r-OMOFOBIA-large570

En Italie, les homophobes font leur coming-out

Dès le 22 juillet prochain, la chambre des députés italienne doit examiner un projet de loi adopté en mai dernier, qui condamne l’homophobie. Jusque-là, les tentatives, nombreuses, de faire passer une telle loi, avaient toutes échoué. Ce projet, fruit de l’entente entre Ivan Scalfarotto, député de gauche du parti démocrate (PD) et Antonio Leone, son homologue de droite (PDL, parti de Berlusconi), prévoit l’extension de la loi « Reale-Mancino », qui condamne déjà les discriminations basées sur l’origine ethnique, la nationalité et la religion.

La perspective de cet examen approchant, les homophobes de tous bords – mais quand même plutôt à droite et catholiques – ont entamé une campagne de victimisation massive pour faire barrage à cette loi qui serait contraire à la liberté d’expression et de religion.

Pour remettre les choses à leur place, il suffit de citer un chiffre : selon une étude réalisée cette année par l’Agence européenne pour les droits fondamentaux (Fra, qui collabore avec l’Union européenne), 54% des gays, lesbiennes, bi et trans italiens déclarent avoir été victime d’une agression physique ou verbale à cause de leur orientation ou identité sexuelle. Dans l’ensemble des pays de l’UE, le chiffre se situe à 26%. Pour ceux qui ne seraient pas encore convaincus du degré d’homophobie de la société italienne et de ses conséquences, on pourrait citer cette énième agression violente, à Turin, dans la nuit du 7 au 8 juillet. 4 jeunes gays agressés dans un bar, à coups de pieds, de poings et de ceinture.

Mais revenons-en à nos pauvres homophobes. Alessandro Pagano, député de droite du PDL, voit dans cette loiune mesure “liberticide”et ayant pour seul but de satisfaire les désirs de “groupes minoritaires mais influents”. Carlo Giovanardi, sénateur appartenant au même parti, habitué des déclarations homophobes et stupides, parle carrément de loi hétérophobe : “Un papa, une maman ? On ira en prison pour avoir dit ça !”, a-t-il déclaré.

Plusieurs journaux de droite ou catholiques (Tempi, Libero, ou encore Il foglio qui pour l’occasion fait intervenir une « philosophe ») ont aussi publié des articles ou tribunes diverses où ils expliquent non pas que cette loi doit être stoppée, mais tout simplement qu’elle ne sert à rien. Une information qui aura sans doute échappé aux députés qui planchent dessus… Pour démontrer que cette loi est contraire à la liberté d’expression et de religion, le collectif “Juristes pour la vie”, qui a lancé un appel en ligne, cite six exemples dont celui-ci : pourront être condamnés notamment ceux qui “affirment publiquement que l’homosexualité représente une grave dépravation, en citant les Saintes Ecritures”.

Graffitis dans un lycée romain

Mais la palme du culot revient sans conteste à Maria Rachele Ruiu, contributrice sur le site Roma Giornale et habituée notamment des articles anti-avortement. Dans un post intitulé “Projet de loi sur l’homophobie : ils m’appelleront homophobe et j’irai en prison ?”, la jeune femme s’émeut, dans un élan de lyrisme, de ce que, en sa qualité d’homophobe revendiquée, on veuille la jeter en prison. “Je suis homophobe et j’irai en prison parce que… “, répète-t-elle 7 fois en début de paragraphe.

“Je suis homophobe et j’irai en prison parce que je ne pourrai m’empêcher de parler à mes enfants de la défense des principes non négociables (expression officielle de l’Eglise catholique), défense de la vie, de la famille, de la liberté d’expression, de la liberté d’éducation, ce sont des principes rationnels et scientifiquement prouvés, ils ne sont pas transcendants et ce sont les colonnes sur lesquelles reposent une société saine. Et les réelles études le démontrent”, assure-elle. Il y a comme un air de déjà entendu dans ces déclarations… En prime, l’article, qui fait beaucoup réagir sur facebook, est illustré d’un logo de la Manif pour Tous.

Charlie

Crédits photos : Gay.it

3 Comments

  1. timide says:

    ça lasse. un G.C vite !

  2. Zazie says:

    Est-ce qu’on pourrait avoir la traduction du graff s’il vous plait, parce que la trad “tous les pédés avec l’abattage ou de billions” de Google Translate ne m’a pas tout à fait convaicu ^^

  3. charlie says:

    La trad du graffiti c’est “tous pédés avec le cul des autres”, en gros. La photo a été prise dans un lycée connu pour son engagement contre l’homophobie, qui a été dégradé il y a quelques semaines par des fachos.

Leave a Comment

*