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Europride 2013 à Marseille : la déception

Marseille capitale de la culture, voilà qui laisse déjà songeur. Jusqu’en 2013, les marseillais se cultivent sur leur serviette de plage ou au stade Vélodrome, et les amateurs d’expositions se déplacent à Aix-en-Provence. Mais soit, Marseille-Provence 2013 capitale européenne de la Culture, et un musée sort de terre pour remédier à cette réalité.

Mais Marseille capitale gay européenne, voilà qui est un antagonisme, pour moi lesbienne marseillaise habitant à Paris. La communauté gay, et lesbienne plus encore, a peu d’existence visible et la ville comptabilise le plus d’agressions homophobes en France. C’est un défi que la cité phocéenne se prépare à relever. Et c’est donc enthousiaste et patriote que je pars en exploration.

Direction le village Europride et en particulier le village lesbien installé pour l’occasion à la Friche Belle de Mai – une ancienne manufacture de tabac devenu un lieu culturel et regroupant salles d’exposition et de spectacle. Le village lesbien se résume à un regroupement de stand d’associations lesbiennes et à une buvette. Et semble le lieu de retrouvailles de lesbiennes de l’âge de ma mère, se rappelant les combats de leur jeunesse féministe et l’époque hippie où elles vivaient nues en communauté dans quelque village des Alpes (je rapporte ici une conversation véridique). Bref, rien de très folichon…

Le programme m’informe d’un cycle de conférences, et j’arrive justement au moment de celle sur la question des lesbiennes sous la France nazie. J’assiste pendant cette semaine à quelques autres, de niveau variable, mais plutôt intéressantes dans l’ensemble. Toujours à la Friche, une expo se propose d’explorer la limite des genres. Mais se contentera à mon sens d’une exploration convenue de l’esthétique homo mec, sans questionnement et sans génie. Je rebrousse chemin, fait une halte au cinéma les Variétés, qui participe à l’événement par la projection de films dans le thème.

Il est maintenant temps d’aller voir à quoi ressemble la nuit marseillaise en cette occasion. Derrière le veux port, dans l’un des quartiers animés par les bars, le rainbow flag règne en maître. Et effectivement les terrasses exhibent homos et lesbiennes. Il y a donc aussi des jeunes gays et lesbiennes, au rendez-vous de l’Europride. Les boites du coin ont saisi le message et plusieurs soirées gays s’organisent. Et là, le cours d’Estienne d’Orves a un petit air de Marais, mais avec vue sur la mer. Presque le paradis.

© Anne-Christine Poujoulat

Samedi, l’Europride s’achève avec le défilé, l’idée étant de clôturer l’événement en beauté : le cortège doit se rendre du vieux-port, au cœur de la ville, à la plage du Prado, où un concert est prévu. Les chars et la bonne humeur sont au rendez-vous, mais pas le nombre : entre 7500 (selon la police) et 50000 participants (selon les organisateurs) au lieu des 140 000 prévus… Et à l’arrivée, un concert annulé, et ce n’est pas le premier de cette semaine d’Europride. A la place, une grande soirée sur la plage, avec une piste de danse et des jacuzzi, plutôt sympa… mais avec des consos dont les prix atteignent des sommets, moins sympa.

Le bilan de cette Europride marseillaise est donc tristement mitigé, et la faute semble de l’avis général revenir aux organisateurs, c’est à dire aux assos gays, et non pas à la réputation de la ville ou au climat peu favorable à ce genre d’événements. “Déception”, “gâchis”, “village fantôme”, “utopie”, “guerre associative”, les mots ont été durs pour qualifier cette édition de l’Europride. Pour fêter le mariage, on repassera.

Juliet

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6 Comments

  1. Gerry says:

    Déjà ce nom, Euro Pride, c’est pas glamour. On s’attend à écouter de l’euro dance et à danser sur des tubes de l’eurovision. J’ai unequestion : l’Eurotruc se tient toujours dans la même ville ou ça tourne ?

  2. angie says:

    Bonjour, la ville change chaque année dans les limites de l’Europe. En 2014, ce sera à Oslo, en Norvège !

  3. Modern Eyes says:

    bon. je n’étais pas à l’europride de marseille … mais franchement … c’est vraiment …

    la déception !

  4. DELUY AM says:

    En plus d’être un peu méprisant et usant de quelques facilités, plage/culture, stade/musée, Marseille/AIx; votre texte comporte quelques inexactitudes :
    La photo d’illustration est prise pendant le montage ou démontage du salon.
    Marseille n’est pas la ville où il y a le plus d’agressions homophobes en France.
    ( http://www.sos-homophobie.org/rapportannuel )
    Je comprend que vous ayez quitter cette ville…

  5. June says:

    Et la marche lesbienne non-mixte alors? On était dans les 300.. clairement peu mais fallait s’y attendre quand tu vois le prix pour aller jusqu’à Marseille. N’empêche qu’elle a été bien dynamique et que les lesbiennes ont occupé les rues de Marseille le temps d’une nuit et ça faisait du bien d’avoir le rapport de force de notre côté.

  6. ptiloudu13 says:

    Article nullissime !
    Même pas digne d’une stagiaire en journalisme !
    Bref merci d’avoir quitté Marseille !! A l’avenir faites des économies et restant dans votre Paris où votre amnésie vous fait si bon y vivre !

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