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MANIF POUR TOUS 2, LE RETOUR

La loi Taubira a été votée, et les premiers mariages homos, célébrés. Mais pas de trêve estivale pour les anti. La colère divine ne s’est pourtant pas abattue sur la France depuis que les gouines et les pédés ont obtenu le droit – abominable à leurs yeux – de se marier et d’adopter. Hors de question de signer l’armistice d’un combat qu’ils perçoivent comme civilisationnel et juste. Les membres de la Manif pour tous “ne lâchent rien”, comme ils disent, et préparent leur rentrée.

Ceux qui font preuve d’un anti-républicanisme obstiné en refusant de se plier à la loi scrutent avec attention les prochaines échéances électorales. Même s’ils se disent politiquement indépendants, les opposants au mariage pour tous vont très certainement être l’objet de tentatives de récupérations. Et sur des sujets comme la PMA ou l’enseignement de la “théorie du genre”, la Manif pour tous entend bien remonter au créneau. En attendant, ses ouailles poursuivent leurs actions, et gardent la foi.

Lève-toi et marche

Ils avaient l’habitude de rester assis, le soir, à la lueur d’une bougie dans plusieurs villes de France. Cet été, ils ont décidé de prendre leur bâton de pèlerin pour “aller à la rencontre des Français”. Une vingtaine de “veilleurs” ont ainsi quitté la commune de Rochefort (Charente-Maritime) dimanche 11 août. Destination Paris, après 20 jours de marche destinés à diffuser leur message.

Partir sur les routes est un moyen de “sensibiliser le plus grand nombre” à des “enjeux de civilisation”, comme la “filiation”, la “transmission” ou “l’altérité sexuelle”, explique à RTL Gauthier Baisse, porte-parole du mouvement. Le mariage pour tous est “une injustice” qui “prive certains enfants du droit à une filiation cohérente en ayant un père et une mère”, poursuit-il. Avec le vote de cette loi, “il y a eu déni de démocratie”, estime celui qui souhaite un retour “au sens des réalités”.

Été studieux…

Les 14 et 15 septembre, la Manif pour tous organisera une université d’été dans le bois de Vincennes, au Parc floral, pour préparer sa “saison 2″. Nous proposerons à nos sympathisants de se former sur ces questions de la famille et de la filiation. Dans le but d’agir contre les conséquences inéluctables de cette loi : la PMA et la GPA”, explique au Nouvel Obs Ludovine de la Rochère, qui a remplacé Frigide Barjot à la tête du collectif. Près de 80 intervenants sont annoncés, dont l’entrepreneur UMP Charles Beigbeder, l’écrivain Denis Tillinac, ou la philosophe Chantal Delsol.

La dernière semaine d’août, le Printemps français – frange la plus radicale de la mobilisation – organisera dans le Cher une “université d’été pour tous”. Une appellation qui fait grincer des dents la Manif pour tous. Seront présents (entre autres) : Robert Ménard, Philippe Ariño ou encore Samuel Lafont.

Mobilisation 2.0

Les réseaux sociaux sont le lieu d’expression privilégié des anti. C’est aussi là qu’ils racontent leurs vacances et postent des photos aux couleurs du mouvement : les lettres ONLR (pour “on ne lâche rien”) écrites avec des saucisses sur un barbecue, ou tracées sur la plage ; des drapeaux rose et bleu en Bretagne, dans le sud de la France, en Bulgarie, au Pérou… L’initiative peut paraître anecdotique, mais elle permet d’entretenir le sentiment d’appartenance à une communauté, et cherche à démontrer que la Manif pour tous est omniprésente.

Contre LE DJENDEUR

Nouveau cheval de bataille du collectif : la “diffusion subreptice” de la  ”théorie du genre” (la fameuse), notamment à l’école. La Manif pour tous réclame le “retrait du concept de genre des manuels, des décrets et des projets de loi”. Elle appelle aussi les parents d’élèves à créer des “comités de vigilance”, soit en s’appuyant sur des structures déjà existantes comme l’Association des parents d’élèves de l’enseignement libre (Apel) ou la Fédération des parents d’élèves de l’enseignement public (Peep), soit en créant des listes indépendantes.

Une stratégie qui “permettra de sensibiliser les parlementaires et de préparer les municipales car les élus locaux sont partie prenante dans l’achat de manuels scolaires et de livres pour les crèches”, explique au Figaro Arnaud, responsable du pôle “genre” de la Manif pour tous.”On ne lutte pas pour l’égalité des sexes en niant la différence entre les sexes”, s’insurge de son côté sa présidente.

Après la rue, les urnes ?

Si la possibilité de présenter des candidats estampillés Manif pour tous aux élections municipales de 2014 a été soulevée par Frigide Barjot, “le mouvement doit demeurer apolitique”, martèle sa nouvelle figure de proue, Ludovine de la Rochère.

En mai dernier, le collectif n’a pas hésité à mettre son nez dans la primaire UMP pour la mairie de Paris. Et pour bien baliser le terrain, les portraits des candidats étaient classés selon leur opinion par rapport au mariage homo. Pierre-Yves Bournazel, favorable à une union civile, a ainsi été blacklisté. Pour NKM, une mention “abstention” rappelait que la députée de droite a joué contre son camp lors du vote.

Véritable Tea Party à la française ou simple réserve de voix à récupérer ? Pour l’heure, la Manif pour tous est un ovni dans la sphère politique. Ses traductions électorales sont incertaines et n’ont rien d’automatique : malgré une ligne officielle claire, l’UMP reste divisée sur le mariage pour tous et peine à séduire un électorat ultra-traditionnel. Tandis que Marine Le Pen, qui a cherché à tenir le FN à l’écart de la mobilisation, ne peut certainement pas miser sur ces voix.

De plus, même s’il peut donner du coffre à une droite en pleine reconstruction, le collectif rejette, dans son ensemble, le carcan des partis politiques. Du reste, il apparaît compliqué de concilier leur discours anti-parlementaire, mettant en cause la légitimité des élus, avec leur hypothétique souhait de se confronter aux urnes. Reste Christine Boutin. Mais la pasionaria ne promet rien de plus qu’un pétard mouillé électoral.

Marie

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One Comment

  1. Modern Eyes says:

    Actu de l’été wouaaai !

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