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Sexisme au cinema : la Suède applique le test Bechdel

La représentation des femmes au cinéma a toujours été un sujet vaste et sensible. Articles,  livres, débats, thèses : on a disserté, analysé, disséqué la question sans pour autant voir de « grands » rôles féminins portés sur nos écrans. Des rôles assez puissants pour frapper les esprits durablement sans que la tendance de l’année suivante ne l’efface d’un coup de blockbuster.

Des journalistes aux producteurs, tout le monde semble se pointer du doigt sans chercher à faire avancer les choses. SAUF en Suède où certains cinémas indépendants, tel que le Bio Rio, et plus particulièrement sa directrice, Ellen Tejle, ont décidé de réveiller les consciences à leur manière. Comment ? Grâce à une lettre, « A » comme « Approved » et un certificat d’approbation tiré du non moins connu test Bechdel.

Test Bechdel, qui es-tu ?

 Dans les années 80-90, une dessinatrice américaine du nom d’Alison Bechdel se fait connaître par la publication dans Womanews (journal féministe à succès) d’une série de planches intitulées « Dykes to watch out for »  mettant en scène une discussion entre deux butchs à propos des films que celles-ci seraient susceptibles d’aller voir. L’une des deux affirme que pour se déplacer, le film doit répondre  à deux règles bien précises :

⁃ Au moins deux femmes (nommées) doivent être présentes dans le film

⁃ Les deux femmes se parlent et ont un sujet de conversation n’incluant pas un homme comme sujet principal

C’est alors que naquit le test Bechdel, nouvel indicateur du sexisme (ou de l’absence de sexisme) dans les films et autres représentations vidéos que nous gobons chaque jour. 

Les non-partisans de la théorie du Genre ont donc du souci à se faire, les pauvres ! Car si les sociétés de productions ont appris à classer leurs différentes bobines selon le genre des scénarios (Sci-Fi, aventure, romance, épouvante, GAY, porno (et leurs sous-catégories)), ceux-ci ont omis d’en classer certains selon leur GENRE, au sens social du terme, pour souligner les inégalités et le sexisme dont le cinéma fait preuve depuis les temps des Lumière. Un sexisme omniprésent dont tous les acteurs du milieu semblent s’accommoder.

En Suède donc, Ellen Tejle, directrice du cinéma Bio Rio, un des quatre cinémas indépendants suédois à avoir mis en place ce mouvement de notification par la lettre A, se félicite du succès et de la réaction positive des spectateurs. Selon elle, souligner le fait que les « superhéros féminines, des femmes docteurs ou les personnages féminins maîtresses d’un challenge excitant » se font extrêmement rares au cinéma, permet aux gens d’ouvrir les yeux sur leurs habitudes de spectateurs et leur tolérance à l’invisibilisation des femmes.

Ainsi, des « classiques » ayant marqué leur génération comme Le Seigneur des Anneaux, Harry Potter, Pulp Fiction ou plus récemment des blockbusters comme Very Bad Trip, Le Majordome ou Gravity se voient recalés au test Bechdel. Ici la question n’est pas de juger le film d’un point de vue esthétique mais simplement, avec le recul nécessaire, de se dire « ah oui, tiens, tout compte fait, il n’y a pas beaucoup de femmes dans ce film », ou alors les femmes en question sont purement et simplement réduit au stéréotype de la cruche en détresse ou de la fille bandante. Faites vous même le test dans votre tête : au cours de la dernière année, quel film marquant était porté par un personnage féminin fort et indépendant ?

Apposer un « A » sur certains films, labélisés «  Approuvé » ou «  Alison Bechdel »  serait-il un moyen valable de secouer les mentalités ? Doit-on aller jusqu’à apposer un sigle pour lutter contre le sexisme des productions cinématographiques ?  En 2011, le collectif Osez le féminisme s’était déjà posé la question. En effectuant le recensement des personnages féminins dans les films de la période de 2011 et en analysant leur implication dans l’intrigue, elles en étaient arrivées à la conclusion suivante :

« Les femmes sont considérablement moins présentes à l’écran que les hommes, tant quantitativement que qualitativement. Lorsqu’elles apparaissent, elles sont quasi systématiquement représentées en relation avec un ou des hommes. »

Ce mouvement Suédois représente une belle initiative mais dans les faits, un tel procédé devrait s’appliquer à l’ensemble des réseaux de diffusion pour connaitre une véritable efficacité et peut-être faire bouger les mentalités.

