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La vie d’Adèle n’est pas un film de gouines.

Il sort aujourd’hui en salles. On en a parlé en long, en large, en travers, autour, dedans, à côté. Bref, on en a énormément parlé.

A la veille de la consécration cannoise, alors que les critiques pleuvaient comme autant de galons qu’on accrochait à la veste de Kechiche, nous étions, nous, plus réservées, plus sceptiques et en définitive moins bouleversées que Spielberg. L’été a sonné le glas. Le succès a éclaté en morceaux de piques, d’annonces, de sorties et de coups-bas. Bien sûr, on pourrait arguer qu’au vu de ses « méthodes », il l’a bien cherchée, cette cacophonie peu glorieuse. On ne lui fera pas ce procès, d’autres s’en sont chargés à notre place.

Parlons-en de cette histoire. Oui, Kechiche filme magistralement la genèse du sentiment amoureux dans un cœur vierge et avide. Oui, il traduit avec justesse les affres de l’adolescence et de la quête de soi. Evidemment, La vie d’Adèle n’est pas un navet. Loin de là. Mais, au final, c’est tout comme. Je m’explique.

Commençons par le commencement. La vie d’Adèle – palme d’or à Cannes -, donne à voir une relation amoureuse, sexuelle entre deux filles. Le tout réalisé par un mec qui s’appelle Abdellatif Kechiche. Le symbole est beau. Jusque-là tout va bien.

Au fond, qu’est-ce qu’il reste de ce film ? Qu’est-ce qu’il reste 3 jours, une semaine, un mois après, quand le souvenir de certaines scènes s’est estompé ? Assurément, il reste cette belle maxime : l’amour est universel. Alors, reconnaissantes, on remercie Kechiche, les mains jointes, d’avoir montré au monde que ce beau sentiment s’affranchit de l’orientation sexuelle, qu’en fait ça marche pareil chez tout le monde. On le remercie de cette belle visibilité qu’il nous offre sur un plateau d’argent.

Mais l’histoire ne s’arrête pas là car… Emma et Adèle baisent. Le hic, c’est que cette interaction est fantasmée. Elle est le fruit d’une imagination où (une certaine vision de) l’esthétique se dissocie d’emblée d’une réalité qu’elle mate, sans tutoyer. Kechiche est trop présent, trop intrusif. Si j’étais mauvaise langue, je dirais qu’il pénètre trop profondément ses sujets. Elles étouffent. Littéralement.  Etalage de chair, gros plans scrutateurs, Kechiche a beau disséquer, fouiller, examiner…il reste à mille lieues de ce qu’est le sexe lesbien. La blogueuse Koudavbine décrit d’ailleurs parfaitement  le malaise qui nous prend au visionnage de cette scène. C’est tellement mauvais qu’on se croirait dans un porno bulgare. Par moment, on a envie de se lever de son siège est de crier : ÇA NE MARCHE PAS COMME ÇA ! Le réalisateur vous vend du rêve. Il vous vend son rêve. Pour un “génie” qui prétend à un réalisme formel incomparable, dommage de tomber dans une fantasmagorie de si bas étage.

D’ailleurs, dans sa tribune, publiée sur notre site, Julie Maroh, le dit mieux que moi : « en tant que lesbienne… Il me semble clair que c’est ce qu’il manquait sur le plateau : des lesbiennes ». Plus loin, elle dira que certains passages sont « un étalage brutal et chirurgical, démonstratif et froid de sexe dit lesbien, qui tourne au porn. ». Voilà qui est dit et bien dit.

Sortie le 9 octobre 2013

 

Rania

27 Comments

  1. timide says:

    merci rania pour ton avis qui nous intéresse plus que nos droits ! (oups… )

    en effet, je crois que “la vie d’Adèle n’est pas un film de gouines” puisqu’il n’a pas été scénarisé, ni réalisé, ni interprété par “des gouines”.

    cela n’empêche pas qu’il est fait pour les gouines (qui le veulent bien, qui le valent bien ? )

    allez combien de “gouines comme un camion” vont se rendre bras dessus, bras dessous (ou pas) au grand écran ? “gouine, gouine, gouine” disait océanerosemarie.

    la culture ne nécessite t-elle pas l’essentiel quand on espère qu’elle dépasse “le périph” ?

    en revanche, je pense que la vie d’adèle n’est pas un film “parisianniste”. il va définitivement au-delà de la région.

    super le lien de la “comic-streap” “trash-punkish” de koudavbine.

