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La Nuit Trans de Canal +

Récemment, nous nous étions offusquées de ce tweet, ô combien mémorable et distingué de Canal + Cinéma envers le fraichement palmérisé La vie d’Adèle. Et pourtant, dans la nuit du 4 au 5 juin, Canal + livrera une programmation très Queer lors de La nuit Trans, avec la diffusion – entres autres – de deux films, deux courts métrages et d’une série. Une bonne soirée en perspective.

Bambi, 22h35

 

Il y a quelques semaines, on vous parlait du nouveau (et très attendu) documentaire de Sébastien Lifshitz (Les Invisibles, Wild Side), Bambi. Le film raconte l’histoire d’autrefois Jean-Pierre, qui après son départ d’Alger devient ce  il avait toujours été, une femme. Jean-Pierre devient donc Marie-Pierre et surtout, Bambi, LA figure travestie du Paris nocturne des années 50. C’est beau, c’est émouvant et ce sera l’une des uniques diffusions (hors festivals). Alors, on en profite.

Laurence Anyways, 23h35

 


Est-il encore utile de présenter Laurence Anyways, troisième film du jeune prodige Xavier Dolan ? Xavier Dolan qui, après J’ai tué ma mère et le non-moins connu Les amours imaginaires revient avec un film de près de 3h30 (quand on aime, il faut croire qu’on ne compte pas) et qui retrace avec une esthétique léchée le parcours de Laurence (Melvil Poupaud), jeune prof à la trentaine bien tapée qui décide après mûre réflexion de s’affirmer en adoptant l’apparence d’une femme. Un choix qui mettra en jeu sa relation avec sa fiancée, Fred, incarnée par l’excellente Suzanne Clément. Donc, pour celles et ceux qui n’auraient pas eu la chance et surtout l’occasion de voir Laurence Anyways et bien voilà, vous l’avez ! Pour les autres, une piqûre de rappel ne fait jamais de mal.

I am a girl (Susan Koenen) // Z Chromozome (Manfred T. Mugler), 2h15

 

Pour celles qui n’en auraient pas eu assez, vous pourrez retrouver deux excellents courts-métrages, totalement différents, mais qui (pour les avoir vus) valent le coup d’œil. Le premier, I am a girl est visionnable sur le lien ci-dessus et raconte l’histoire de Joppe, transsexuell,e dont les soucis sont ceux de n’importe quelle gamine de 13 ans : quelles fringues porter ? Comment avouer mes sentiments à Bart malgré ce que je suis ? Le tout sous le regard bienveillant de ses parents et amies.

 
Z Chromozome, toujours sous la thématique du travestissement et du cabaret, dresse le portrait de la diva The Goddess alias Joey Arias qui décida de combiner l’homme biologique et la femme qui vit en lui pour construire une personnalité sous le signe du Z. Fatiguée de son parcours artistique et de son personnage de diva, The Goddess se remet alors en question.

Hit&Miss, 2h40

 

Vous êtes insatiables et insomniaques ? Alors il ne vous restera plus qu’à vous caler devant la série Hit&Miss, dont nous avions également fait les éloges il y a quelques mois. Passez la nuit en compagnie de Chloé Sévigny incarnant Mia, devenue une terrible tueuse à gages transsexuelle (male to female) dans le but de se payer son opération et qui se retrouve du jour au lendemain maman de l’enfant de son ex-compagne, Wendy, décédée d’un cancer quelques mois plus tôt. Seulement, la petite famille ne se compose pas uniquement de l’enfant de Mia, mais de trois autres, dont deux adolescent(e)s en pleine crise existentielle et d’une petite gamine à qui on souhaiterait de ne jamais grandir. Le tout filmé en pleine campagne irlandaise, à grands coups de Guinness, de pilules hormonales et de balles dans le citron.

 

An Si

 

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One Comment

  1. Artemisia.g says:

    J’ai vu tout Hit&Miss et franchement j’ai trouvé que cette série alignait pleins de poncifs transphobes. Déjà, ça me fait chier que le personnage principal soit joué par Sévigny, qui est plus acceptable qu’une actrice trans parce que plus “lisse”. et puis beaucoup de clichés transphobes notamment dans la relation de Mia (Sévigny) avec son fils: lorsque celui-ci s’habille un soir en fille, ce geste anodin provoque le choc autour de lui et Mia lui assure qu’il deviendra un homme, un vrai. Elle l’éduque en ce sens, et le moment où le petit l’appelle enfin papa est censé être une grande séquence émotion… Moi ça m’emmerde vraiment qu’on en soit encore rendus à ces stéréotypes. Encore une série qui ne fait que conforter le bon hétérosexuel moyen dans sa vision limitée de la vie et de ses possibles…

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