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L’amour 2.0

Le temps manque et nos vies sont chargées. On passe beaucoup de temps dans le métro et au boulot. La proximité dans les wagons de la ligne 13 n’est pas celle qui favorise les rencontres amoureuses et celles au travail sont souvent à risques. Que reste t-il à nos amours pour se rencontrer ? Cherche t’on vraiment quelqu’unE ou voulons-nous perdre nos solitudes ? Comment fait-on aujourd’hui pour ne plus être seule ?

On clique, on s’inscrit, on va au supermarché de l’amour et de la compagnie qui nous fera passer l’hiver. On tente tout : Gayvox, Gaypax, OkCupid, Brenda

« Slt sa va ? Tu cherches koi ? »

Cette phrase si bien écrite ne vous rappelle-t-elle rien ? Peut-être avez-vous eu l’occasion de tomber dessus, ou êtes-vous, vous-même, celle qui l’a envoyé à une multitude de contacts lors de votre dernier passage sur la toile amoureuse ?

Certes, il faut bien commencer quelque part, et avec des fautes d’orthographe pour que ça ne puisse que s’améliorer, mais au fond, la nana, elle n’a pas tort sur deux points.

Nos attentes sont-elles trop grandes, sommes-nous trop exigeantes ? Nos rencontres physiques sont elles à la hauteur de nos espérances et enfin, que cherchons-nous, concrètement, sur Gayvox et cie ?

Parce que nous cherchons beaucoup mais finalement nous ne trouvons pas grand chose.

Si vous êtes comme moi et que vous avez fait votre coming-out de lesbienne avant même d’être passée à la pratique, vous vous êtes peut-être un jour inscrite sur Gayvox pour une seule et unique raison : vous faire des amies qui voudraient vous accompagner rue des écouffes (c’était il y a cinq ans, ok…^^).

Les premiers mois, vous épluchez tous les profils susceptibles de vous intéresser : « femme, brune, entre 27 et 35 ans, dans un rayon de 5km », puis à force d’enchaîner les rendez-vous peu concluants, les baises parfois minables et les relations amoureuses catastrophiques, vous étendez vos critères. Vous rencontrerez l’amour de votre vie, puis l’amour de votre vie n° 2, l’amour de votre vie n°3…Parfois, il arrivera que vous rencontriez une femme dans le cadre d’une soirée « Tiens, je t’avais remarquée il y a trois ans sur Gaypax, mais tu m’as jetée… » Parfois aussi, votre voisine du dessus sera celle que vous kiffez sur Brenda, alors que vous ne la trouvez pas super craquante quand elle sort les poubelles. Vous pensez que les lesbiennes sont partout.

Après des centaines de rencontres sur la toile et dans la vraie vie, vous connaîtrez tout le milieu lesbien parisien, vous connaitrez même celui de Montpellier, Bordeaux, Nantes.

Et un beau soir de déprime, alors que cela fait plus de deux ans que vous n’avez pas mis les pieds sur Gayvox, vous décidez d’y retourner, pour voir. Votre profil est toujours là, votre pseudo ne vous correspond plus et votre texte de présentation vous semble désormais ridicule. Alors que vous vous offusquez que le site soit devenu payant, vous regardez quelques profils et remarquez que vous les avez déjà toutes rencontrées quelque part, à la Wet, à la mut ou au feu le 3e Lieu. Votre meilleure amie a couché avec trois d’entres elles, votre sœur est sortie avec votre crush d’il y a trois ans et votre copine actuelle est encore amoureuse de ce profil là, qui vous avait tant plu, au tout début.

Vous refermez votre ordinateur, vous souriez, ou pleurez, au choix. Vous vous dîtes que vous les avez déjà toutes rencontrées, que le milieu est trop petit pour coucher avec de nouvelles personnes et qu’il va falloir vous rabattre sur vos exs ou vous envisagez de manière différente vos amies.

L’amour 2.0 existe, mais je crois surtout que la toile génère plus de belles amitiés qui durent que de passages amoureux. Les sites de rencontres existent parce qu’il y a une véritable demande à la rencontre, mais elle n’est pas forcément amoureuse. Ces sites sont un tremplin aux rencontres, ils les génèrent, mais ne sont pas forcément les plateformes sur lesquelles cela se passe.

Puis, en retournant sur les sites tels que Gayvox, vous remarquez qu’il y a plus d’hommes hétéros qui viennent draguer les lesbiennes. Tous les sites de rencontres entre filles sont désormais monopolisés par les mecs qui croient que vous allez coucher avec eux parce que vous êtes gouine et que si vous êtes gouine, vous avez forcément envie de coucher avec des mecs sur un site de rencontres entre gouines.