  2. Sarah says:

    Le problème avec ce film c’est qu’on est déçu. Tout est bien fait, la mise en scène de l’amour, des classes sociales, le traitement des images, les dialogues, le jeu des actrices, je m’y suis prise, j’ai été émue. Mais le film était à un tel niveau émotionnel, tellement bouleversant que lorsqu’on tombe sur la scène de cul, on ne peut-être que déçue tant les émotions ne sont pas là, tant c’est à un autre niveau. ce n’est pas que ce soit porno qui est gênant, parce que ça l’est – et les types qui disent “non c’est pas porno c’est juste érotique” c’est parce qu’ils pensent que des nanas ça baise pas entre elles, c’est toujours érotique. bah oui un porno sans bites n’est pas un porno. Sauf que y’en a une de bite qui plane et c’est celle de Kechiche qui se rince l’œil pendant les 20 jours de tournage des scènes de cul. Non on ne peut pas oublier ces scènes. On pourrait se dire “oh ce ne sont que 7 min c’est quoi après tout 7 minutes sur trois heures?” mais en fait non parce que la déception est forte. L’émotion était pourtant si belle et la scène de cul est pourtant si médiocre. Qui enchaine mille positions lors de sa première fois? et quand bien même ce serait le cas (parce que je n’ai pas le monopole universel des pratiques lesbiennes), pourquoi cette putain de forte émotion elle n’y est pas dans les scène de cul? Pourquoi ai-je eu ce rire nerveux pendant toute la scène de cul.
    je voulais être subjuguée, émue, bouleversée, et je l’ai été, au début, je ‘lai été vers la fin, mais les scènes de cul, non franchement, merci à Kechiche de gâcher nos belles émotions par son male gaza à la con, sa bite de mec cis hétéro et ses fantasmes de mec cis hétéro, son envie de voir des filles qui baisent, et non pas de filmer une scène de cul entre gouines.

    Non ce n’est pas un film de lesbiennes. il voulait absolument voir et filmer des meufs en train de baiser, alors il a trouvé un bon prétexte (la BD ) pour faire son film de cul.

  3. Cham says:

    Je suis tout à fait d’accord avec cet article :-)
    Je n’ai pas vu le film mais j’attendrai qu’il sorte en location internet pour le découvrir.
    Honnêtement, il y a quelque chose qui m’a gêné quand j’ai vu l’annonce, peut être un problème de crédibilité, j’ai envie de dire que le casting me fait un peu bizarre… Pourtant je me reconnais totalement dans The L Word alors que les actrices ne sont pas forcément lesbiennes ou bisexuelles.
    J’aime beaucoup Léa Seydoux et la jeune Adèle et je ne comprend pas pourquoi ce film ne m’attire pas du tout.
    Rania a sûrement raison, ce n’est pas un film de gouines.

