SexPistols 1977

Fanzines et 45 tours : Le punk s’expose à Paris

Evidemment, c’est Anarchy in the UK qui résonne à Europunk, une révolution artistique en Europe  [1976-1980] l’exposition événement de cet automne qui a lieu jusqu’au 19 janvier 2014 à la Cité de la musique.

il ne faut pas s’attendre à voir la basse de Sid Vicious, la batterie des Buzzcocks ou une poignée de cheveux de Joe Strummer mais plutôt une réflexion sur le croisement de la culture visuelle et musicale que ce mouvement a mis en place. Forte de documents inédits et précieux, Europunk se présente comme un fonds d’archives épatant de cette période de provocation et de création.

Tout au long de la déambulation du spectateur, la chronologie du mouvement punk est mise en perspective avec les événements politiques, sociaux et culturels qui permet une replongée intéressante entre 1976 et 1980. Période qui couvre les prémices du punk jusqu’à l’arrivée du post punk et de la new wave avec en final une captation de Joy Division…

Aussi étonnant que cela puisse paraître, ce ne sont pas des archives musicales qui priment mais plutôt de la matière visuelle : Des fanzines par milliers, des pochettes de disques, des flyers, des affiches, des dessins…  Le tout reflétant l’esprit punk, ce Do It Yourself  magnifiquement explicité dans le fanzine des Stranglers, Sideburns en 1977 par Tony Moon : “This is a chord. This is another. This is a third. Now form a band.”

Le Do It Yourself c’est surtout l’art de la photocopieuse. On créé un fanzine à la main, on le tape à la machine, on écrit le titre à la main, on fait dessiner ses copains et on photocopie en centaines d’exemplaires qu’on diffuse dans les concerts gratuitement ou presque : C’est moche, ça bave, c’est asymétrique, c’est fluo et agressif. Et c’est ce qui a fait le punk, son identité visuelle. Les pochettes de disques étaient faites sur le même modèle et agrafées à la main. Des artistes, par la suite, reconnus ont pratiqué  cet art du détournement et de l’appropriation tels que Linder ou Jamie Reid.

L’identité visuelle punk s’est construite sur de nombreux objets du quotidien : pochettes de disques, fanzines, affiches, tracts, impressions sur des vêtements etc. Ainsi, Jamie Reid fut le créateur de l’identité visuelle des Sex Pistols et imagina leurs pochettes, leurs affiches, leurs tracts etc. Célèbre pour avoir pillé le portrait d’Elisabeth II et utilisé les lettres découpées dans ses créations, les agençant telles des demandes de rançons, il est un pilier de l’esthétique punk, moult fois reprise.

Maias, la découverte de cette exposition est le collectif Bazooka. Si le punk anglais a été relayé depuis plus de trente ans, le punk français a fait mine basse. Europunk lui redonne ses lettres de noblesse en présentant une grande masse de leurs œuvres. Composé de six dessinateurs, Bazooka produisait des dessins de presse pour Libération, dépassant allègrement les cadres qui lui était imparti, des bandes dessinées diffusées dans le milieu punk et des affiches pour les groupes amis. Leur trait à la fois rond, épais, vif et bien évidemment provocant attire indubitablement l’œil.

Extrêmement riche, Europunk est aussi dotée d’interviews courtes, vives et intéressantes d’acteurs inconnus du punk. Une exposition à voir puis chez soi, à écouter.

Le site consacré à l’exposition : ici (avec les concerts des légendes du punk qui accompagnent l’exposition : Public Image Limited, Buzzcocks mais aussi des plus jeunes comme Kap Bambino… Et quelques séances de cinéma…).

Angie

Angie

Caution bisexuelle de BBX, Angie écrit sur le cinéma et les arts. Mais en vrai, elle aime surtout les paillettes et les sequins dorés. Twitter : @angelinaguiboud

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One Comment

  1. samy says:

    pour découvrir la scène punk française (et frontalière à l’occasion) actuelle il y a ce site : punkrockisalive.com assez récent (2012 je crois) mais intéressant

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