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PMA : Les gynécos sous pression

Alors que la date de rendue de copie n’a toujours pas été fixée par le Comité Consultatif National d’Ethique (CCNE), la pression se fait de plus en plus pesante sur les gynécologues et donc sur les lesbiennes, par effet de ricochet.

En plein débat sur le mariage et l’adoption, en janvier dernier, le gouvernement avait adressé une circulaire aux gynécologues rappelant qu’«un praticien français risque cinq ans d’emprisonnement et 75.000 euros d’amende s’il transmet à ses patients une information sur des cliniques ou des organismes étrangers dont les pratiques en matière de dons de gamètes ne sont pas conformes à la législation nationale». La ministre des droits des femmes, Najat Vallaud-Belkacem s’était alors empressée de recadrer le débat en précisant que «les gynécologues sont menacés de sanctions s’ils orientent leurs patientes à l’étranger pour pratiquer la PMA contre rémunération, c’est bien cela, le sujet, en réalité».

En réalité, la directive est plus large et concerne « des informations » qui pourraient être données aux patientes sans forcément appeler une rémunération. Depuis, beaucoup de lesbiennes en projet d’insémination dans des pays européens où la PMA est autorisée, pâtissent fortement de la pression qui pèse sur les gynécologues français.

Car au-delà des « informations », les projets de PMA, même s’ils sont menés à l’étranger nécessitent souvent le suivi d’un-e gynécologue français-e. A ce sujet, une Française ayant déjà eu recours à la PMA rapporte qu’il devient «extrêmement difficile de trouver un gynécologue acceptant de suivre le projet de PMA. Parcours beaucoup plus difficile pour le deuxième bébé, que pour le premier (tous deux PMA Belgique). Les gynécos français ont eu un max de pression de la part de la sécurité sociale pour qu’ils ne prescrivent pas d’aides à la PMA pour les lesbiennes. Heureusement qu’il reste des irréductibles ! ».

Un parcours semé d’embûches

Des gynécologues moins « coopératifs » donc… et un parcours qui s’avère semé d’embûches au vu des contraintes qui pèsent sur les futures mamans.

En effet, les cliniques belges, par exemple, demandent des prises de sang, parfois des échographies, à faire quelques jours seulement avant l’insémination artificielle. Ce qui s’avère parfois compliqué quand on sait qu’il faut souvent faire preuve d’une sacrée patience pour obtenir un rendez-vous chez le gynéco puis dans un laboratoire.

Même difficulté du côté des simulateurs d’hormones. Une Française en projet d’insémination, explique au sujet d’Ovitrelle (un stimulateur d’hormones) : il s’agit d’une « piqure de stimulation parfois prescrite avant une insé. Ce médicament est un médicament à prescription restreinte : il doit obligatoirement être prescrit par un médecin spécialiste en gynécologie ou en endocrinologie. Certains gynécologues refusent de le prescrire aux lesbiennes ayant un projet de PMA, car ils sont très surveillés. Alors qu’une patiente hétérosexuelle pourrait très bien avoir besoin d’une stimulation sans forcément faire d’insémination. Dans le meilleur des cas, les lesbiennes arrivent tant bien que mal à se faire prescrire l’Ovitrelle, mais sans remboursement. »

Ce qui est sûr, c’est qu’il faudra attendre début 2014 (au meilleur des cas), période à laquelle le CCNE rendra son avis sur la légalisation de la PMA et ce, à l’issu de ses états généraux.

 

Rania

One Comment

  1. Cindy says:

    OK, never heard of her before today. Does anyone have a link to something where she or a guest author (not posters) on her blog advocated violence against Muslim immigrants or their sutrpopers?

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