  4. Eléonore says:

    Clairement, non, La Vie d’Adèle n’est pas un “film de gouine”, et bien heureusement d’ailleurs. Parce que les “films de gouine” se révèlent bien souvent incapables de sortir d’une revendication butée, qu’elles ne s’ouvrent pas nécessairement à d’autres strates et qu’elles ne s’adressent qu’à elle-même.
    La Vie d’Adèle est le premier film à représenter une histoire d’amour entre deux filles/femmes, et de le faire réellement. C’est le seul. Et s’il le fait si justement, avec autant d’intensité et de précision, c’est tout particulièrement parce qu’il est capable d’avoir cette distance, et que cette distance fait le plus grand bien.
    Je trouve frappant, et dommage, de constater que les uniques critiques de ce film viennent de la communauté lesbienne, qui démontre une fois de plus sa grande fermeture d’esprit.
    Il n’y a aucun perversité dans ces scènes, le regard de Kechiche est entièrement gommé. Les scènes sont froides et c’est en cela qu’elles peuvent créer un malaise. Elles sont peut-être aussi le seul élément non-réaliste du film : il y a une ellipse entre la scène du premier baiser et la première scène de sexe qui s’enchaîne immédiatement. Clairement le parti pris est posé : il s’agit, non pas d’étaler le kamasutra lesbien lors de leur “première fois”, mais d’offrir une scène assez incroyable qui condense la tension sexuelle dingue qui tient à elle toute seule la relation d’Adèle et Emma. C’est une scène extrêmement puissante, c’est physiquement qu’on la ressent, et ça, je trouve ça très, très fort.
    Il n’est pas nécessaire d’être lesbienne pour faire un film sur deux femmes qui s’aiment, de même qu’on n’a pas besoin d’être noir pour faire un film sur l’apartheid. La lecture de cet article me conforte même dans l’idée qu’il faut peut-être n’être surtout pas lesbienne pour réussir à réaliser un chef d’oeuvre pareil, capable de résonner dans les corps de chacun.
    Première fois de ma vie que je vois un film qui raconte mon histoire d’amour, aucune déception, juste de la reconnaissance et de l’admiration.

  5. Rosapat says:

    Je l’attendais, la critique de Barbieturix à propos de La Vie d’Adèle. Depuis que j’ai vu le film en avant-première, sur un écran montréalais, accompagnée de ma tendre et chère, le film revient souvent dans nos conversations. Nous ne sommes pas toujours d’accord mais dans l’ensemble, nous avons toutes les deux beaucoup aimé le film. Et puis, en lisant différents articles, on se rend compte qu’un élément revient dans tous : la scène de cul. J’aurais mille choses à dire sur pas mal d’autres aspects du film, mais vu que c’est celui-ci le plus attaqué, je me contenterais de donner un avis personnel sur la question. Deux avis en fait, puisque ma blonde et moi ne partageons pas tout à fait le même. Nous sommes toutes les deux à fond dans le film quand arrive la fameuse scène de 7 minutes.
    Personnellement, j’ai été mal à l’aise. Pas parce que ces filles là ne baisaient pas ‘comme des lesbiennes’, plutôt comme je l’aurais été devant n’importe quelle scène de ciné, hétéro ou homo, qui m’aurait présentée la vie sexuelle de mes personnages de manière aussi crue.
    Je ne me suis pas dit ‘Comment? Mais ce n’est pas du tout comme ça que nous, lesbiennes, baisons’. J’ai plutôt glissé à l’oreille de ma petite fiancée ‘ Tiens, ya des trucs auxquels on a jamais pensé’.
    De son côté, elle n’était nullement mal à l’aise, appréciait pleinement la scène, et quand nous en avons reparlé après le film, son avis a été ‘ Enfin un film qui montre ce que peut être le sexe entre filles’. Si je lui oppose que c’était un peu trop, que les filles ne baisent comme ça que dans des porn, elle me répond de regarder un peu mieux dans notre propre chambre à coucher.
    Si je lui lis cet article, elle me répond alors que les lesbiennes baisent toutes de manière différente, qu’il n’y a pas une manière lesbienne de baiser, et que ça lui paraît tout à fait probable que deux filles se désirent de cette manière là, et veuillent se prendre de cette manière là, comme cela nous arrive également.
    Finalement, j’arrive à lui faire concéder que cet abandon là à l’autre ( tu peux aller partout, avec ce que tu veux, aussi fort que tu veux…), est assez peu crédible pour une première fois, et pour une ado de 17 ans. C’est cet aspect là qui me paraît décalé en fait. Cette scène aurait eu lieu plus tard dans le film, dans la seconde partie par exemple, quand les personnages ont un peu mûri, je serais sans doute restée moins perplexe.
    Ceci étant dit, accuser le réalisateur de pur voyeurisme me semble un peu facile. Le sexe est clairement un pilier de la relation de ces deux jeunes femmes.

  6. Anneso says:

    A mon tour d’apporter ma petite pierre futile aux critiques dithyrambiques ou agacées sur la Vie d’Adèle. Je suis assez d’accord avec le point de vue de Rania et je me retrouve aussi assez bien dans le strip de Koudavbine. Bravo pour la justesse de vos plumes et traits !

