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La découverte de la semaine : Blue Hawaii

Blue Hawaii, c’est comme un paradis déchu mis en musique. L’image d’un rêve perçu à travers le prisme un peu rayé de deux jeunes élevés à coups de new et cold wave, tiraillés entre fantasmes et désillusions. Blue Hawaii, ce n’est pas le rêve d’un clip vidéo, ni celui d’un film, c’est un rêve humain, perturbé, à la fois extatique et profondément mélancolique.

 

Dernière trouvaille d’Arbutus Records, Blue Hawaii, alias Raphaelle Standell-Preston et Alexander Cowan, n’ont pas composé leur dream-pop électronique et primaire sur une plage d’Hawaï, non, mais à Montréal, sans doute entre un chien chaud et un bonhomme de neige grisaillant. Elle, on la connaît déjà un peu pour le micro qu’elle tient dans BRAIDS. Lui, est producteur. Il se rencontrent à l’entrée d’un concert. De coup de foudre personnel -oui oui ils sont amoureux- à coup de foudre professionnel, il n’y a souvent qu’un pas, on le sait. Un premier single sort en 2010, Blue Gowns. Sorte de pop tropicale enivrante, Blue Gowns , puis plus tard Dream Electrixra, intriguent les médias, qui voient déjà en Blooming Summer, leur premier album, composé après des mois de pérégrinations en Amérique centrale, la promesse de pépites à venir.

Puis, plus rien. Pas loin de deux ans et demi passent avant que ne sorte Untogether, nouvel EP qui voit le jour en octobre 2012. Deux morceaux, In Two et In Two II, qui ne forment qu’un pour le plus grand plaisir des oreilles, car pour s’endormir comme pour se réveiller, on frôle la perfection. Il y a dans cet opus une énergie latente engendrée par un beat froid parfaitement posé sur une bande chaude. Et après les Beach House, Still Corners, Grimes et autres, c’est un peu ce qu’il pouvait arriver de mieux à l’électro dream pop canadienne – ou pop du futur ?

Mais ne les affublons pas d’un nom barbare car loin de s’enfermer dans un seul genre musical, Blue Hawaii est un voyage, qui pousse parfois vers des sonorités de cold minimale. L’album, Untogether également, sorti il y a tout juste quelques mois, se charge d’agrémenter l’EP avec perfection. Sur scène, alors qu’ils font la première partie du tour 2013 des compatriotes de Purity Ring, leur musique évolue vers une prestation intense, quasi ritualisée. Qu’on se le dise, les artistes qui, plutôt que de presser un bouton, recréent leur musique sur scène, se font rares. C’est pourquoi nous avons voulu vous parler d’eux. Grimes a réussi quelque chose de précieux. Faire de la musique électronique quelque chose d’à la fois doux, primaire et ritualisé. Et la relève est là, jeune, fraîche et encore bien vibrante, pour continuer de purifier et d’illustrer les plus beaux de nos rêves.


Adeline

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