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Mommy is coming : le (presque) porno du mois de mai

Ça n’aura échappé à personne, commencer la journée avec la certitude qu’on va se faire pisser dessus en continu est quelque chose d’excessivement énervant. Pas besoin d’en faire un dessin. Cause à effet météorologique, la populace peste en tirant une tronche de 3 mètres de long et vous pousse du coude sans s’excuser. Cerise sur le milkshake, votre meuf passe plus de temps à ronchonner qu’à vous câliner et, fin de mois oblige, vous êtes à priori dans le rouge niveau thunes. En gros, ça ne marche pas fort mais heureusement, Barbi(e)turix a la solution.

Le film de Cheryl Dunye, Mommy is coming, DOIT (on insiste) être vu. Car si l’on peut encore et toujours se désoler de l’état du porno lesbien, notamment en France, alors exportons-nous en Allemagne. Direction Berlin, la Mecque de la culture underground des Sex-Clubs et autres joyeusetés bondages.

A l’instar de pleins de couples, Dylan (une jeune berlinoise capricieuse et peroxydée) s’ennuie dans sa relation monogame avec Claudia, qui contrairement à elle, se verrait bien avec un labrador, deux enfants et une maison à la campagne. Claudia est amoureuse. Le genre de sentiment qui fait frémir Dylan.

Même si tout semble opposer nos deux protagonistes, autant par leur apparence (Dylan est aussi fem que Claudia est butch), que par leur vision du couple (les deux femmes partagent une sexualité libertine, qui d’après Dylan est « plus que satisfaisante même si ça ne peut pas être bien à chaque fois »), les deux lesbiennes partagent une même envie : faire du sexe.

Claudia et Dylan souhaitent tout tester et le feront (séparément). D’abord dans ce qui semble être LE club bondage de Berlin où Claudia deviendra alors Claude et goûtera aux joies de la soumission, du fist et du latex. Ô joie, on peut apercevoir aux platines Ena Lind, invitée de la dernière Wet for me. La french touch du film, c’est la sex worker Judy Minx, dans le rôle d’une des deux maîtresses de Dylan. Ô joie bis.

S’ajoute à cette expérience mouillée et nocturne, la présence de la mère de Dylan, (l’ultra-connue Maggie Tapert), copie capillaire conforme de sa fille (à moins que ce ne soit l’inverse) qui décide en bonne mère qu’elle est, de rejoindre sa fille à Berlin le temps d’un week-end afin d’être au fait de la vie de celle-ci. Une vie et une sexualité qui sont bien loin de ce qu’elle peut imaginer, car comme bon nombre de mères, celle-ci attend impatiemment que sa fille lui présente LE gendre qui lui fournira une flopée de petits-enfants. Maman, si tu savais…

Mommy is coming n’est pas à proprement parler un porno pur et dur, même si (ceci n’est pas un spoiler) le film commence au bout de 30 secondes par une scène vaginalement agitée (en plans explicites) où les deux personnages féminins Dylan (Lil Harlow) et Claudia (Papí Coxxx) sont en plein jeu de rôles à l’arrière d’un taxi. Le ton du film est donné.

On peut classer Mommy is coming – comme le fait si bien Allociné – dans les catégories romance, comédie et bien sûr porn. Qui dit romance ne dit pas nécessairement nanar sentimental. Mommy est un film qui ne se prend pas au sérieux et qui joue totalement avec les codes du cinéma. Le tout sur un ton décalé, bien entendu. Claude/Claudia, qui arbore une fausse moustache la moitié du film, joue allégrement avec la confusion des genres. Même auprès de sa belle-mère, séduite par hasard et qui sera la cause d’une ribambelle de quiproquos tous aussi drôles les uns que les autres. On va laisser planer le mystère mais lorsque l’on dit que Cheryl Dunye brise tous les tabous dans son film, on dit bien TOUS. Surtout dans la relation mère-fille… 

Mommy is coming est donc le film que l’on peut se procurer pour les pluvieuses et fraiches soirées d’été qui s’annoncent.

On aura au moins une alternative à ce que mère nature nous fait endurer et juste pour ça, on s’en régale.

 

 

Sortie le 12 Novembre 2012, 14€99.

 

An Si

 

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2 Comments

  1. timide says:

    moui, j’ai bien envie de voir ce film. :-)

  2. Rzyna says:

    Je n’ai pas vu le film, mais ce que l’on nomme la levée du “tabou” concernant la relation mère-fille me questionne…On évite le mot le qualificatif “incestuel” ? voir “incestueux” ?

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