tense

Découverte de la semaine : //Tense//

Car découvrir c’est aussi revenir sur ce que nous avions raté et parce qu’il n’y a pas que Light Asylum qui sache être dark&cool, cette semaine, focus sur //Tense//. Ou comment réussir un son noir et indus sans fard ni paillettes.

“Nous ne traversons pas une époque très joviale, alors autant en parler”, confiait il y a quelques années Robert Lane, leader de //Tense// au cours d’une interview. Originaire de Houston, Texas, Tense ou //Tense//, est une tension dans le désert qui se forme originellement en 2006. Pourquoi ces mystérieux “//” – qui ne facilitent en rien nos googlages et facebookages compulsifs? “Ce sont mes mains qui pressent mon visage en signe de frustration” confie Bobbie à Noise en 2011, presque un an après la sortie du premier EP, Escape.

À l’époque, même si la scène EBM (Electronic Body Music) de Houston commence à (re)faire parler d’elle, l’Europe est encore sceptique, face à ce genre de groupe transgenre à l’esthétique à la fois queer et gothique. Puis, on le sait, avec ce genre de son, la première écoute est souvent décisive. On aime. Ou on aime pas. Et //Tense// dérange à souhait. Comme une crispation, un malaise, une gêne qui vrille entre claustrophobie et aliénation. À la fois maladif et puissant, le son de //Tense// met en lumière le paradoxe humain, sous son visage le plus indus, entre cold wave et EBM synthpop. En bref, //Tense// peut mettre très mal à l’aise. Youpi !

Inspiré de groupes tels que Cabaret Voltaire, Neon Judgement, Soft Cell ou encore Absolute Body Control et Human League, Robert Lane compose une musique parfois cauchemardesque parfois indus light, avec pour objectif de faire danser les gens.

L’impulsion ? “Le projet est né d’une frustration que j’avais. Je savais exactement le son que je voulais entendre, la musique que j’attendais, mais personne ne l’avait jamais expérimentée. Alors j’ai décidé, vers 2006, de faire les choses moi même.” Et il n’est pas le seul. Dans les années 2010, de nombreux groupes naissent d’un même élan : Light Asylum, que l’on connait bien, mais aussi, Gatekeeper, Detachments ou encore White Car, sont de fiers représentants de cette vague de dépressifs électroniques, héritiers de la folie psychédélique des années 80s, noir aux yeux, cuir totem et boots à plateforme.

Suit un EP, Turn It Off, à la pochette queerissime, sur Mishka Records. Impossible alors, entre les boucles de synthé, la voix d’outre-tombe de Lane et les cris de sa petite amie, Mariana Saldana, de ne pas s’imaginer avancer en plein club sadomasochiste, lumière tamisée, chaines, cuir et poitrails saillants, à la manière d’un Al Pacino dans le célèbre La Chasse. L’incrédulité au vestiaire. La curiosité dans le pantalon.

C’est avec sa participation à la compilation Isvolt, avec son track incisif et apocalyptique, Versus Man, et sa tournée en première partie de Nitzer Ebb, que //Tense// se fait vraiment connaître. Un nouvel EP suit, Escape chez Mannequin, puis un LP, Introducing et un premier album, Memory, que Robert Lane signe chez Desire (Modulor). Le dernier EP, Consume, sort dans la foulée. Entre cuir SM et queer que l’on aime, //Tense// est à découvrir et de toute urgence, pour danser sur la crise. Si si !

Adeline

 

 

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