BJ bannieĚre

Les beaux jours, la beauté en souvenir

Les beaux jours. 

Centre d’activités pour sexagénaires désoeuvrés mais encore bien vaillants. Théâtre, dégustation de vin, poterie, yoga, Photoshop, les plaisirs sont variés. C’est là-bas qu’échoue Caroline, dentiste fraîchement retraitée, portée par le forfait “découverte” qui lui a été offert par ses filles, à la suite de divers coups de la vie qui font qu’il faut bien trouver un moyen de lui changer les idées.

Les beaux jours.

Club de vieux où Caroline, toujours très classe, met les pieds à reculons, avec hésitation malgré son tempérament fougueux, drapée de son indomptable dignité, mais où elle va revenir en sautillant, à cause d’une rencontre pas vraiment prévue au programme du forfait “découverte”…

L’histoire se déroule dans une ville au bord de la mer qui n’est jamais citée, oscillant entre l’anonymat universel d’une plage, la beauté industrielle des activités maritimes, et la modernité des architectures soignées, dont les lignes sont saisies avec finesse.

L’histoire, c’est celle d’une femme de 60 ans au coeur d’un couple où subsistent, après des années, amour, gestes tendres et humour (d’ailleurs, à les voir tourner en dérision leur incompréhension face au branchement de leur nouvelle Freebox, on aimerait bien les rencontrer en sortant de la séance pour pouvoir leur demander leur secret). Une femme de 60 ans chez qui naît, malgré tout, une flamme inattendue, dirigée vers l’extérieur. Vers un homme de plus de 20 ans son cadet.

C’est l’histoire d’un feu qui s’allume et qui brûle, du courage qu’il faut pour s’y lancer, et de tout ce que ça retourne à côté.

Outre le côté ultra sexuel de Fanny Ardant (qui est loin de s’être fanée avec le temps), ainsi que le visage étonnamment bien dessiné de Laurent Lafitte (qu’on ne se lasse pas de regarder, toutes attirances confondues) (pardon, mais il fallait bien le dire), Les beaux jours nous capte par la justesse folle de ses paroles et de ses actes. Par l’humour, la tendresse qu’il porte à ses personnages principaux et secondaires, par l’humanité qu’il dépeint, dans sa vulnérabilité, ses questionnements, à différents âges de la vie, à différents niveaux d’expérience.

Réellement porté par des acteurs entre lesquels on sent l’alchimie, non content de décomplexer la soixantaine avec grâce, il conte son histoire avec adresse. Et, cerise sur le gâteau s’il en fallait une, il inclut dans sa sphère l’homosexualité sans la marginaliser.

En d’autres termes, c’est un film délicieux, qui se déploie avec délicatesse et intelligence, et laisse quelque chose qui s’apparente à de la beauté en souvenir.

Les beaux jours, en salles depuis le 19 juin.
Un film de Marion Vernoux, avec Fanny Ardant, Laurent Lafitte et Patrick Chesnais.

Gail

Leave a Comment

*