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Bitch superficielle vs Manic pixie dream girl

Après la lecture de la dernière typo en date sur la cagole gouine ou « cagouine », je me suis posée des questions existentielles quant à l’existence de ces fameuses femmes stupides et superficielles (qui ne sont pas toutes gouines, encore heureux) et dont les médias nous abreuvent inlassablement depuis quelques années. Mon cerveau juvénile posa donc un léger point de départ à cette surabondance de nanas décérébrées : l’arrivée de la télé-réalité en France – en 2001 plus précisément (celle-ci ayant préalablement débutée aux Etats-Unis dans les années 70) – avec comme ‘icône’ déchue, Loana. Aujourd’hui, elles pullulent encore et toujours dans les médias, au cas où l’image de la femme ne serait pas déjà assez rabaissée comme ça. Pourtant, tout ne semble pas perdu puisqu’un nouvel archétype de femme pointe le bout de son nez, la « Manic Pixie Dream Girl » ou en plus french, « la fille excentrique que je voudrais niquer ». Barbi(e)turix vous explique le concept.

Il y a quelques temps, je finissais la deuxième saison de New Girl et après m’être gavé de cette mignonne petite série pour nanas hétéros (qui ferait également un bon scénario porno cela-dit « 3 horny boys, 1 weird girl, 1 indian girl), je me suis rendue compte que comme 2,6 millions de personnes sur Facebook, j’avais le béguin pour Zooey Deschanel/Jessica Day. Très original. Puis je me suis rappelé que j’en avais eu un auparavant pour son rôle de garce dans 500 jours ensembles, de nana bizarre dans Yes Man et de nympho azimutée dans Weeds. Encore plus original. J’ai donc fait des recherches anthropologiques pour comprendre le fonctionnement des personnages de Zooey (dont les symptômes virtuels se développent dans la vraie vie auprès de certaines filles, mais j’y reviendrais plus tard) et je suis tombée sur cet article du Newstateman, écrit par une certaine Laurie Penny. 
Pour résumer cet article dans les grandes lignes, la journaliste trace un portrait de ce qu’elle prétend narcissiquement avoir été (cf : une « Manic Pixie Dream Girl ») tout en nous expliquant le fonctionnement de ce nouveau stéréotype à priori tout droit sorti d’un cerveau masculin et que l’on pourrait plus ou moins traduire comme « la fille excentrique que les gens voudraient niquer ». Cette classification de femme, trop romantique pour avoir son nom dans une catégorie X, pourrait également se caractériser comme la nouvelle figure féminine de notre génération c’est-à-dire une nana (un peu) perchée, tendance bipolaire, avec des goûts et une culture à mi-chemin entre la gamine hyperactive et l’allumeuse-intello. 50 % de Stoya, 25 % de Michel Gondry, 10 % de David Lynch et 15% de Sofia Coppola.

Bien évidemment, de tout ce que j’ai pu lire sur ce nouvel archétype féminin celui-ci avait été créé par les hommes, pour les hommes. Et plus particulièrement, pour les loosers en manque d’inspiration ou de confiance en eux. Comme si la personnalité d’une femme était forcément la création d’un homme… Bref, passons. La MPDG ou le personnage secondaire féminin qui te brise le cœur et t’aide à aller de l’avant. Inconsciemment et ça depuis quelques années, on nous expose ce genre de filles comme le nec plus ultra de la féminité torturée. Mes sources s’accordent à dire que le point de départ de ce « concept » féminin fut Kirsten Dunst dans le film « Elizabeth Town ». Vous ne l’avez pas vu ? Tant mieux.
Et surtout, argument de pacotille. Pour être plus précise, on devrait commencer la genèse de ce genre de personnage depuis l’interprétation d’Audrey Hepburn dans Breakfast at Tiffany’s. Seulement, depuis ce film, les femmes ont évoluées en passant de la figure de Winona Ryder dans les 90’s à plus récemment Mia Wasikowska (Restless, Stoker). La liste (non exhaustive) diffère selon chaque personne qui s’attaque au sujet, mais dans tous les cas, 3 noms reviennent à coups sûr pour donner un visage aux MPDG : Zooey Deschanel (500 jours ensembles), Natalie Portman (Garden States), Zoe Kazan (Ruby Sparks). Ruby Sparks dont le synopsis se trouve être le cœur du sujet, un jeune écrivain en mal d’inspiration qui donne vie à une fille parfaite selon ses critères et tout droit tirée de son imagination. Portrait infaillible de la Manic Pixie Dream Girl.