    J’ai donc découvert ce film cet après-midi après des mois et des mois d’impatience. Bien avant la Palme d’or, quand l’info avait commencé à circuler à savoir que “Le Bleu est une couleur chaude” allait être adapté au cinéma. La bonne nouvelle ! Cette bd, offerte par mon amoureuse et qui m’avait tant plu… Mais ça c’était avant…Quelle déception ! Déjà, il faut accepter que le film n’ait pas grand chose à voir avec la belle et bouleversante histoire que racontait Julie Maroh dans sa bd. Soit. Tentons alors de poser un “regard vierge” sur l’histoire d’Emma et Adèle. Sur la naissance du désir, des sentiments, du trouble, c’est assez beau, assez juste. Émouvant aussi. Kechiche filme au plus près ces regards qui se perdent, qui insistent ou qui se dérobent, évidemment qu’on ne pourra pas lui enlever ça. Ça se gâte clairement avec cette ridicule première scène de sexe qui vient gâcher toute l’émotion du premier baiser qu’Emma et Adèle échangent après de très belles scènes à (se) tourner autour, ces instants délicieux où tout est si fébrile…Certes, si l’on écoute Kechiche, il n’a pas voulu faire une histoire de lesbiennes qui s’aiment etc, mais quand même, cette scène…tellement peu crédible et tellement ridicule ! Si vraiment il n’était pas possible d’avoir des lesbiennes sur le plateau comme le remarquait Julie Maroh, quelques épisodes de The L word lui auraient peut-être permis de trouver le bon équilibre entre l’authenticité, la douceur et le sexe, et le côté chaud sans la vulgarité, au lieu de ces ridicules ébats-performances-techniques si peu crédibles pour une première fois. Si moches à regarder…Bref, passons car tout a été très bien dit ici et là. L’autre chose qui me chagrine, enfin, les autres choses qui me chagrinent c’est la performance assez faible de Léa Seydoux. Franchement, je ne comprends pas les “caisses” qu’on fait autour de sa personne, et particulièrement dans ce rôle-là. Elle était très bien dans les Adieux à la Reine mais là, sincèrement, je trouve qu’elle en fait des tonnes, qu’elle surjoue un truc qu’elle n’a pas l’air de comprendre (pour la première partie du film, ça va encore, mais dès qu’elles sont “en couple” ça sonne tellement faux)…Adèle Exarchopoulos, elle, est très juste, très touchante en lycéenne qui se cherche, qui renifle, qui parle fort ou timidement, qui dévore, la bouche ouverte (ça, on le lit partout !), qui n’a pas les codes mais, mais, mais, en instit…c’est pas possible ! Voyons ! C’est un bébé ! Un joli bébé certes, mais on n’y croit (enfin moi en tout cas !) pas une seconde au fait qu’elle soit devenue instit ! Elle n’a plus l’accoutrement d’une lycéenne avec keffier et autres fringues obligés mais il ne suffit pas d’avoir les ongles faits pour avoir l’air d’être une instit quand même !!! Allons ! Ce n’est pas de sa faute, mais par rapport au personnage de d’Emma qui a vieilli un peu (j’ai même eu l’impression qu’elle avait un peu grossi ? cf. la scène au resto, non ?), Adèle n’a pas bougé alors qu’au moins trois ou quatre (ou plus ?) années ont passé dans le récit…Bref, pas super crédible…
    Peut-être que ce n’est pas tant la crédibilité que cherchait Abdellatif Kechiche que l’envie de raconter la chair, l’amour naissant blablabla, mais c’est tellement rare d’avoir un film grand public et une Palme d’or qui plus est (bordel!) qui raconte ça que c’est décevant qu’il n’en ait fait que ça, justement…N’en déplaise à toutes ces critiques et louanges que je trouve quand même exagérées…Ce n’est pas raté, loin de là, mais ce n’est pas le Brockeback montain ou encore mieux le tellement sublime Weekend (http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19314683&cfilm=196531.html) que j’espérais pour “nous, les lesbiennes”;). Ce film qu’on a envie de conseiller à tout le monde, le film qu’on adore adorer, Le Film…La vie d’Adèle est juste un film pas mal mais sûrement vite oubliable.