Il n’y a pas que Gayvox. À ce jour, je crois que le site Okcupid reste le moins pire.

Sur Brenda, application smartphone de rencontres furtives, à l’image de Grindr, il n’y a  personne. Les sites exclusivement lesbiens n’existent pas vraiment.

Pour les hommes, il y en a pléthore : entre Grindr, Gayroméo pour ne citer que les non-mixtes.

Mais où sont les lesbiennes. ? Si elles ne peuvent pas se rencontrer dans les trop peu nombreux bars lesbiens de la capitale, sur quels sites se diriger ?

Où draguer quand on est lesbienne ?

Le seul conseil que je peux vous donner, après avoir épluché la toile, les lieux, les soirées : c’est de filer à tous les évènements culturels Queer et LGBT, c’est là que vous ferez les plus belles rencontres.

Sinon, piochez dans les exs de vos exs, ça marche aussi.

Sarah

Illustration de couv: FramingDoors

Sarah

Sarah ne parle plus trop de cul ni d'amour d'ailleurs mais ses passions demeurent : féminisme, antispécisme, santé mentale et gingembre.

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12 Comments

  1. cécile says:

    Il y a la Goueetic aussi :)

  2. Kim says:

    Oh quel bel article

  3. Jeanne-Emilie Asplanato says:

    Salut,
    Encore un bel article…
    Assidue lectrice de vos mots, je n’ai jamais eu l’occasion d’aller sur ces sites de rencontres. Moi si je chassais c’était sur Meetic en tant que “mec”. Eh oui, lorsque l’on est intersexuée le champs du possible est large… Malheureusement, toute ma vie (sentimentale) ne fut qu’un long chemin peuplé d’échecs et de plans foireux.
    Aujourd’hui, j’ai fait mon coming out…Et lorsque l’on est intersexuée faire son coming out, cela passe par une réassignation sexuelle. J’ai décidé de ne plus mentir et malheureusement, et il faut être honnête, c’est la merde grave. Et je pense même qu’il existe une certaine transphobie… Je me considère comme lesbienne depuis toujours car ayant des traits physiologiques feminins (tissus uterins, etc…), mais lorsque j’avoue ce que je suis immédiatement ce sont des réflexions du genre : je suis super contente de te connaitre et d’avoir une copine comme toi. ou alors, on est amies, tu sais je cherche rien, juste des amies (et l’autre m’a chauffée comme une dingue le 1/4 d’heure d’avant). Bref, diverses excuses qui conduisent au même bilan : ma franchise me dessert. Avant c’était simple, même si ca foirait au lit parce qu’elle croyait que j’étais un mec, j’avais au moins la satisfaction de pouvoir partager des moments sympas avant de passer à l’acte….aujourd’hui même plus. Conclusion, il existe un espace pour les rencontres en filles sur le net, en revanche et là je suis d’accord il nait plus des amitiés que de véritables histoires. Quant aux sites lesbiens, lorsqu’ils voudront bien mettre à jours les infos concernant les bars et autres lieux de rencontres pour nous à jours, ce sera déjà un bon début.

  4. artemisia.g says:

    Et là où ça devient complexe c’est quand tu érotises le sexe en one night stand avec des inconnues et que tu commence à connaître les têtes de toutes les meufs croisables IRL sur PAris-IDF. Solution qui reste pour moi (mais trop ponctuelle quand les moyens financiers ne sont pas brillants brillants): les virées SEULE dans une ville à l’étranger (j’adore ça l’érotique de la découverte en solo), explorer les lieux de meufs (on peut s’aider des articles de bbx sur le sujet ;) ) et là… tout est possible, c’est probablement sans lendemain et c’est HOOOOT!!!! :)

  5. timide says:

    lol !

  6. Blueberry says:

    Hello,
    merci, chouette article! Je trouve les sites comme Gayvox totalement désespérants, d’une tristesse incroyable. Et pourtant comme toutes les autres il m’est arrivé les soirs de déprime hivernale d’y jeter un oeil. Ca ne dure jamais longtemps… La vie (la vraie vie) est pleine de surprises, je trouve dommage qu’on (moi la première) s’empêche souvent d’ouvrir les yeux pour les percevoir et les recevoir.
    Quant au nombre ridicule de bars potables (et encore, potables…) pour les lesbiennes à Paris, cela restera toujours pour moi un mystère absolu. Bref, pas simple: le conseil à la fin de l’article est bienvenu, je n’y avais pas pensé ;)

