans le quartier de Kreuzberg. Les soirées queer, aussi nombreuses que les soirées lesbiennes ont lieu très souvent. Rien n’est au même endroit, mais il faut un peu plus marcher que de la rue St Martin à la rue Quincampoix pour aller d’un bar lesbien à un autre. Et alors ? Le concept de ghetto y semble en fait, dépassé.

Dans le quartier de Kreuzberg, une petite boutique cosy est installée. Entre quelques cafés et restaurants, le premier sexshop queer, féministe et végan réside : Other Nature. La vendeuse est sympathique et vous explique rapidement ce qui fait que ce sexshop est végan : préservatif et gant en latex sans lait, ceintures et autres godes, lubrifiant, menottes et cordes. Vous y avez aussi un petit salon, des fanzines tels que Bend Over dont nous vous avions déjà parlé, et des magazines dans plusieurs langues trônent, une petite bibliothèque, et des livres sur l’éjaculation féminine. Mais je vous en ferai un article plus détaillé dans un autre article avec interview de la propriétaire de cet havre, en prime.

Berlin, c’est aussi la bouffe pas chère, le marché turc pour celles et ceux qui aiment les épices, et en bonne gouine courge que je suis, je vous conseille également de vous rendre : Ohlàlà Tartes Shop vous propose des tartes et autres gâteaux. Le tout…végan.

Puis ce sont aussi les squats d’artistes en tous genres: le Urban Spree, les bars où l’on peut boire des mojitos l’aprem: Klub der Visionaere. Baladez-vous le long de l’East Side Gallery, posez-vous du côté de la plage, poursuivez le long de la spree ou les squats et autres bars défilent, le soleil couchant sur le fleuve berlinois. Finissez par un plongeon dans le Badeschiff, une piscine flottante sur la spree. Sirotez une bière comme tous les berlinois, rentrez à pas d’heure dans le métro, patientez un peu et filez un mot à la petite blonde que vous aviez croisée en soirée pour qu’elle vous ajoute sur facebook. Parce qu’à Berlin, tout est possible, même que vous plaisiez à cette jeune femme en retour.

Finalement, Berlin, c’est la rencontre des opposés, sans clivage apparent : la nature dans l’urbain, les sexualités, les genres et les origines qui se brassent. C’est l’absence de jugement, de culture du snobisme. C’est la culture et l’ouverture, loin de l’image de cette ville qui fut pendant longtemps, coupée en deux.

*L Tunes est une soirée lesbienne mensuelle: trois salles pour trois atmosphères, des jolie filles et l’alcool pas cher.

*QueerRiotClub Berlin: la soirée Queer par excellence.

*Roses Bar:  bar gay dans lequel il faut aller au moins une fois dans sa vie
Et pour connaitre toutes les soirées de la capitale: le magazine Siegssaüle avec un agenda aussi en anglais pour les non germanophones.

Sarah

Sarah

Sarah ne parle plus trop de cul ni d'amour d'ailleurs mais ses passions demeurent : féminisme, antispécisme, santé mentale et gingembre.

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4 Comments

  1. Ririe says:

    + les soirées Girls town
    + Möbel Olfe tous les mardis
    + le silver future
    Sinon au katerholzig ou au sishyphos même si c’est pas des klubs homos on croise des filles sympas ;)
    “C’est ce qui me marque le plus dans cette ville : un vrai brassage des populations, religions, ethnies, sexes, genres et orientations. Pas de confrontation.” Ça c’est bien vrai.

  2. Ririe says:

    ah pardon j’avais lu “manque”

  3. Léonie says:

    Juste à coté du fameux Roses, il y a SO36 et certains dimanches le “café fatal”. Un bal queer. Une fameuse expérience.. à vivre!
    L town n’est pas la meilleure soirée, juste LA soirée lesbienne de Berlin. Il est toujours intéressant d’aller voir du côté de “homopatik” ou autres soirées, bars, clubs alternatifs.. Vous verrez qu’avec La Mutinerie on est des rigolos à côté..
    Pas mal de lieux sympa vers friedrichshain aussi.. Mais tout bouge si vite.
    C’est ce qui est sympa à Berlin, c’est que la lesbienne est partout et nulle part. De toutes mes expériences elles n’étaient jamais là où je m’y attendais! (sous entendre arriver dans un bar lesbien et y trouver une bande d’hétéros français) Parfois frustrant..

  4. maricar says:

    J’adore les mardis@Möbel Olfe, très amusant!!

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