(Zoe Kazan, Ruby Sparks)

(Natalie Portman, Garden States)

(Zooey Deschanel dans le rôle de Zooey Deschanel)

Petit name-droping de circonstance et des films concernés : Ellen Page (Juno), Carey Mulligan (An Education, Drive, Shame), Hannah Murray (Cassie, SKINS), Alice Englert (Ginger et Rosa), Scarlett Johansson (Lost in Translation), le personnage de Ramona Flowers (Scott Pilgrim vs the World) ou encore en version française, Audrey Tautou (Amélie Poulain), Julie Depardieu ou encore la chanteuse/actrice Soko … Etc. Etc.

Mais. S’il existe bel et bien l’anti alter-ego de la Bitch Superficielle en la création de la MPDG, celle-ci dispose également d’une figure paradoxale. On part de la même racine, « la fille excentrique et torturée » et on la rend 10 fois plus réaliste et terre à terre.

 

(Kate Winslet ou Clémentine Kruczynski dans Eternal Sunshine of The Spotless mind)

 


(Mia Kirshner ou Jenny Schecter dans la série The L World. Petit bémol néanmoins, elle est assez chiante dure à caser. On se demande pourquoi.)

On en vient donc à se demander si ces filles existent bel et bien dans la réalité. Car, si les MPDG ne sont pas forcément que des « muses » timbrées spécialement réservées aux mecs, elles sont également faîtes de chair et d’os, pas uniquement de matières cérébrales ou de pixels et surtout, nous autres filles, sommes les premières à sortir et coucher avec. De ce fait, théorie réfutée, les hommes n’ont pas le monopole de ce genre de femmes à la personnalité peu conventionnelle. Mais qui entre ces filles réelles ou fantasmées doit-on le plus s’inquiéter ? Celle à l’allure d’artiste torturée dont on peut tomber en pamoison en la voyant marcher sur le trottoir d’en face et qui s’avérera plus tard être une chieuse potentielle jusqu’à l’épuisement ou l’image de cette même fille véhiculée par les films et autres médias afin de donner un nouveau jouet fétichiste aux spectateurs/trices en la personne d’une petite nana mignonne, plus ou moins indépendante, version féminine du Hipster et dotée d’un Q.I plus élevé que ces congénères à forte poitrine et adeptes de la guerre de 78 ou encore mieux, du nouveau phénomène de la Space Barbie ? Pour ce qui est de savoir la suite, je ne suis pas médium. Alors rendez-vous dans 10 ans pour voir la nouveauté.
An Si

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3 Comments

  1. SnowWhite says:

    Pourquoi tout le monde déteste Jenny Schecter ??? Elle est juste magnifique et tellement mignonne. Certes elle est un peu folle avec des tendances psychopathes mais elle est trop attachante !

  2. Modern Eyes says:

    @AnSi

    Belle plume. Merci.

    J’aime bien le commentaire de SnowWhite ! :-)

    “Elles” la détestent parce qu’elle n’est pas “mainstream”. A elle toute seule, elle est dans une logique de défi de l’édifice “microcosmique lesbien”. J.S a de la personnalité, le fait savoir direct en “targettant” la non pas moins Marina (quand même hein!), et surtout, elle pense … seule ! (Contrairement aux autres oies de la série sauf Shane et Carmen bien évidemment.)

    D’ailleurs, de mon point de vue, si J.S était française, “ils” ne la considèreraient pas dans le B de LGBT non plus ! C’est pour cela qu’elle est souvent perçue (chez les french fans) comme folle, insupportable et qui doit “en baver pour bien mériter” auprès de ces nouvelles copines si elle veut pouvoir répondre de sa propre et unique condition féminine en tant que lesbienne et se propulser économiquement dans une identité professionnelle qu’elle aura choisie d’assumer. (autrement dit, autrement que caissière…)

    Comme quoi, le lobbying de la société qui fâche et répudie, ça peut vraiment détruire … gratuitement ! :-( De la normalité des normes ?

  3. An Sia says:

    Héhé, merci :-)
    Et pour Jenny Schecter, je n’avais pas de griefs contre son personnage, au contraire. C’est juste qu’elle était tellement instable et torturée qu’au bout d’un moment c’est bon t’as qu’une envie, c’est de la mettre en isolement avec sa Torah et un paquet de mouchoirs.

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