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J’étais au concert de Cat Power

Boulevard des Capucines, ce mercredi 17 juillet. Il est 20 heures. Le temps est extrêmement lourd. Pourtant arrivés en retard, nous constatons que la file d’attente devant l’Olympia est plus longue qu’un cortège présidentiel. Impossible de voir la première partie, C.A.R qui a joué entre 20h et 20h30. En lettres capitales de néon rouge, la célèbre salle affiche : CAT POWER.  Partis trinquer au lieu de s’échiner avant de danser sur le dernier album, Sun de la chanteuse américaine, nous revenons une demi-heure plus tard.

Nous pénétrons enfin le hall moelleux de l’OIympia. Après quelques minutes d’attente, les premiers accords de “The Greatest”, certainement la plus célèbre complainte de Chan Marshall (l’identité vraie de Cat Power), résonnent, une version ralentie et forte. Et puis, la voilà. Alors que l’on s’attendait  à une apparition presque divine, elle s’avance, hésitante, déambulant tel Jack Sparrow, s’agrippe à son micro et entame les premières paroles. Peut-être était-ce risqué de commencer ainsi. Voulant réadapter sa ballade, elle en offre une version déroutante…Sans que l’on sache vraiment si c’est plaisant.

Presque absente, Cat Power poursuit la représentation avec le sautillant Cherokee qui réveille la salle. La chaleur étouffante et le public massé dans la fosse ne permet pas de folles danses mais l’ambiance devient plus chaleureuse. Mais elle semble invisible. Sa présence s’efface au profit d’un écran géant qui diffuse derrière elle clips et vidéos d’ambiance. Elle se cache dans de superbes jeux de lumières violents parfois, excessivement doux, souvent.

 

Sans commune mesure,, les chansons extraites de Sun (“Ruin”,” 3,6,9″, “Silent Machine”, “Manhattan”…) beaucoup plus électro et dynamiques emportent le public, ravi et heureux de voir enfin celle qui avait annulé sa dernière tournée européenne. Pourtant lorsque sa voix d’une extrême justesse, puissante et surtout touchante entonne « Metal Heart » extrait de son avant-dernier album, Jukebox, sorti en 2008, a enveloppé le public dans un cocon douillet, comme un tête à tête depuis longtemps attendu.

Cintrée tour à tour dans un blouson de cuir ou de jean siglés du signe de son dernier album, elle n’a pourtant pas interagi avec ses admirateurs, déçus. Malgré une voix extraordinaire et un talent indéniable, l’accroche n’a pas eu lieu. Seulement une heure et demi de show plus tard, Cat Power lance des roses blanches au public, sourit, remercie, s’en va. Lumières. Le titre du duo Cassius (dont la moitié, Philippe Zdar a composé une partie de l’album Sun), « I love u so » résonne, au loin, comme une déclaration tardive.

 

Angie

 

Angie

Caution bisexuelle de BBX, Angie écrit sur le cinéma et les arts. Mais en vrai, elle aime surtout les paillettes et les sequins dorés. Twitter : @angelinaguiboud

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10 Comments

  1. caillou says:

    “il n’y aura pas de première partie” >>> il y a eu une première partie. t’es juste arrivée trop tard .
    c’etait C.A.R …

  2. eolien says:

    Il y avait bien une première partie, et c’était C.A.R ! A 20h45 elle avait fini…

  3. Fanny says:

    Pour rectifier, si il y a eu une première partie de 20h à 20h30 et c’était vraiment Top !
    Pour le reste par contre… Metal heart totalement remanié pas du tout reconnaissable…
    Décevant.

  4. timide says:

    je n’y étais pas … mais, je confirme, il y a bien eu une première partie à 20h45 donc.

    ….

    et c’était C.A.R

    :-)

  5. angie says:

    Mea Culpa, je corrige cela mais à 20h, au vu de la queue dehors, il me semble ne pas être la seule à ne pas l’avoir entendu passer.

  6. Tomate Verte says:

    Cat Power, on écoutait ça il y a plus de 15 ans ! (ça nous rajeunit pas, ma bonne dame !) Je ne savais même pas qu’ils avaient passé le cap du millénaire.
    Ca ne m’étonne pas que le public ait été déçu : pas facile de transmettre la même émotion 20 ans plus tard. C’est la roulette russe, ça passe ou ça casse.

  7. timide says:

    @T.V

    mouai tomate mûre !

    est-ce que c’est vraiment pertinent d’opposer la médiocrité d’une ancienne sur le retour (pour ne pas dire has been ou presque ?) à la fraîcheur gâchée des jeunes qui n’arrivent pas à émerger sur la scène musicale parce que finalement “les décideurs” ne s’intéressent pas à la part de risque que cette évidence générationnelle provoque dans l’industrie du spectacle ?

    (je dis ça sans vouloir offenser les bbx et tous les fans qui adorent d’ailleurs …)

  8. Tomate Verte says:

    @ timide :
    “tomate mûre” : t’es pas gênée !!. Ceci dit, tu m’as percée à jour : je fais effectivement partie de la génération qui a vu Kurt Cobain VIVANT sur scène ! Par contre je n’ai jamais vu Cat Power live il y a 20 ans. Mais pour faire une comparaison un peu semblable, j’ai revu The Breeders récemment, qui venaient explicitement fêter les 20 ans de l’album Last Splash, donc qui ne prétendaient pas apporter quoi que ce soit de nouveau. Ils ont fait une très honnête performance, qui ne souffrait pas trop de la comparaison avec les concerts de 1994. Une bonne énergie malgré quelques kilos en trop ! Donc les revivals c’est pas toujours raté.

  9. Cherokee says:

    Euh… On était au même concert ?! Je taquine, mais sérieux, c’était génial !! C.A.R a assuré face à une salle à moitié vide, Cat Power a fait du Cat Power, pas de prise de tête, on aime ou pas, léger border line, une voix d’une justesse et d’une force impressionnantes, mission accomplie. OUI j’ai adoré, OUI je suis sortie de là le sourire aux lèvres et OUI OUI OUI merci pour ses reprises, merci pour cette version de Metal Heart… Un gros bémol pas beau, le public, raide, figé, bordel c’est un concert !! Bouge !!

    Alors non, ses admirateurs n’étaient pas déçus, et elle était là, vraiment.

  10. 17juillet says:

    peut-être que si vous aviez été au premier rang, vous auriez saisi toute l’émotion de ce concert … dans son regard, ses décrochages… Ce concert était vraiment puissant comme sa voix.

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