1078821_428426567269848_995103014_o

“Personne ne connaît vraiment Camilla Sparksss”

Une chose est sûre, Camilla Sparksss n’est pas du genre à se précipiter. Premier single, I’ll Teach You To Hunt, sorti le 7 janvier 2013. Deuxième opus lancé sur la toile le 17 avril suivant avec Precious People. Puis, le 18 septembre dernier, une vidéo tout aussi étonnante, avec You Are Awesome.  Il aura donc fallu neuf mois à la jeune canadienne, et beaucoup de patience de la part de ses fans, pour sortir ses trois bébés. Ça ne vous rappelle pas quelque chose ? En 2009, les suédois de iamamiwhoami créaient la sensation avec leurs vidéos tout aussi mystérieuses les unes que les autres balancées sur YouTube sans explications aucunes. “J’aime l’idée de sortir des vidéos au compte-gouttes“, nous expliquait Barbara Lenhhoff en mars dernier, juste avant son live du festival Les Femmes s’en Mêlent, “je trouve ça cool de découvrir l’artiste à travers une collection de vidéos”. À l’occasion de son retour en France le 17 octobre prochain au côté des berlinois d’Easter pour la soirée Kidnapping, retour sur un groupe qui n’a pas fini de faire parler d’eux.

BBX: Tu sors tes singles au compte-gouttes, tu vas le sortir un jour ton album ?

Oui ! L’année prochaine ! En fait ce qui m’intéresse c’est de sortir les singles un par un, pourquoi ? Parce que je veux des vidéos spéciales, et que c’est moi qui les réalise. J’aime l’idée de sortir des vidéos au compte-gouttes, il y a beaucoup de groupes que j’aime qui font ça. Je trouve ça cool de découvrir l’artiste à travers une collection de vidéos.

Tu as un autre groupe Peter Kernel, c’est très différent comme musique non ?

Oui, tu sais, ça faisait longtemps que je voulais faire quelque chose d’électronique et là j’ai juste pris le temps de le faire vraiment. C’est effectivement très différent de Peter Kernel parce que pour moi ça n’aurait pas pu être similaire, c’est un autre groupe, un autre projet, ça se devait d’être différent. C’est aussi bien plus libre, ouvert, que Peter Kernel, c’est quelque chose de plus facile, tu peux juste lancer tout ce qui te passe par la tête et tu t’en sers pour composer quelque chose.

Mais Aris (Bassetti, autre moitié de Peter Kernel) travaille encore avec toi sur Camilla Sparksss non ?

Oui, on a écrit la musique ensemble. C’est en quelque sorte une version électronique de Peter Kernel du coup.

Et Peter Kernel existe toujours au fait ?

Oui ! On fait les deux maintenant.

Tu participes au festival Les Femmes S’en Mêlent, ça représente quoi pour toi de jouer dans un festival dédié aux femmes ?

Je trouve ça cool, c’est un bon festival, c’est drôle car depuis que j’ai commencé Camilla Sparksss, j’ai été invitée à plein de scènes dédiées uniquement aux femmes, il y a quelques semaines j’ai joué dans un festival lesbien à Rome. Le public de Camilla Sparksss est complètement différent de ce à quoi j’étais habituée avec Peter Kernel, mais je trouve ça bien.

Et tu sais d’où ça vient ?

Barbara : Je suppose que c’est parce qu’on est deux filles sur scène. Ou peut-être que la musique que l’on fait est plus féminine ? Je ne sais pas.

Aris : Je crois qu’on représente quelque chose pour les filles, quelque chose de fort.

Tu as grandi au Canada et tu vis en Suisse maintenant c’est ça ? Ça ne te manque pas ?

J’y retourne souvent, ma famille est toujours là-bas. Je suis partie en Suisse pour étudier en fait, puis j’ai rencontré Aris, il était professeur assistant, on a commencé à jouer ensemble, et du coup je suis restée. La Suisse est un bon spot, c’est très central, quand on part en tournée c’est pratique, pas comme le Canada où parfois tu dois conduire pendant des heures.

J’ai entendu dire que tu avais été élevée avec deux… ours ?

Oui et non ! (rires) On avait effectivement deux ours quand j’étais petite, je viens d’un petit village où les gens chassent et pêchent, et ce qu’il s’est passé est que la mère ours a été tuée, du coup mon père a pris sous son aile les deux oursons. Mais juste pendant un an, ensuite ils sont devenus trop gros et on les a relâchés dans la nature.

Tu as gardé ce lien avec les animaux en grandissant ?

Oui, on a un chat d’ailleurs avec Aris, un chat blanc. Bon, ce n’est pas vraiment notre chat (rires), c’est le chat de tout le monde dans le voisinage.