    Une critique un peu plus fine et dépassionnée que tout ce que l’on lit et relit un peu partout, à lire ici : http://www.mediapart.fr/journal/culture-idees/230513/lecole-et-la-chair-la-vie-dadele-dabdellatif-kechiche

  7. Cham says:

    @Anneso je comprend totalement ta décéption par rapport à la BD, voilà un lien qui en parle aussi :
    http://www.lefigaro.fr/bd/2013/10/09/03014-20131009ARTFIG00260–la-vie-d-adele-le-jeu-des-sept-differences.php
    Pour conclure : ce que je pensais dés l’annonce du film : un gros gâchis.

  8. Léa says:

    Je comprends vos critiques concernant la scène de sexe mais pour beaucoup qui sous-estiment le sexe lesbien qui n’est vu que comme étant des pratiques préliminaires (ou dans l’attente de l’homme qui se joint à elles), ça peut être très utile. Et puis si on chronomètre les scènes de sexe lesbien dans le cinéma en général avec les scènes de sexe hétéros (même si rarement filmées de la sorte je le concède) je crois que ces 7 minutes ne sont pas de trop. Et puis je trouve qu’il reste réaliste au moins dans le fait de filmer la scène en entier et pour le coup faire l’amour pendant 7 minutes pour une première fois c’est assez réaliste, même un peu court. Tout dépend de l’angle où l’on se trouve mais je pense qu’on ne peut qu’être déçue lorsqu’on va voir ce film en ayant déjà en tête le fait que le réalisateur soit un homme hétéro et qu’il a peut être voulu se rincer l’oeil, il faut voir l’oeuvre en elle-même, arriver avec un oeil neutre je pense que c’est important pour apprécier le film, au fond on s’en fout de Kechiche, c’est un homme avec tous ses défauts, ce qu’il restera c’est l’oeuvre qui appartient à tous les spectateurs et c’est un support de qualité sur l’amour lesbien et une oeuvre d’art en plus à destination des lesbiennes. Je crois qu’on en avait besoin.

  9. timide says:

    @Sarah,

    wow ! t’es vénère hein.

    je vais le voir vendredi. peut-être que je pourrai écrire un com’ sur bbx pour confronter ton ressenti.

  10. LaLouve says:

    Merci au com’ d’Éléonore, le principale y est dit pour moi.

  11. Artemisia.G says:

    @Eléonore
    Tu parles de quels films “de gouines se “révèlant bien souvent incapables de sortir d’une revendication butée”? ça m’intéresse parce que je crois qu’en fait je n’en ai vu au grand max (et encore!) que deux de ce type-là. Donc ça me paraît bien peu pour faire une généralité, mais du coup je veux que tu balances les titres.
    Cimer

  12. JJett says:

    D’accord avec toi Rania! J’ai tout de même adoré sa façon de filmer et de faire passer les émotions, même si je trouve que l’histoire avec les parents d’Adèle n’est pas assez exploité, et je suis un peu restée sur ma fin (la BD avait mis la barre vraiment haute!). Merci pour cet article en tout cas!

  13. timide says:

    @Sarah, ton commentaire est génial en fait. donc, je ne trouve pas de ressenti pour le confronter.

    “pourquoi cette putain de forte émotion elle n’y est pas dans les scène de cul?”

    peut-être parce que c’est tout simplement une fiction et que tu n’y as pas projeté tes émotions perso dedans ! :-)

