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ELLE se penche sur la bisexualité. Ou pas.

ELLE et moi, c’est une grande histoire de désamour. Au point que je suis devenue une lectrice assidue de ce torchon pour en traquer les innombrables conneries sur les LGBT. Dans son numéro publié le 14 juin, le magazine plus féminin du capiton que du cerveau consacre un papier à la bisexualité. Enfin ça, c’est ce que semble indiquer la titraille : « To bi or not to bi ? ». Outre son côté nunuche et attendu, ce titre a déjà été utilisé par ELLE pour un précédent article paru en décembre 2008. #Originalité #toutçatoutça

Dès les premières lignes, on nous parle de « La vie d’Adèle », de Vincent et Bruno mariés à Montpellier, de Beth Ditto… Depuis quand être un gay ou une lesbienne assumé-e revient à être bisexuel-le ? « Partout, l’amour homo éclate au grand jour », explique la journaliste, qui a « voulu être de la fête ». Comprendre : essayer cette mode-tellement-swag-pour-ne-pas-avoir-raté-sa-vie-avant-40-ans. Voici donc « J’ai testé pour vous : essayer de me taper une gouine », made by ELLE. Attention, ça pique les yeux.

Pas de faux procès : cet article est évidemment ironique. Mais est-ce une bonne excuse pour véhiculer un discours sexiste, bourré de clichés sur le milieu lesbien et sur les couples hétéros ? Au moins, tout le monde en prend pour son grade, surtout les bi – au final totalement absents de l’article – est dont la sexualité est réduite à un caprice et à une expérience passagère d’hétéro.

Florilège : essayer avec une fille, c’est donc « rouler un palot à quelqu’un qui ne pique pas » (nous qui sommes si douces) ; « mon époux se déclare partant pour payer de sa personne (…) se proposant même d’assister à l’enquête » (OH BAH OUI TIENS) ; « l’avantage des filles, c’est qu’on parle la même langue » (rire gras) ; « être bi c’est quand même réservé aux filles qui en ont » (rire gras, bis).

Pour trouver une âme charitable qui accepte de la faire passer d’« hétéro-tout-court » à « hétéro-option-lesbienne-mention-bien », la journaliste va chasser dans le Marais. Elle s’installe à une terrasse de café et – miracle ! – « au bout de dix minutes, ça mord. Une femme brune me regarde en douce ». Soit la journaliste de ELLE est le plus grosse bombasse que la Terre ait portée, soit – version plus probable – ça sent le bidonnage. En plus d’être prétentieuse, cette affirmation n’est pas réaliste : entre nous, depuis quand les lesbiennes sont-elles aussi directes ?

Deuxième regard insistant en terrasse : une parent d’élève. Seriously ? Levez la main celles qui y croient. « Je ne peux pas me taper une maman de l’école, c’est trop un truc de mari. » Oui, l’adultère trash, c’est réservé aux hommes. Déterminée à ne pas « jeter l’éponge », la journaliste demande à sa « BFF » (best friend forever) de lui filer « un coup de pouce » en couchant avec elle. Râteau. Les collègues. Râteaux. La directrice de la rédaction de ELLE. Râteau. Pour les besoins de son enquête, la journaliste vise large. « Et puis il suffit d’une », dit-elle. Pour avoir son diplôme de bi ?

 

Marie

4 Comments

  1. Butchy says:

    j adore!!! nice article !!!!!!!

  2. Sarah says:

    Mais au fait, tu as un lien de l’article en question?

    Merci :)

  3. timide says:

    :-)

  4. Sarah says:

    J’arrive bien après la guerre mais je tenais à dire ceci: J’ai ri. Très fort. Qu’on arrête une bonne fois pour toute avec ce si fameux “frisson lesbien”. Vivre de nouvelles expériences sexuelles, je suis tout à fait pour (et plutôt deux fois qu’une) mais par pitié, arrêtons de réduire la bisexualité à une expérience douteuse, une mode ou simplement au caprice d’une pauvre nana qui ne sait pas se décider (combien de fois ai-je entendu cette connerie monstrueuse). Donc merci pour cet article et ELLE, je t’en prie, va bien te faire rôtir le cul.

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