Ma vie

Censure du cinéma gay et lesbien : à quoi doit-on s’attendre ?

En juin dernier, l’affiche du film L’Inconnu du Lac d’Alain Guiraudie était retirée des panneaux publicitaires des mairies de Versailles et de Saint-Cloud. Motif ? Une scène jugée à priori visuellement trop explicite pour certains habitants. Ladite scène en question offrait au public deux hommes en train de s’embrasser, ainsi qu’une petite fellation en arrière-plan ( il fallait vraiment y mettre du sien pour s’en apercevoir). Intolérable ! En plus d’envahir définitivement les écrans de cinéma, les pédés et les gouines s’affichaient délibérément sur des panneaux de quatre mètres ! Christine Boutin n’arrivait plus à trouver le sommeil.

Une bonne nouvelle en entraînant une autre, nous apprenions récemment la censure russe de notre french film, Les Chansons d’Amour, film choral (et musical) de Christophe Honoré, mettant en scène le fameux trio composé de Louis Garrel-Ludivine Sagnier-Clotilde Hesme (♥) qui chantonnait tout en battant des cils, leur amour du triolisme dans les rues de Paris. C’était bien, c’était bobo, Honoré exaspérait les un(e)s et faisait tomber les autres en pâmoison, comme à chacun de ses films. Mais Les Chansons d’Amour c’était aussi et surtout la liaison gay entre Louis Garrel et Grégoire Leprince-Ringuet. En 2007, ça n’avait choqué personne, même pas les russes. Seulement six ans plus tard, le Roskomnadzor, le CSA russe, décidait que trop c’était trop et que même si les us et coutumes soviétiques consistant notamment à s’embrasser furtivement sur les lèvres pour se souhaiter la bienvenue, ce n’était pas une raison pour  subir le lobby homosexuel, particulièrement sur les écrans. Résultat : censure.

Interrogé par les Inrocks, Christophe Honoré se disait inquiet, (comme beaucoup d’entre nous) du climat actuel de la Russie à l’égard de la population homosexuelle.

Mais ce n’est pas tout, si le film  Les Chansons d’Amour se voit censuré en Russie, comme L’Inconnu du Lac le fut plus ou moins abusivement à travers le décrochage de ses affiches en France, c’est au tour du nouveau film de Steven Soderbergh, Behind the Candelebra (Ma vie avec Liberace en français) de se voir à son tour relayé aux oubliettes du grand-écran car jugé « trop gay » par les studios hollywoodiens. Des studios refusant définitivement d’ offrir une sortie officielle en salles à ce film qui fut pourtant acclamé au dernier Festival de Cannes.

Est-ce que nous, spectateurs, nous offusquons des blockbusters jugés « trop cons » en boycottant leurs sorties en salles ? Non, pas vraiment.

Heureusement, la chaîne HBO, générateur de séries (très) grand public à (très) grande ouverture d’esprit – j’entends par là, Trueblood, Games of Thrones, Girls, How to make it in America ou encore moins récent (mais néanmoins immortel) Sex and the City - s’est précipité pour racheter les droits de diffusion. Résultat : 11 millions de spectateurs. Pour ce qui est de la France, le film est sorti ce mercredi sur nos écrans. Quant à la diffusion russe du film, autant que celle de La Vie d’Adèle (qui n’obtiendra certainement jamais de visa), on se désespère.

Il reste un espoir, Vladimir Poutine dit n’avoir aucuns griefs à l’encontre des homosexuels. Preuve en est : il écoute du Tchaïkovski.

An Si

One Comment

  1. samy says:

    aaaah Ludivine Sagnier :)

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