  7. Marquise says:

    J’approuve tellement cette article. Etant une petite gouine de province, nous n’avons quasi pas de lieux, soirées pour nous, les meufs qui aiment les meufs. Il y a pléthore de lieux pour les gays quand c’est relativement vide pour les meufs. Nous avons une soirée lesbienne – bie une fois tout les 4-5 mois qui est plutôt excentrée dans Strasbourg où je vie actuellement.
    Les sites comme gay pax, gay vox sont relativement chiant au bout d’un moment et OK Cupid est certe plus ouvert mais concentre plus de gens sur Paris ou à l’étranger que dans des petites villes de province.
    Et il est difficile de sortir dans des lieux non queer quand on a peur de s’outer, et ce, que cela soit la peur du rejet par des hétéros ou de sa propre communauté qui peut être aussi butch-phobe, fem-phobe, bi-phobe, sexiste, raciste etc.
    Pour moi, tout ça est un véritable problème qui peut amener aussi à de la solitude, isolement, dépression, déprime des lesbiennes et bi, de la peur de l’outing. Il nous faut des soirées à nous, des lieux à nous, des espaces dit safe. La Mutinerie sur Paris est plutôt pas mal pour ça et je ne peux que conseiller ce lieu militant et festif ou twitter qui permet de faire de belles rencontres.

  8. Janeswan says:

    C’est quand les prochains évènements culturels Queer et LGBT ? :p

  9. Jeanne-Emilie Asplanato says:

    Salut Marquise,
    Je vis sur Sarreguemines (eh oui faut bien des gens pour y vivre hein ?) et j’ai la chance car je le découvre petit à petit, d’habiter à coté de Sarrebruck qui est, elle, une ville très très ouverte… Les lieux sont nombreux et même si les soirées sont parfois mixtes, j’y trouve la vie…intéressante. Quoi de plus beau que de se faire draguer au “Café am Schloss”par une superbe quinqua le dimanche aprèm en buvant un thé et en dégustant une de leur tarte…
    Sur Strasbourg, La Ruche aux deux reines propose pas mal de truc, et il y a régulièrement des soirées au “Studio” ou au Barbar… Bref… Strasbourg n’est pas la mort non plus…Mais je te rejoins sur le manque de soirée exclusivement “filles”. Néanmoins moi qui suis une Inter, me pointer dans les soirées mixtes revient à me faire draguer all night par des mecs et les soirées exclu filles…je peux rentrer ? pas certaine! Alors, je fais comment ? Je vais aux soirées Trans ? Pas drole non plus. Pour une fille qui n’a jamais fait d’entorse à son régime…. ;)

  10. Sarah says:

    @janeswan:
    Bientôt aura lieu le Festival de cinéma LGBT+++ à Paris: chéries-chéris, mais nous l’annoncerons sur barbieturix.

    de plus, dans la nouvelle rubrique Bons plans, tu peux y voir des évènements également culturels listés.

    Voilà voilà :)

  11. Coeuraprendre says:

    Je viens de tomber sur cet article et surtout les commentaires.. plutôt à la fois étonnée, et naturellement pas… pour celles qui ont fait le tour du milieu, du Marais etc.. qu’elles sachent qu’il existe tout de même un bon nombre de femmes totalement inconnues et anonyme, qui ne passent pas leur existence à collectionner les femmes, les relations, et les ex à la chaîne de façon industrielle, qui ne vont ni en soirée, nulle part, elles sont tout simplement invisibles, et plus encore.. ce qui ne signifie pas qu’elles n’ont pas eu de vie amoureuse et sexuelle, mais peut-être ont-elles eu la chance de croiser des femmes par hasard… pour ma part elles étaient hétéros.. je n’ai pas d’amies lesbiennes, j’en connais aucune.. une relation très longue de 10 ans m’a permis d’éviter tous les aléas de la difficulté de rencontrer une femme et d’être lesbienne.. je ne suis sortie qu’avec une seule lesbienne par la suite, et que ne fut ma stupeur, quand j’appris après la rupture que tout le monde si je puis dire lui était passé dessus.. passez moi l’expression, mais le malaise intégral quand le hasard m’a fait croiser une de ses ex qui me raconta beaucoup.. pour être honnête je me suis sentie sale et salie.. ça fait du coup 2 ans que je suis seule tant cela m’a perturbée.. donc il faut vous rassurer, les femmes sincères et sérieuses existent, seulement elles n’ont peut-être pas envie de sortir avec une femme qui a écumé tout le Marais, et un paquet de filles Gayvox.. à bon entendeur..

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