  14. Tomate Verte says:

    Je m’attendais au meilleur de la part de Kechiche dont j’avais beaucoup apprécié “La graine et le mulet” et “Vénus noire” et je n’ai pas été déçue. Toujours cette façon admirable de filmer, de placer sa caméra, de coller au visage et au corps des acteurs, sans oublier toutes les scènes de repas et de danse, lieux d’expression forts de l’humanité. J’ai été captivée par la justesse du ton, et très émue à de nombreuses reprises en retrouvant des bribes de ma propre vie à des âges différents (Sarah, pour être touché ne faut-il pas s’identifier à ce que l’on voit ?). Le trouble, le désarroi face à ses propres émotions, la passion irrésistible, le sexe frénétique (et en cela la fameuse scène de sexe ne m’a pas choquée : elle reflète bien l’urgence désordonnée de se prendre le plus vite possible, trop vite, trop précipité, trop brutal donc), les ruptures dévastatrices, les retrouvailles impossibles, les mensonges, la solitude, etc. tout cela me semble très bien vu, et surtout très bien interprété.
    Il est vrai (@ Anneso) que la performance de Léa Seydoux est moins impressionnante que celle de Adèle E. mais son personnage de lesbienne qui te calcule d’emblée et qui sait très bien où elle va me semble juste ; en tous cas j’en ai déjà croisé dans la dure réalité LGBT. Adèle à côté, c’est un petit agneau prêt à se faire croquer (ce qu’elle n’est finalement pas).
    Je ne parlerai pas de “film de gouines”, parce que c’est quoi un “film de gouines” ? When the night is falling ? One night stand de E. Jouvet ? C’est plutôt un film de passion, comme pouvait en faire Jacques Doillon, ou même Cassavettes dans un style différent.
    Pour moi, c’est le film de l’année et il n’a pas volé sa palme d’or. Kechiche confirme son talent et je n’ai rien senti de malsain dans sa façon de filmer (désolée, mais pour moi c’est Emilie Jouvet qui est malsaine ou grotesque).

  15. Cham says:

    Ce qui me choque dans tout ça c’est qu’on parle presque plus du réalisateur que du film.
    Je me demande si c’était une femme qui avait réalisé exactement le même film… aurait-elle eu la palme d’or?

  16. Sarah says:

    Une femme n’aurait pas eu la palme d’Or. Une femme n’aurait pas pu faire un tel film encensé par la critique. Une femme n’aurait pas fait le même film.

  17. Sarah says:

    Par ailleurs, Emilie Jouvet fait du porno, elle ne fait pas du cinéma non porno. Donc le porno a toute sa place dans ses films puisqu’elle est réalisatrice de film porno et ses films vont à des festivals de cinéma porno.
    Kéchiche est un réa, pas de film porno. un porno straight, façon male gaze, n’a pas sa place dans un film comme ça, encore moins dans ce film, librement inspiré du Bleu…

    Ce film est même à la limite de la lesbophobie et il y figure un mépris des classes consternant.

    http://marv.les-forums.com/topic/985/la-vie-d-adele-chapitres-1-et-2-abdellatif-kechi/

    @timide: si j’ai été émue, je m’y suis vue dans le film. c’est bien ça le problème parce qu’au moment de la scène de cul (porno straight à destination des hommes) bien l’émotion est bien redescendue.

  18. Tomate Verte says:

    @Cham : je pense que si c’était une femme qui avait réalisé, elle aurait aussi eu la palme d’or avec Spielberg en président.
    NB : une seule palme d’or à une réalisatrice en 70 ans de festival : Jane Campion pour La Leçon de Piano, en 1993. Il existe quelques femmes réalisatrices de haut niveau mais on ne les voit pas trop dans les festivals (Sofia Coppola ? Samira Makhmalbaf ?…)

  19. timide says:

    @sarah, et oui mon p’tit ! tout fout l’camp !!! arf !

  20. Cyril says:

    Je suis allé voir ce film hier, et j’ai été assez déçu car moi aussi, j’avais plutôt aimé les précédents films de Kechiche.
    Je suis un mec, hétéro, et je ne connais pas très bien le milieu lesbien, mais il m’a semblé que beaucoup de scènes “sonnaient faux”, notamment les scènes dites de cul, très froides me semblait il. Et les émotions ? Ben… Quelque chose comme une vision masculine, quasi chirurgicale, pas forcément en phase avec des émotions féminines.

