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Le feminisme s’expose à Madrid

L’Espagne. La destination étrangère la plus prisée des français bénéficie outre son soleil brulant, ses tapas et son dédale de rue d’une riche activité culturelle. A Madrid, se tient jusqu’à fin juillet, la seizième édition du festival de photographie, « PhotoEspana »  soit 74 expositions réparties dans toute la capitale espagnole.

Une, nous intéresse particulièrement et celle-ci se poursuit jusqu’au 1er septembre prochain : « Mujer, la vanguardia feminista de los anos 70 ». Comme vous l’aurez saisi, l’art féministe post-mai 68 sera à l’honneur ! Vingt et une artistes féminines ont été réunies afin d’offrir un panorama international de travaux peu connus comme en témoigne la photographe, Alexis Hunter, néo-zélandaise, installée à Londres : « Certaines artistes n’ont pas eu leur public, elles ont travaillé en silence pendant quarante ans ». Le manque de public n’est pas lié au manque de revendications et ces artistes ont toujours poursuivi leurs volontés malgré l’absence de reconnaissance publique. Bouillonnement à la fois artistique et activiste, les années 70 sont aussi la prise de conscience pour nombre de jeunes femmes, de l’oppression masculine.

Appelant à plus de liberté et à se libérer des carcans imposés, elles ont joué de la provocation et du choc, comme passage à une nouvelle modernité. Dégageant les stéréotypes des publicités pour mieux se les réapproprier, ces artistes n’ont pas manqué d’audace. En revanche, pas d’esthétique commune à ces vingt et une femmes mais une temporalité similaire et un large combat. Chacune présente sa manière d’agir : par le cynisme, la provocation, le choc, le gore ou le ludique…

Ana Mendieta, par exemple, photographe et performeuse, décédée en 1985 à l’âge de 27 ans, réalisait des autoportraits dans lesquels elle appuyait sa tête contre une vitre, déformant ainsi son visage ; la glace agissant comme le mur invisible contre lequel sont amenés à se battre les femmes toute leur vie.

De son côté, Birgit Jürgenssen, autrichienne et décédée en 2003, avait pensé un modèle de femme parfaite où le bas du corps ne serait qu’un four. Une belle ironie dont fait aussi preuve Martha Wilson qui met en scène des femmes stéréotypées : la femme d’affaires, la ménagère etc.

Vous pourrez aussi (re)découvrir Nil Yalter qui expose une vidéo : La Femme sans tête ou la Danse du ventre sur le droit au plaisir féminin…

Mais vous retrouverez aussi, entre autres, Cindy Sherman (!), Sanja Ivekovic et VALIE EXPORT (tout en majuscules)…

Si vous n’avez pas le bonheur d’aller à Madrid, nous vous invitons à découvrir ces artistes rapidement !

Angie

Angie

Caution bisexuelle de BBX, Angie écrit sur le cinéma et les arts. Mais en vrai, elle aime surtout les paillettes et les sequins dorés. Twitter : @angelinaguiboud

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3 Comments

  1. timide says:

    povrecita ! no sabes lo qui dices !
    il fait beaucoup trop chaud à madrid en juillet et août !

  2. Brunette Localicious says:

    Pas d’accord avec Timide !

    Je suis en se moment à Madrid, et certes il fait chaud mais il y a moyen de trouver de l’ombre facilement, il y a du vent donc l’atmosphere n’est pas etouffante, et pour les heures de cagnard entre 14 et 16h, el Parque del Retiro est tres agreable pour faire une sieste à l’ombre des pins parasols…

    En ce qui concerne l’exposition au Circulo de Bellas Artes, j’ai beaucoup aimé la visiter. De plus elle est dans un batiment magnifique, ils ont installé une “chute libre de livres” dans les escaliers, c’est impressionnant, et puis il y a une terrasse avec un bar sur le toit, pour prendre des photos de Madrid comme la voient les oiseaux, siroter un mojito ou encore pécho de la Madrilène …

    Merci Angie et la team Barbi(e)turix pour nous proposer toujours plus de bons coin et de belles sorties à faire !

  3. timide says:

    ah ben, heureusement que brunette est là pour relever le niveau hein.

    merci brunette.

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