Et vous, pensez-vous qu’il faille appliquer le test de Bechdel dans les salles françaises ?

 

AN SI

 

Lubna

Grande rêveuse devant l'éternel, Lubna aime les livres, les jeux de mots et les nichoirs en forme de ponts. Elle écrit sur l'art, avec un petit a : bd, illustration, photo, peinture sur soie. Twitter : @Lubna_Lubitsch

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7 Comments

  1. Cham says:

    Le seigneur des anneaux recalé…
    Dans le seigneur des anneaux partie 3, Eowyn qui tue le nazgul j’ai trouvé ça vachement féministe. Ne vaut-il pas mieux une super représentation féminine mais brève plutôt que 2 heures de conneries entre filles? Qu’est-ce qui est plus valorisant pour la femme?

  2. Armance Molès says:

    En film marquant qui présente des femmes fortes et indépendantes on peu nommer : “les beignets de tomates vertes”, Joe march dans “les quatre filles du docteur march”, ce film avec Angelina jolie où son enfant est kidnappé et tout le monde la croit folle; “a star is born” dans la categorie vieux films. Et la liste peut continuer mais c’est un bon exercice de tri et une alerte à prendre en compte véritablement.
    Très bon article :)

  3. timide says:

    merci An Si de conclure en ouvrant par une question qui nous permet de participer !

    je dirais que dans les cinémas indépendants parisiens : pourquoi pas ? le concept est malicieux. mais faut-il qu’il soit appliqué avec sérieux pour que l’idée initiale puisse s’épanouir et révéler l’information recherchée.

  4. Noz says:

    Heureusement que je n’étais pas entrain de boire ou manger un truc devant mon écran autrement lesdits aliments me seraient remontés par le nez à la lecture des premières lignes de ce post. Tant d’affirmations mal documentées et inexactes, quel dommage. La démarche suédoise est intéressante, sujet louable qu’on est heureuses de découvrir. Pourquoi la border d’inepties ?
    Il existe évidemment un nombre important de grands rôles féminins et de films mettant en scène des rôles de femmes “assez puissants pour marquer les esprits” : ce post est une insulte aux carrières de nombreuses actrices et réalisatrices qui font avancer le féminisme depuis des années.
    Le test Bechdel est amusant, malin, éclairant. Mais citer Gravity décrédibilise tout votre argumentaire, vous engouffrez pêle-mêle des titres dans un sac sans même vérifier ce que vous y mettez. Alors certes, on ne trouvera pas dans ce film “deux copines qui discutent” étant donné le nombre extrêmement restreint de personnages… Puisque vous n’avez pas dû vous donner la peine d’aller le voir, une rectification : dans ce blockbuster, le personnage principal (et omniprésent) est une femme, astronaute, apparemment surdouée, et le film développe son parcours (héroïque). Je ne m’avance pas sur la “valeur” du film, à chacune et chacun de se faire son idée, mais quel dommage de se tirer une balle dans le pied…
    “Des journalistes aux producteurs, tout le monde semble se pointer du doigt sans chercher à faire avancer les choses” Sur quelles sources vous appuyez-vous ? Vous avancez des arguments qui relèvent du fantasme. Outre que les journalistes n’ont pas grand chose à voir là-dedans (vous parlez du sexisme au cinéma ou dans les médias en général ? parce que ça ne devient pas clair…) c’est dommage que vous ne vous réjouissiez pas de la présence en France d’un vivier de productrices et de réalisatrices qui, discrètement dans votre dos mais en sortant des films tout de même, font entendre la voix des femmes et reculer le sexisme. Vous deviez être en Suède, vous n’avez pas dû remarquer.
    Je suis tellement catastrophée par l’aplomb et le manque de sérieux de votre “post” qu’il me coûte de devoir citer des noms et des titres. Comment faire avancer la parité auprès de blogueurs (-euses) amnésiques ? Allez, vite-fait pêle-mêle : pour la première fois cette année la Palme d’Or a été décernée à des interprètes, deux femmes, pour un film (là aussi on en pensera ce qu’on voudra ce n’est pas le sujet) qui donne une visibilité à des personnages féminins et homosexuels. Geste fort, médiatiquement, mais bon, vous deviez être chez Ikéa.
    “Un sexisme omniprésent dont tous les acteurs du milieu semblent s’accommoder.” À nouveau, on nage dans vos fantasmes, peu respectueux pour celles et ceux qui, précisément, ne s’en accommodent pas et font des films courageux, je pense par exemple au travail de Céline Sciamma.
    Enfin bon bref, je trouve votre point de vue réducteur, inexact et, on l’aura compris, fort dommage. Compliqué d’accorder du crédit à ce genre de post, qui relève davantage de votre humeur du jour que d’un article documenté.

