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Russie : le pays où l’homophobie fait la loi

Il ne fait pas bon être gay ou lesbienne en Russie. Alors que le président Poutine a récemment promulgué deux lois homophobes – l’une punissant tout acte de “propagande” homosexuelle devant mineur, l’autre interdisant l’adoption d’enfants russes par des couples homos – des rumeurs affirment que la législation du pays pourrait se durcir encore plus.

Dans une tribune publiée le 21 juillet dans le New York Times, l’acteur américain Harvey Fierstein, ouvertement gay et militant, rapporte que Vladimir Poutine serait sur le point de signer un décret permettant de retirer un enfant à sa famille, si ses parents (biologiques ou adoptifs) sont homos ou suspectés de l’être. En réponse à la politique homophobe du président russe, Fierstein propose de boycotter les Jeux olympiques d’hiver qui doivent se tenir à Sotchi en 2014.

La Russie n’a jamais été favorable aux droits des LGBT. Dans un pays où l’homosexualité était considérée comme un crime jusqu’en 1993, et comme une maladie mentale jusqu’en 1999, 54% des Russes pensent toujours qu’il faudrait la punir, selon un sondage de l’institut Vtsiom publié en juin. Un virage radical semble pourtant avoir été pris en avril dernier, période à laquelle l’homophobie d’Etat s’est cruellement accentuée.

Le 26 avril, Vladimir Poutine annonce que la Russie pourrait réviser ses accords d’adoption avec les pays autorisant le mariage pour tous (trois jours plus tôt, le 23 avril, les députés français ont définitivement adopté le projet de loi Taubira). “J’estime que nous sommes en droit d’introduire des changements. Nous devons réagir à ce qui se passe autour de nous”, déclare-t-il, faisant valoir les “traditions culturelles et les normes éthiques” de son pays.

Le 30 juin, le président russe promulgue une loi ouvertement discriminatoire. Elle punit de 4 000 à 5 000 roubles (90 à 115 euros) la “propagande pour les relations sexuelles non traditionnelles devant mineur” – une formulation fourre-tout qui regroupe aussi bien la participation à une gay pride que le fait de tourner un documentaire. L’amende peut grimper à 50 000 roubles (1 150 euros) pour une personne dépositaire de l’autorité publique, et jusqu’à un million de roubles (22 880 euros) pour une personne morale (entreprises, associations etc.)

Les sanctions sont encore plus sévères si cette « propagande » est faite sur internet. Les organisations et autres entités juridiques risquent dans ce cas d’être fermées jusqu’à 90 jours. Quant aux étrangers, ils encourent une amende pouvant aller jusqu’à 100 000 roubles (2 290 euros), et pourront en outre être détenus 15 jours et expulsés. Selon le sondage Vtsiom précédemment évoqué, 88% des Russes soutiennent cette loi.

Le 3 juillet, Poutine promulgue une loi interdisant l’adoption d’enfants russes par des couples homos étrangers. Une mesure “destinée à garantir aux enfants une bonne éducation harmonieuse et à protéger leur mentalité des tentatives d’imposer un comportement sexuel non traditionnel, ainsi qu’à éviter des complexes, du stress et des souffrances mentales”, explique le Kremlin dans un communiqué.

En réponse à ce durcissement législatif, les associations homosexuelles américaines ont appelé à un boycott de la vodka russe. Le plus grand et plus ancien bar gay de Chicago, le Sidetrack, a répondu favorablement à cet appel, et ne sert plus le fameux alcool à ses clients. D’autres bars ont suivi. A vous de jouer, il n’est jamais trop tard pour se mettre au gin ou au whisky !

Marie

3 Comments

  1. Modern Eyes says:

    “un boycott de la vodka russe” pourquoi pas ! :-)

  2. MAB says:

    C’est upas très grave, il y a de la vodka suedoise, aussi!
    Et, ironiquement, une marque de vodka russe est supportrice des droits des LGBT.

    “La marque Stolichnaya a répondu à cette campagne en publiant vendredi une lettre ouverte dans laquelle elle condamnait “les actes terribles commis par le gouvernement russe”. “La vodka Stolichnaya a toujours été et continue d’être un fervent supporteur de la communauté LGBT (lesbienne, gay, bisexuelle et transsexuelle)”, a affirmé Val Mendeleev, le directeur général du groupe SPI qui détient la marque”

    source: http://www.lemonde.fr/europe/article/2013/07/31/quand-les-discotheques-gays-boycottent-la-vodka-russe_3455588_3214.html

    Il faudrait militer pour autre chose que contre la vodka. Le plus important serait plutôt de boycotter les J.O. qui vont y avoir lieu.

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