Tu es donc partie en Suisse pour des études…

D’économie. Que j’ai d’ailleurs TOUT DE SUITE laissé tomber.

Tu faisais déjà de la musique au Canada ?

Non, j’ai vraiment commencé en Suisse quand j’ai rencontré Aris. À l’époque, j’étais plus branché vidéo. En fait, j’avais besoin de musique pour une vidéo sur laquelle je travaillais, je voulais la faire moi même. On a commencé à jouer ensemble juste pour ça, puis au final on a continué.

Comment tu écris tes chansons ?

Ça dépend, pour une chanson je vais avoir l’idée principale directement et je vais suivre ce que je voulais faire dés le départ. La plupart des chansons viennent instinctivement, je viens d’un background très rock, pas très électronique du coup parfois on va trouver un rythme très simple et on va jouer dessus et construire la chanson à partir de ça. On ne commence pas nos chansons à partir d’un ordinateur.

En parlant de background rock, tu écoutais quoi plus jeune ?

Un peu de tout, tout ce qui passait à la radio au Canada. Mes parents écoutaient beaucoup de musique, The Police, des trucs comme ça.

Et niveau ciné, tu as été marquée par des films, des réalisateurs en particulier ?

Je suis plus branchée clips que films en fait. J’aime beaucoup les documentaires, moins les films de fiction, tu sais tous les trucs qui passent sur la BBC, les documentaires sur ce qu’il se passe dans le monde, sur la planète.

Et quand tu ne fais pas de musique, en dehors de la vidéo, tu t’occupes à quoi ?

À beaucoup de choses, on se produit soi même, du coup on doit gérer notre label, c’est à dire les illustrations, le marketing, le managing, le booking, on passe notre temps derrière un ordinateur. Et concernant la musique, on a enregistré le gros de l’album mais je crois qu’au final on va devoir tout réenregistrer. On se tient à une vidéo tous les deux ou trois mois.

Et tu n’as pas l’impression qu’en faisant ça l’album sera un peu disparate au niveau de l’ambiance ?

Camilla : Si, toutes les chansons sont très différentes, je n’avais pas envie de quelque chose de linéaire. Certaines chansons sont très pop, d’autres relèvent plus de la noise musique, d’autres sont plus techno. Tu en penses quoi Aris ?

Aris : C’est toujours un peu compliqué de mettre des mots sur un morceau.

Et au fait, tu t’appelles Barbara c’est ça ? Pourquoi Camilla Sparksss ?

Juste, j’aime ce nom. J’aime l’idée de créer un pseudonyme. J’aime le prénom Camilla, ça me fait penser à une fleur, quelque chose de très féminin. Puis “Sparksss” vient contraster cette douceur.

Et pourquoi trois “s” ?

Barbara : Pour le sifflement (rires).

Aris : Je crois que c’est surtout parce que si tu googles “Camilla Sparks” tu peux tomber sur n’importe qui, alors que si tu rajoutes deux “s”, tu nous trouves (rires). Je crois aussi que c’est très graphique, très sifflant, un peu comme la musique de Barbara, quelque chose d’explosif.

Et du coup pour la scène, tu as préparé quoi ? Car jusqu’à aujourd’hui, tu n’as sorti que deux titres, c’est ça ?

Aris : C’est ça qui est cool, personne ne connaît vraiment Camilla Sparksss, on a reçu plein de propositions pour venir jouer, ce qui est étrange car personne ne sait ce que l’on fait. Mais c’est cool ! Le début d’un live est toujours bizarre parce que les gens ne connaissent pas vraiment, c’est toujours un peu froid au début, puis ils se réchauffent au fur et à mesure et à la fin ils sont dans tous leurs états. Barbara travaille beaucoup sur la performance.

Barbara : Oui, on a beaucoup travaillé sur les chorégraphies ou sur les non-chorégraphies… (rires)

Aris : … dansées par des non-danseurs (rires).

Barbara : C’est vraiment excitant. Quand on a commencé à se diriger vers l’électronique, je me suis dit qu’il fallait quelque chose de plus physique, et c’est ça qui me manquait dans Peter Kernel. C’est pour ça que l’on a une danseuse sur scène et je trouve que ça marche plutôt pas mal !

Tu connais les groupes qui jouent à tes côtés ce soir ?

Oui, on a déjà joué avec Skip&Die la semaine dernière. On a joué hier avec Kate A mais je n’avais pas vraiment entendu parler d’eux avant.

Adeline

One Comment

  1. timide says:

    encore une découverte. merci !

Leave a Comment

*