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Un Etat d’Australie reconnaît le genre neutre

C’est une première mondiale. L’administration de Nouvelle-Galles du Sud, en Australie, a accordé à Norrie May Welby, la cinquantaine, une pièce d’identité sans mention de sexe « masculin » ou « féminin ». L’aboutissement de plusieurs années de démarches administratives et médicales.

En face de la case « genre », on peut désormais lire « non spécifié ». Cette petite révolution fait suite à la décision de la cour d’appel de la Nouvelle-Galles du Sud, de reconnaître un non-genre à Norrie. Concrètement, c’est l’obligation d’enregistrer un citoyen en tant qu’ « homme » ou « femme » sur les certificats de naissance, principale pièce d’identité en Australie, qui disparaît dans cet Etat.

« Sexe non spécifié »

« Lorsque quelqu’un me demandera ‘êtes-vous un homme ou une femme?’, je pourrai répondre ‘aucun des deux, voici un document qui l’atteste », se réjouit Norrie, qui préfère qu’on l’appelle uniquement par son prénom, dans une interview à la presse britannique. Né-e* de sexe masculin en Ecosse, Norrie émigre en Australie à 7 ans. C’est âgé-e d’une vingtaine d’années qu’il/elle entame sa transition et se fait opérer pour devenir une femme. Refusant de dépendre « des hormones et des implants en plastique » comme il/elle le dit, Norrie arrête son traitement et se définit comme « neutre » ou « androgyne ».

En 2010 déjà, Norrie devient la première personne désignée par l’administration de Nouvelle-Galles du sud par la mention « sexe non spécifié ». Quatre mois plus tard, on lui explique cependant que ce changement n’est pas valable. Norrie saisit alors la cour administrative d’appel, qui lui répond que toute personne doit être enregistrée en fonction de son sexe par l’administration.

« La loi devrait inclure tout le monde »

Ce n’est qu’en s’en remettant à la cour d’appel et au bout de trois ans que Norrie remporte cette victoire : les juges de la cour d’appel se sont accordés à conclure que le mot « sexe » ne renvoyait pas forcément à une binarité homme/femme. « Cette décision est une reconnaissance du fait que tout le monde n’est pas forcément femme ou homme sans ambiguïté », explique Norrie, cité-e par le Sydney Morning Herald. « Si la loi s’applique uniquement à la majorité des gens, ce n’est pas suffisant (…) La loi devrait inclure tout le monde. »

Mais la victoire n’est que partielle car elle ne concerne pour l’instant que l’administration d’un seul Etat australien et non l’administration fédérale ; de plus le changement ne s’applique qu’aux personnes ayant subi une opération chirurgicale pour changer de sexe. Elle ne concerne donc pas par exemple les personnes intersexuées. Depuis 2011, l’Australie autorisait déjà les transgenres et transexuel-le-s à cocher une case « x » sur leur passeport, au lieu des habituels « f » et « m ». Reste à savoir si cette nouvelle mesure s’appliquera au niveau fédéral.

Un reportage de National Geographic dans lequel apparait Norrie (vers la 23e minute) :

 

* Etant donné que le neutre n’a pas de pronom en français, j’ai choisi de mettre à chaque fois les pronoms masculin et féminin.

Charlie

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4 Comments

  1. timide says:

    mouai ! bien tout ceci reste humain, quoiqu’il en soit.

  2. Fabienne Rose says:

    Vous oubliez que le sexe non spécifié pourra peut-être aussi être accordé aux trans : intersexes.

    L’évolution est en route pour enfin reconnaitre qu’il n’y a pas que des trans & intersexes binaires ( homme ou femme) dans notre société, mais aussi des personnes ( indéterminé, non précisé ) ambivalentes ( les deux : femme et homme ) ou neutres ( ni homme, ni femme )..

    Par ailleurs ,aussi en Nouvelle Zélande par une simple déclaration solennelle, sans rectification sur leur acte de naissance, leur sexe identité de genre qu’ils souhaitent faire apparaître sur leur pièce d’identité : sexe M (masculin), F (féminin) ou X (indéterminée / non précisé) officiellement depuis le 30 novembre 2012.

    Egalité des sexes pour toutes les identités trans selon leur identité de genre pour tous sans exception.

    Les antis contre-attaquent déjà, à suivre..

  3. flo says:

    A proprement parler, il faudrait néanmoins écrire “il” au lieu de “il-elle” et ne pas accorder les adjectifs.En effet, si on s’en réfère à l’académie française, “il” et “elle” se réfèrent respectivement aux genre marqué et non-marqué, et non au masculin ou féminin. Un pronom ne préjuge donc pas du genre de la personne, ainsi “une” otarie peut être un mâle, et “un” animal peut être une femelle. (http://www.academie-francaise.fr/la-langue-francaise/questions-de-langue#38_strong-em-fminisation-des-noms-de-mtier-de-titres-etc-em-strong)

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