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Découverte de la semaine : DIANA


Doux, lunaire, brumeux, jouissif, nombreux sont les adjectifs qui s’accordent pour définir la découverte musicale d’aujourd’hui : DIANA. DIANA, en majuscules. Ni Diana Ross. Ni Diana Frances Spencer. Mais DIANA, simplement DIANA. Comme un souffle chaud de l’été qui disparaît.

En cette fin d’été, sort Perpetual Surrender, album qui patientait tranquillement parmi mes mails depuis quelques mois. Il est parfois effrayant de s’imaginer pouvoir passer à côté de ce genre de perle. Car si certains albums frôlent la perfection, et ici, on pense à Teen Dream de Beach House, Forget de Twin Shadow ou encore à l’album éponyme de James Blake, ce premier opus de DIANA risque d’en séduire plus d’un(e). Mais DIANA, qui c’est ? Trois canadiens qui se rencontrent. Il y a d’abord Joseph Shabason -dont on connaît le saxo dans Destroyer- et Kieran Adams. De l’école de musique à de ponctuelles collaborations, Joseph au saxo, Kieran à la batterie, le projet DIANA naît. Projet annexe à la base, DIANA devient une priorité. Août 2012, Joseph et Kieran finalisent l’écriture des morceaux, enfermés dans un cottage du bord d’un lac de leur Canada natal. Puis c’est en studio qu’ils s’enferment. Accompagnés du producteur Roger Leavens. Leurs propres voix ne semblent pas s’accorder. Alors c’est à cette jeune chanteuse de Toronto au timbre lunaire, Carmen Elle, ancienne guitariste de Katie Stelmanis pour Austra, qu’ils font appel. Il y a des rencontres qui laissent perplexe, d’autres qui tombent sous le sens. La rencontre de Carmen Elle et des paroles de Perpetual Surrender est, elle, évidente. Car si la voix de Carmen devait donner aux chansons déjà écrites un petit quelque chose de spécial, c’est la vie qu’elle insuffle proprement dans les paroles chantées. Carmen n’est aujourd’hui sur l’album pas juste la voix de DIANA, elle en est l’incarnation évidente. Et c’est ce qui fait, et ce qui a fait dans le passé chez les groupes de légende, toute la différence entre un projet musical de base et un disque “incarné”. Les paroles, la mélodie, et l’étrange mélancolie du disque, appartiennent à Carmen Elle, comme si elles lui avait traversé la peau. Sur scène, ils sont rejoints par Paul Matthew. DIANA est née.

 

Il y a des albums pour danser. D’autres pour aimer. Ou pour pleurer. Puis il y a ces albums qui semblent avoir été faits pour apaiser. Panser des plaies. Perpetual Surrender, littéralement traduit “Abandon perpétuel” est une mélancolie assumée de pages qui se tournent. Peut-être car naît d’une inspiration de fin d’été, Perpetual Surrender a la douceur du jour qui disparaît, du soleil qui tombe et de la nuit qui vient. Mais la nuit, dans Perpetual Surrender, n’est nulle part. Elle se laisse deviner, elle se laisse dessiner, mais ne s’incarne jamais.  Perpetual Surrender est un album de la lumière naturelle, des photos jaunies, de l’herbe après la pluie. Une nostalgie nécessaire des derniers jours de quelque chose. Entre synth et dream pop, DIANA rend hommage avec brio à certains grands morceaux de l’avant garde des années 1980. Talk Talk en particulier, particulièrement reconnaissable dans la chanson Perpetual Surrender. Sur les claviers ou le saxophone qui se transforment parfois en complaintes à l’asthénie frappante, la voix de Carmen Elle se pose pour apaiser, comme un oiseau de la tombée de la nuit qui rappelle à la vie. Perpetual SurrenderStrange AttractionBorn AgainCurtainsNew House, autant de façons de dire à l’autre de ne pas partir. Perpetual Surrender, album des jours qui finissent et du temps qui s’échappe. Un peu comme un dernier baiser. Album coup de coeur de la rentrée. En espérant qu’il vous plaira.

 

Adeline

One Comment

  1. Modern Eyes says:

    Encore une découverte divertissante.
    encore merci adeline.

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