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Océane Rose Marie et les femmes.

Mercredi dernier, 20h50, devant la Maison de la Poésie, il y avait des filles en furie : « Ahhhhhh, trop contente d’avoir eu ma place, Clem s’est connectée une minute après moi et c’était complet. Du coup, elle m’a quittée. Tant pis.», des filles en extase : « Depuis le temps que j’attends de la revoir… Je suis l’amour de sa vie mais elle ne le sait pas encore», deux filles un peu lol: « Je crois qu’elle a une meuf, je l’ai vue sur sa page… Oui, on est amies sur Facebook », un journaliste de Libé: « Je n’ai pas le souvenir d’un tel enthousiasme depuis Justin Bieber au Stade de France ». Et pour cause, Océane Rose Marie faisait son come-back parisien avec un nouveau spectacle : Femmes de pouvoir et pouvoirs de femmes. Nous y étions.

Commençons par le commencement : Océane Rose Marie est très énervante. Humoriste, guitariste, chanteuse, chroniqueuse, écrivaine… elle cultive les talents et les casquettes quand nous autres, petites gens du royaume du monolithique, tâtonnons au pire, excellons au mieux dans une seule de ces disciplines à la fois. Du coup, pendant l’heure et demie du spectacle, on se répète par à-coups que dieu/la nature/l’ordre/le désordre (rayez les mentions inutiles) est injuste.

Elle est entrée sans courbettes ni artifices. Puis, elle s’est lancée dans un monologue existentialiste. J’ai zappé l’entrée en matière du spectacle, désolée chère lectrice. A vrai dire, je regardais ses chaussures. Un gris métallique scintillant et audacieux. L’entrée d’une violoncelliste et d’une violoniste sur scène ont arraché mon regard des pompes. Ce sera donc un trio.

Et puis, c’était parti. Pendant plus d’une heure, le public s’est laissé entrainé dans une valse à deux temps : entre Oshen, la chanteuse et Océane Rose Marie, l’humoriste mais surtout la femme. Ce spectacle est une histoire de femmes. Des femmes d’avant, d’aujourd’hui, des femmes qui concilient dans un carnet les caractéristiques de leurs clients pour mieux répondre à leurs attentes sexuelles, des femmes qui s’offusquent d’une ressemblance supposée avec une autre posant nonchalamment dans un magazine, des femmes objets, des femmes qui s’insurgent. L’homme est viril, conquérant, pressé, ambitieux, charismatique. La femme, son antonyme.

Ce spectacle n’a rien d’une guerre des sexes. D’ailleurs, Océane Rose Marie n’a pas l’air de véritablement croire aux sexes. Sinon, à celui qui permet la passion, l’amour. Deux mots qui sont le fil conducteur de « Femmes de pouvoir et pouvoirs de femmes ». De ce spectacle, on garde indéniablement cette impression : à l’écouter chanter et à nous écouter rire, on tombe amoureux de l’amour. Un spectacle à voir, assurément.

Les prochaines dates : www.oceanerosemarie.com

Rania

One Comment

  1. timide says:

    quelle chance vous avez eu de la voir en spectacle !!!

    fera t-elle un jour une tournée en province ?

    cette artiste lesbienne est sûrement comme une icône culturelle …

    même très à la marge de tout le mouvement lesbien parisien dans l’utopie lgbt et même à l’écart du milieu (qui ne veut pas dire hors-milieu) je suis curieuse de découvrir orm dans le film dont vous avez parlé auparavant sur un autre article !

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