    Alors je me suis mis en quête de critiques de journalistes, et là j’avais l’impression d’être un extra terrestre, tout le monde trouvait ça juste et “si bien filmé”. Du coup j’ai été très rassuré de trouver la tribune de Julie Maroh ainsi que vos articles et commentaires. Ouf, je ne suis pas complètement neuneu, et c’est aussi le cas de pas mal de gens avec qui nous avons discuté à la sortie du film. Mais on aimerait bien pouvoir entendre un peu plus vos voix à dessus dans les médias.
    Alors les filles, keep on !!!
    Cyril.

  21. Cherokee says:

    Quelle déception, oui, c’est vrai. Déception par rapport aux autres films de Kechiche, que je trouve bien meilleurs, en particulier La graine et le mulet, par rapport aux critiques qui l’avaient encensés. Cette fameuse scène m’a gênée, je dois le dire… Et je n’étais pas la seule à le penser dans la salle, quelques rires ont fusé. Cela reste un très beau film, certes, mais de là à obtenir la Palme ? Il reste un grand réalisateur, j’aime ses plans, j’aime sa façon de valoriser à ce point l’éducation, la nécessaire transmission, mais je reste sur ma faim ! Adèle n’est pas crédible en instit, sa façon de parler reste celui d’une très jeune fille, et la scène des retrouvailles en fin de film dans le café m’a mis mal à l’aise. Mais je suis heureuse, après cette année pénible, de voir les affiches s’étaler en ville, de voir qu’un film sur la naissance d’un amour entre deux femmes puisse être projeté. Belle scène que celle de la marche des fiertés. Encore une fois, beaucoup d’émotions, après les violences vues, lues et entendues ces derniers mois.

  22. Manon says:

    Vous n’en avez pas marre d’écrire de la merde Barbi(e)turix ? Vos jugements sont d’une superficialité effarante. C’est quoi “un film de gouine” ? Ce qui est sûr, c’est qu’avec vous ont fini par avoir honte de l’être. Il ne faudrait pas croire que vous nous représentez avec vos stéréotypes et vos jugements mal taillés.
    A quand un média queer, intelligent, ouvert, référencé, analytique ?

  23. Lubna says:

    Je t’en prie Manon, le monde n’attend que toi, crée donc ton propre média queer, intelligent, ouvert, référence et analytique. Nous serons ravies de te lire.

  24. MaryNewcastle says:

    C’est vrai que pendant 7 minutes j’ai été prise d’un gros fou rire nerveux, impossible de m’arrêter, je jetais des coups d’oeil à droite et à gauche pour essayer d’apercevoir un peu les réactions des autres spectateurs…A 3 min, je me suis caché les yeux tellement j’étais mal, il aurait filmé deux pingouins en train de se sodomiser c’aurait été plus doux et plus sensuel, ca m’a tellemeeeent saoulé parce que ca CASSE littéralement le reste du film qui lui dépeint très bien la passion entre ces deux nanas. Je trouve ca fort dommage et regrettable…

  25. timide says:

    @ Barbi(e)turix il va falloir songer a démarrer les typologies #keupeules :

    1 #”la mégère et la ménagère révolutionnaires !”

    en attendant, dans ce vide virtuel provoqué par “l’aire du mariage pour tous”, voici mon idée de la typologie # 24 : La Vraie GouineS ( ©timide2013 8-0) @barbi(e)turix.com :-) )

    Nom : Franca-Fag Ashlil

    Où la trouver : partout où vous n’êtes pas peut-être ! et à la limite, si vous êtes plus vraie que gouine, vous avez encore le potentiel d’authenticité pour la trouver chez elle. par expérience, je sais que vous pouvez toujours essayer la WFM ou la MUT’, mais si vous êtes juste “gouine”, il vous sera difficile de la reconnaître ! La vraie gouineS a le talent (travaillé) de se fondre dans la masse des gouines, qui elles, se confondent parmi les … fausses gouines, qui elles, recherchent les vraies lesbiennes, qui elles, dénigrent les fausses lesbiennes … et ainsi de suite …

    A quoi ressemble-t-elle ? cette question est la question révélatrice du vide existentiel dans lequel la vraie gouineS pose des jalons ! la vraie gouineS ne ressemble à personne, ni rien de précis, c’est exactement dans ce fait démonstratif qu’elle existe comme elle est : vraie, pour ce qu’elle est : gouineS. il est tout de même possible de dire qu’elle a des cheveux quand les gouines, elles, ont une “hair-cut”, et qu’elle a des ongles quand les gouines, elles, ont “des doigts”. je sais qu’elle aussi une façon bien a elle de vous suivre du regard alors que vous ne l’aurez pas vu, ni remarquée. ceci dit, cela ne veut pas dire qu’elle est séduite ! non, cela signifie simplement, qu’une fois de plus, la vraie gouineS aime remplir sa propre toile de couleurs, de formes et de textures qui la rassure ou qui la désole selon le paysage qui lui convient de composer “à l’envi”.