  5. An Si says:

    Pour infos, l’article est tiré d’un papier du Guardian. Les titres de films cités ici ne sont qu’une retranscription (à notre sauce ceci-dit) et NON un engagement personnel (et surtout collectif) de films que nous apprécions, j’entends par là que Le Seigneur des Anneaux, et compagnies sont cités comme étant des films ayant échoué au test, on souligne bien du coup (autant le répéter plutôt 6 fois qu’une) que CE SONT DES EXEMPLES tirés de FILMS AYANT ÉCHOUÉ AU TEST. Voilà.

    Ensuite, pour ma défense quant au fait que j’insulte la carrière d’un grand nombre de réalisatrices et d’actrices “n’ayant à ce jour pas marqué les esprits”, je dirais simplement (et sans prétention) que si pour faire plaisir je devais faire du name dropping des réals et autres actrices qui me font scintiller la pupille depuis ma tendre enfance, une page n’y suffirait pas et de plus, je risquerais de m’en prendre plein la gueule parce que mes goûts ne plairaient pas forcément à la lectrice qui lirait ceci. DÉBAT STÉRILE (même si intéressant) EN PERSPECTIVE. En plus, les commentaires servent à ça alors si vous voulez faire une déclaration à une artiste du 7ème art, à vos claviers.
    Mais, je n’ai qu’un mot à dire : GENA ROWLAND. Passons.

    Certes, je ne suis pas une aficionados de la culture suédoise mais je ne vois pas pourquoi je devrais m’imbiber du pays à la dose que ladite lectrice semble attendre pour écrire cet article (sauf si celle-ci souhaite me payer un aller-retour jusque là-bas), du coup, je vais utiliser l’exemple bateau du ” Dois-je buter ma voisine aux goûts musicaux douteux ” pour écrire un papier sur ‘ être une meurtrière” et “avoir des litiges avec ses voisins” ?

    Non, Gravity n’est pas (et je ne suis pas la seule à partager cet avis) un film féministe. Dans ce cas là, Thor est un hymne à la femme si le marteau en est une métaphore.

    Pour la vie d’Adèle, parler de la visibilité lesbienne, je pense que c’est bon, on peut passer le sujet, on a compris que c’était LE film qui était sur toutes les lèvres. Ce n’est pas le premier ni le dernier film lesbien et le fait d’avoir chopé la Palme ne lui donne qu’un prestige momentané. Quand le soufflé du film sur la gouine bleue sera retombé et qu’un autre film lesbien français à grande visibilité sera projeté on en bouffera tout autant et Léa Seydoux et Kechiche pourront céder leurs places sur le bûchers des pauvres idoles humiliés publiquement.

    Et oui, même si n’étant pas chez Ikéa quand j’ai décidé de consacrer un billet à ce sujet, je me suis dit que finalement retracer en quelques paragraphes sans pour autant balancer des tonnes et des tonnes de sources pouvaient donner envie de s’intéresser au sujet autant que nous y avons accordé de l’intérêt à Barbi(e)turix. Si vous voulez lire un article à la gloire de la Vie d’Adèle, filez sur le site de Slate où une journaliste (SISI UNE VRAIE DE VRAIE) s’intéresse également à l’article.

    Voilà, voilà !

  6. cendrillon says:

    Dans Pulp Fiction les femmes ont plutôt le “beau rôle” comparé aux hommes qui sont sans arrêt ridiculisés. Je trouve Tarantino particulièrement féministe.

  7. Manon says:

    Oulala alors autant sur le fond de cet article je suis totalement d’accord, le milieu cinématographique est extrêment sexiste, particulièrement les films d’actions, mais alors cité le seigneur des anneaux comme exemple c’est presque de l’hérésie. Ce film comporte des personnages féminins forts, qui ont des rôles importants dans l’histoire qui sont même des éléments déterminant de l’action, en plus les personnages féminins ne sont pas de faibles femmes, mais des combattantes (et une reine) qui prennent totalement part à l’action. Alors oui elles sont pas les personnages centraux du film mais il faut pas oublier qu’ils sont adaptés de bouquins écris en 1950 et pourtant les femmes n’y sont absolument pas l’archétype de la demoiselle en détresse qui ne cherche que l’amour et qui est incapable de penser à autre chose.

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