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Transsexuel je te vois. Transgenre, je ne te connais pas.

Alors que la transsexualité n’est plus considérée comme une pathologie mentale en France depuis le 8 février 2010, les parcours médicaux et juridiques de ceux qui souhaitent changer de genre restent toujours infernaux mais surtout invisibles.

« En attendant, la prise en charge est au point mort, peut-être pour longtemps encore. Les trans sont toujours dans ce flou, cet espèce de «no man’s land» » explique à Libération en 2011, Axel Léotard, transsexuel F to M (Female to Male NDLR) .

L’auteur de Mauvais Genre, publié en 2009 chez Hugo&Cie, raconte son parcours du combattant pour devenir un homme et évoque les «belles promesses» de Roselyne Bachelot lors du retrait en 2010 de la transsexualité des Affections Longue Durée (ALD) psychiatriques pour migrer vers la liste des ALD non spécifiques. Ceux qui souhaitaient changer de sexe ne seraient désormais plus soumis à une batterie de consultations psychiatriques.

Or, afin d’obtenir un remboursement des frais médicaux liés au changement de genre, il est nécessaire d’obtenir au préalable l’aval d’un psychiatre. Le serpent se mord la queue et ce qui devait être une révolution (la France a été le premier pays à légiférer ainsi) ne fut qu’une minuscule révolte qui n’a en rien changé le quotidien des trans.

Dans ce terme de «trans », sont comprises deux catégories ( que je n’aurais pas l’audace de nommer sous-catégorie, ces personnes étant déjà perçues comme sous-citoyens). Evidemment, les choses ne sont pas si simples mais l’on peut distinguer les transgenres qui sont des personnes sous traitement hormonal (du sexe opposé à celui auquel elles sont assignées) sans pourtant vouloir se faire réassigner, c’est-à-dire, subir une opération des organes génitaux (qui entraîne notamment une stérilisation). Puis, il y a les transsexuels qui eux, ont entièrement modifié leur corps afin d’être au plus proche du genre opposé. Juridiquement, seuls ces derniers sont autorisés à effectuer un changement d’état civil après de nouvelles expertises médicales et psychiatriques.

Avant la vote de la loi sur le mariage pour tous, au sein d’un couple marié, ces remaniements n’étaient effectifs qu’à la condition du divorce, puisque deux personnes du même sexe ne pouvait être unies. Si elles désiraient le rester, le(la) transsexuel(le) devait conserver son identité originelle. Absurde, dites-vous ? Désormais, alors que le mariage pour tous a été voté et validé, un(e) transsexuel(le) peut légalement changer d’état civil et rester marié à l’être aimé, homme ou femme !

Par contre, les transgenres ne sont donc absolument pas pris en compte et conservent leur identité de naissance, celle que leur ont donné leurs parents ou tuteurs. Ces hommes et femmes se retrouvent dans un flou juridique, administratif et social abracadabrantesque ! Et ces conditions n’ont pas bougé depuis 1992, lorsque les transsexuels purent changer leur état civil après une plainte déposée par une transsexuelle française auprès de la Cour Européenne des Droit de l’Homme.

Axel Léotard souligne que « l’autre problème en France est le manque de chiffres concernant la transsexualité. [...] Quand un transsexuel se fait agresser, sa plainte ne le répertorie par comme un transsexuel mais comme une femme ou un homme. Vous voyez comme c’est compliqué… » Compliqué, soit, mais nos législateurs censés être diplômés de prestigieuses écoles devraient être à même de s’y pencher.

ANGIE

© Photo: Chill 0.

 

Angie

Caution bisexuelle de BBX, Angie écrit sur le cinéma et les arts. Mais en vrai, elle aime surtout les paillettes et les sequins dorés. Twitter : @angelinaguiboud

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8 Comments

  1. I. says:

    Barbieturix peut modérer les commentaires de ce style svp ?

  2. Lubna says:

    et zou dans la corbeille !

  3. I. says:

    merci de réagir vite :-)

  4. Angie says:

    En réponse au commentaire Facebook suivant : “Salut, j’ail u votre article, et ça serait bien de modérer les commentaires… le seul qu’il y a est en mode “on s’en fout ça concerne les autres et de toutes façons en dernière instance c’est des malades”. ça fait pas plaisir de lire le matin en se levant. merci (et pour le corps de l’article merci de noter que tou-tes les transgenres ne sont pas sous traitement hormonal, certain-es n’en veulent pas ou en prennent le temps qu’il faut pour les changements et arrêtent)”

    Les commentaires ont été modérés. En ce qui concerne, la prise ou non d’hormones pour les transgenres, il s’agit juste de la différence juridique qui existe entre transgenre et transsexuel(le) et bien sûr, comme nous le savons, les textes n’obéissent pas à la loi du cas par cas.

    Bonne journée !

  5. timide says:

    qu’est-ce que c’est compliqué tout ça ! à priori obscur de mon côté.

  6. Hal Haynes says:

    consacre une dérogation qui pourra être accordée par le Procureur de la République pour « motifs graves ». Il s’agit en général de l’état de grossesse de la mineure mais les circonstances sont laissées à l’appréciation souveraine du Procureur.

  7. L’appellation habituelle pour désigner une personne transsexuelle est celle qui a une identité de genre à l’opposé de son sexe de naissance, mais pas forcément, elle peut-être ambivalente ou neutre. Ainsi, le terme « femme transsexuelle » peut désigner une personne de sexe masculin qui se sent du genre féminin ; de même, un « homme transsexuel » se sent homme bien qu’étant de sexe féminin.

  8. Il existe actuellement des familles homoparentales, c’est-à-dire des familles qui réunissent un parent ou un couple de parents dont l’orientation homosexuelle est clairement reconnue et un ou plusieurs enfants légalement liés à l’un des parents au moins. Mais au sein de ces familles, le second parent n’a, la plupart du temps, pas d’existence légale. Le mariage peut être une réponse à cette insécurité juridique.

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