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Mais qui a peur de La chocha?

Attention LA CHOCHA est à Paris.

C’est pour finaliser la post-prod de son prochain film Who’s afraid of Virginia Wolf que notre américaine préférée est de retour à Paris pour quelques semaines.

Elle en profite pour nos offrir ses fameuses Ladies Room, Chez Moune, soirée qui a fait  rêver toute une génération de lesbiennes pendant plus de 15 ans…

Présentation rapide pour celles qui ne connaissent pas Anna Margertita Albelo alias la Chocha(pour son plus grand plaisir).

Tout a presque commencé en 95, lorsqu’elle rencontre Dj Sextoy, dans le bar lesbien de la rue Keller, El Scandalo, tenu par Nicole. Elles décident ensembles de créer des soirées pointues en musique tout en restant accessibles et décalées pour ainsi offrir aux filles du nouveau et un peu d’humour dans les soirées lesbiennes parisiennes. A l’époque le Pulp n’existait pas encore et c’est ainsi que naissent les fameuses Ladies Room, avec la magie dont seule la Chocha connait la recette… Un seul mot nous vient à l’esprit quand on pense à ces soirées: absurde! Ses nombreuses collaborations avec Dana Wyse donnent le ton, avec des slogans tels que «Pour les filles qui aiment les filles et la house music», «Betty Ford Clinic: je suis redevenue gouine!», «Les moules au naturel” sur les flyers.

Pendant tout une époque la Chocha a revolutionné les nuits queer parisiennes avec son caractère hors du commun. Meilleurs souvenirs: les Ladies Room au Dépot, le mercredi soir, avec Pussy Killers aux platines (Jennifer Cardini + Sextoy). Chez Barbi(e)turix nous avons eu la chance de collaborer avec elle pour une Wet For me, et toute l’équipe s’en souvient encore…!

Mais avant d’être “maître de cérémonie”, Anna est avant tout réalisatrice. Courts-métrages absurdes (encore), fausses pubs absurdes (encore) et donc naturellement longs-métrages absurdes. On retiendra aussi son documentaire Brout-minou à Palm Springs, produit par Mlle Agnès pour Canal Plus, une pétite de documentaire sur le fameux Dinah Shore

C’est pendant la préparation de la soirée de jeudi soir que nous l’avons attrapé au vol, heureusement elle n’était pas déguisée en vagin (…)

Présente-nous ton projet Who’a afraid of Vagina Wolf?

WAVW c’est l’histoire d’une femme qui après avoir dédié sa vie à son travail, se retrouve à 40 ans sans copine, sans boulot, et complètement défaite par le bilan de sa vie. Désespérée, elle rencontre une jeune artiste (Janina Gavankar, Papi dans The L Word) qui lui inspire “l’amour”. Elle décide aussitôt de faire un film pour que l’artiste puisse tomber amoureuse d’elle.

Mais l’histoire est beaucoup plus qu’une comédie-romantique. C’est aussi l’histoire du rapport que l’on a avec notre passé et notre avenir, notre métier comme part de notre identité (notre sexualité aussi), notre concept d’amour, d’amitié, de famille, de soi…

Comment le projet a-t-il été accueilli par les producteurs? 

C’est grâce à un scénario très riche, co-écrit avec Michael Urban (du film Saved!) qu’on a réussit à produire le film à une telle échelle. Au départ, j’étais partie pour faire le film en vidéo-petits moyens- comme j’avais fait pour beaucoup de mes films précédents mais les réactions était si positives qu’on a décidé de pousser pour avoir une plus grosse production. De la caméra (Red Epic- utilise par des studios), au casting (Guinevere Turner- The L Word/American Psycho, Carrie Preston- True Blood), aux détails de la déco, les costumes, les coiffures, les maquillages… J’avais rassemblé plus de 30 professionnels qui étaient partants pour faire le meilleur film possible, malgré la taille du budget.

Pourquoi as-tu choisi la France comme terre d’accueil?

Depuis petite, j’adore la culture française. Je ne sais pas comment c’est arrivé mais j’ai su que je vivrai en France un jour. A 23 ans je suis arrivée à Paris avec un sac à dos et j’ai passé 16 ans à m’épanouir ici avec vous!

Ton humour très second degré est un succès ici à Paris, mais est-ce le cas aux USA?

Oui, heureusement! Mais je dis que mon humour est “troisième degré” car je reviens toujours à un coté optimiste. Premier degré= pas de réflexion. 2eme degré= le sarcasme, l’ironie. Le 3eme degré, après être passé par l’ironie/le sarcasme, un retour à un optimisme malgré le fait qu’on sait que rien n’est simple!

 

La France vient d’entériner le mariage homo, comment cela est-il perçu des USA? 

Les manifestations anti-mariage gay ont beaucoup surpris-voir choqué mes ami/es américain/es. Tout le monde  pense que la France est ouverte, progressiste, pays du droit de l’homme, l’avant-garde, etc.… Mais on voit que la France est aussi très conservatrice. J’avoue que j’étais étonnée des manifs- il me semble impensable que des gens ait toujours cette ignorance sur l’amour et la démocratie. Mais j’étais aussi très heureuse des réactions militantes du milieu lgbtq, surtout coté lesbienne avec Gouine Comme un Camion, Oui Oui Oui, et puis vous, Barbi(e)turix, Kill the Dj et Foleffet.. Le militantisme is not dead!

Jeudi, tu organises ta célèbre soirée “Ladies Room” chez Moune. Explique à la jeune génération le concept de ta soirée.

Ladies Room c’est avant tout une fête pour s’amuser, rencontrer des autres, voir des choses qui sortent de l’ordinaire, écouter de la bonne musique, exprimer des cotés excentriques ou artistiques, le tout dans une ambiance “lesbienne”. Comme artiste, j’adore avoir plein des performeurs, des dj’s, des selectors et rassembler le maximum des gens dans la joie et la connerie! Le Pulp avait comme slogan : “pour les filles qui rigolent”. Je fais partie de la génération des lesbiennes qui rigolent.

Un petit mot pour Barbi(e)turix?

J’adore Barbi(e)turix! Depuis votre création, je trouvais excellente le concept du fanzine + soirée + réseau social/cuturel lesbienne. Vous faites tout ce que j’aime! Une programmation artistique exceptionnelle avec des artistes confirmés ainsi que des artistes à découvrir. Un fanzine engagé et beau, qui donne des infos sur les artistes ainsi qu’une réflexion sur la vie lesbienne. Avant vous, l’ambiance était à la concurrence alors on avait tout à gagner à se soutenir. Vous l’avez compris et je vous en suis toujours aussi reconnaissante.

Rag

 

Ladies Room

Jeudi 13 juin Chez Moune

54 rue Pigalle Paris 09

Event facebook ici

Rag

D.A et programmatrice des soirées Wet For Me et Barbi(e)turix, Rag manie les platines aussi bien que les mots. Twitter : @Raagg

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2 Comments

  1. Fan number one says:

    CHOCHA ! Fais nous l’amour avec 2 doigts ! Même 3, ça rentrera !

  2. milk says:

    “Avant vous, l’ambiance était à la concurrence alors on avait tout à gagner à se soutenir”

    right on sister !!

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