Gnucci-Banana

Gnucci : Pussy Powa

Gnučči alias Ana Rab est une rappeuse et chanteuse suédoise. En quelques années, elle est passée de discrets featuring au statut de star montante du hip-hop suédois, devenant au passage une icône féministe.

Gnučči se qualifie elle-même de “buffet-rapper”, c’est-à-dire qu’elle peut rapper sur à peu près tous les sujets. Son éclectisme, c’est sa marque de fabrique : de la danse au rap en passant par le dancehall, Gnucci ne veut s’enfermer dans aucune famille musicale.

Née en 1987 à Belgrade en Serbie, Ana grandit dans une famille plutôt populaire. Sa mère est ouvrière dans une usine et son père tellement absent qu’elle a longtemps dit qu’elle n’en avait pas. En 1992, à cause de la guerre en Yougoslavie, sa famille fuit vers la Suède. Elle n’a alors que 5 ans.

Ana et sa sœur s’installent alors à Vastera, une petite ville plutôt ennuyeuse. Elle y fait ses études avant de s’enfuir pour Londres à 19 ans dans l’espoir de trouver un petit boulot et de faire la fête. Après avoir écumé des dizaines de disquaires, elle finit par trouver un travail chez “Deal Real”, juste à côté de Carnaby Street. C’est aussi à Londres, dans un taxi qui doit l’emmener en boîte, qu’elle rencontre le rappeur sud-africain qui allait devenir son mari : Spoek Mathambo. Sa première performance sur son disque Schlachthofbronx lance sa carrière.

C’est grâce à ses performances en live et son talent de performeuse exubérante que Gnucci commence à se faire un nom dans le milieu. En n’ayant sorti qu’un seul EP, elle réussit à être nominée dans la catégorie “meilleure performance hip-hop de l’année” au P3 Gold, le plus prestigieux concours de pop musique suédois.

En 2012, son premier EP Oh my goodness ! est produit par Emir Youthman Kobilic, l’inventeur du dancehall Balkanique (si, si ça existe !). Sur ce disque ont collaboré plusieurs chanteuses tout aussi “Pussy Powa” qu’elles : la reine du british dancehall Lady Chann, le DJ et rapper Jasmine Solano ainsi que la star du “funk baile” Zuzuka Poderosa, tout droit venu de l’underground new-yorkais.

Si on aime tant Gnucci c’est qu’elle a fait du féminisme son fer de lance. Gnucci qualifie sa musique de “feminist BFF”, meilleure amie féministe.  Très présente dans la scène gay et lesbienne suédoise, la chanteuse apporte un vrai vent de fantaisie et de fraicheur dans un pays où le rap féminin est encore discret.

“Goodah” c’est l’expression inventée par la chanteuse pour qualifier les femmes qui sont “plus bonnes que bonnes”. Le tube  Too Goodah for them, une ode à l’empowerment, a été illico repris par les filles suédoises comme un hymne au “girl power”.

Son dernier clip, Finders keepers va vous faire aimer l’équitation  :


L.

Lubna

Grande rêveuse devant l'éternel, Lubna aime les livres, les jeux de mots et les nichoirs en forme de ponts. Elle écrit sur l'art, avec un petit a : bd, illustration, photo, peinture sur soie. Twitter : @Lubna_Lubitsch

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2 Comments

  1. timide says:

    un set à la WFM ?

    tout simplement ! :-)

  2. Clem says:

    *Belgrade c’est en Serbie

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