    Comment la serrer ? tout au plus, en la larguant (question bête, réponse bête). la vraie gouineS ne se laisse pas serrer, c’est le propre de son charisme. elle n’est pas une target, par contre, si serrer il y a, c’est elle qui vous serre, ça c’est sûr !

    Comment la larguer ? en la serrant peut-être ? (bien que je doute que le bondage l’intéresse autrement que dans la photographie). non, la vraie gouineS ne se fait pas larguer. sachez qu’elle n’a absolument rien d’un pet sur une toile cirée !

    On évite de lui dire : “on s’fait une partie d’jambes en l’air ?”

    On lui dit : “la PMA ? ça m’fait une belle jambe + sourire ! “

  26. Bib2 says:

    J’ai l’impression que hetero comme homo on ne se comprend pas l’un de l’autre .
    Pour qu’elles raisons ?
    C’est évident , c’est sous notre nez . Ce film représente bien l’imcomphrension général .
    Le clichet est bien présent oui .
    Homo infidèle , fille qui rebaise avec un mec comme si que sa femme ne pourra jamais lui satisfaire amplement . Et le reste par exemple le Domaine de l’art ” les homos sont très artistique et on beaucoup de goût en matière de style ” .
    Mais aussi pour parfaire le tout on y coupe pas y’a toujours la fille masculine et la fille féminine .
    Et puis la jeune fille qui se fait tanké comme une vieille pute la première fois ;) . Très très réaliste .
    L’histoire d’amour ? Mais où ?
    Y’a pas d’histoire d’amour . Emma viens chercher Adèle comme son quatre heures , et Adèle utilise Emma comme une expérience .

    Génial comme vision des choses .

    Mais a qui la faute en fait ? Desfois je me pose la question .

    Bordel … J’ai l’impression qu’on se plains sans se battre .
    Des associations c’est cool . Des manifestations c’est cool . Mais qui retiens ce genre de chose quand moins de la moitié des personnes y assistent ? .
    Quand je marche dans marseille avec ma copine , que je lui tiens la mains , j’ai l’impression qu’il y a que nous et pourtant vous nous la faite pas on vous vois ! .
    Et donc ? Comment voulez vous que les gens se disent que nous sommes normals puisque nous sommes peu nombreux ? .
    En fait nous ne sommes pas normal , nous sommes humains , et comme n’importe qu’elle être humains nous sommes une “NUANCE ” et non pas une différence , tous comme le fait d’être noir , jaune , arabe et juif . Et tous le monde a souffert de sa nuance , et pourtant tout le monde c’est sortit de cette différence .

    Un flanc parcequ’on nous insulte dans la rue ou en faisant des merdes cinématographiques pareille ? . Ça n’a pas lieux d’être on mérite ce qu’on a .
    Par contre si tous les homos parlais ouvertement , et se montrait ouvertement . La on ne l’aurait pas mériter ce film .

    Rester dans la peur de l’autre parcequ’il peut se montrer blessant , ou même violent pour ce qu’on ai , ne lui fera jamais changer sa propre peur de l’inconnu et de sa vision archaïque des choses . Grâce a ce film on l’aura réconforter dans ses idées .

    Je suis métisse , d’origine juive , indienne , française , israélienne , et homosexuel . Je refuse de me dire qu’une seul de mes minorités a le droit d’être juger par celles des autres .

    J’en ai marre et je suis déçu .
    Et tout ça c’est une communauté qui ne veux pas se mélanger a d’autre communauté comme l’ont fait tous les autres . Tous le monde est fautif . Ici .

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