Pussy-Riot

Pussy Riot : A Punk Prayer

Pussy Riot : A Punk Prayer qui sort en salles le 23 octobre prochain, a été présenté en avant-première ce lundi, au festival Paris Cinéma.

Une performance de trente secondes

Derrière leur cage de verre, elles revendiquent encore. Derrière leur cage de verre, elles déclament des textes de liberté. Derrière leur cage de verre, elles sourient, jeunes, fières et fortes. Ce sont Masha, Katya et Nadya. Avant-Pendant-Après. Les réalisateurs Mike Lerner et Maxim Poozdorovkin ont suivi les Pussy Riot avant leur fameuse prière punk dans l’église du Christ Saint-Sauveur à Moscou, ont capté leur performance d’une durée de trente secondes et ont surtout filmé leur absurde procès-spectacle, six mois durant.

Le 21 février 2012, cinq jeunes femmes pénètrent l’église orthodoxe du Christ Saint-Sauveur vêtues et encagoulées de couleurs vives. Rapidement, elles parviennent à monter sur l’autel qu’elles transforment en scène de concert, prennent leurs instruments de musique et hurlent une complainte enjoignant leur public à éliminer Poutine, à se battre pour une certaine idée de la liberté et à se soulever contre la domination masculine. Trente secondes de chant et le spectacle est terminé. Attrapées par des fidèles horrifiés et des membres de la sécurité, elles sont poussées dehors.

Une semaine plus tard, trois d’entre elles sont arrêtées et vont devenir, d’un côté le symbole de la gronde russe qui émane de toutes parts et de l’autre, celui d’une jeunesse irrespecteuse, dépravée et honteuse. De “véritables bolcheviks” affirment les médias pro-Poutine, qui les comparent à de véritables staliniennes cherchant à empêcher quiconque d’exercer sa foi. Elles sont condamnées en août dernier à deux ans de prison ferme.

Une bande d’étudiantes de 23, 24 et 30 ans 

Le documentaire offre pléthore d’images inédites. Les jeunes femmes préparaient leurs performances chez l’une d’entre elles, répétant avec acharnement chacun de leurs gestes afin d’aller le plus vite possible et surtout de choisir les gestes qui auront le plus d’impact possible. Elles savent que la performance ne durera que le temps que le public souvent involontaire, réagisse.

Refusant de s’habiller de noir, elles prêchent une certaine liberté par la création artistique et plus particulièrement via la performance et les opérations spectaculaires (toits des institutions, embrasement d’un portrait géant de Poutine…).

Leurs parents ont été longuement interrogés et en accord ou non avec les actions de leurs filles, ils leur sont d’un indéfectible soutien. Témoignant à visage découvert malgré les menaces qui pèsent sur eux, ils racontent tour à tour l’enfance des jeunes femmes, leur engagement artistique , activiste et féministe. Des photos illustrent ces passages du documentaire où pères et mères, émus sont à la fois mécontents, fièrs mais surtout terrifiés de leur sort.

Ils se souviennent les avoir vues à la télévision, de leur impuissance face à une justice russe implacable et parfois, de leur incompréhension . Masha (aux longs cheveux blonds) n’aurait ainsi jamais supporté l’injustice, Nadya (aux lèvres charnues formant un rictus permanent) a toujours revendiqué ses idées via la création artistique et Katya (au regard sombre), plus discrète, manie le verbe avec force grandeur.

Peaches et Simonne Jones ont écrit une chanson pour leur liberté.

Symbole des combats quotidiens

Les réalisateurs se sont immiscés au cœur du procès, filmant les moments où en cage, elles échangeaient et se moquaient des médias russes, affichant moues rieuses et visages plein de santé. Si l’on connaissait ces images, le son manquait souvent.

Les documentaristes esquissent une véritable hagiographie, où leur courage et leur ténacité sont mis en avant. Ne lachant rien, elles affirment haut et fort, que ni la Sibérie ni la Mordovie (camps de travail où sont enfermés Nadya et Masha, Katya étant sous liberté conditionnelle depuis octobre dernier) ne le feront changé d’idées tant que Poutine sera au pouvoir et promettent une guerre civile en Russie.

Les autres membres des Pussy Riot ont fui la Russie pour des raisons évidentes de sécurité mais continuent de militer dans tous les pays pour la liberté de leurs camarades.

Angie

Angie

Caution bisexuelle de BBX, Angie écrit sur le cinéma et les arts. Mais en vrai, elle aime surtout les paillettes et les sequins dorés. Twitter : @angelinaguiboud

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2 Comments

  1. MByx says:

    Free Pussy Riot!!!! o/

  2. timide says:

    C’est fou ce que l’humain ne ferait pas par émotion, au nom d’un film ! ce serait fascinant si cette affaire n’était pas juste triste dans son fond de réalité.
    À ce degré de mélange de genre economico-politico-propagando-socio-patho-gênes, ce n’est plus du militantisme mais bien une religion médiatiquement new-age qu’il me plait allègrement de rejeter, voire même de dénoncer. La france est amie avec la russie, et, ces jeunes personnes n’ont rien à faire en prison.

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