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Polissons et galipettes : 12 courts-métrages érotiques

La semaine dernière, nous partions à la découverte de la poésie érotique sous les traits de Jimmy Beaulieu. Cette semaine, je vous invite à découvrir l’art érotique et pornographique d’une autre époque et dans un format différent, puisqu’il s’agit de cinéma. Mais d’un cinéma bien particulier. Je vous propose ainsi de découvrir des courts métrages pornos datant du début du 20e siècle. Des films tournés en super 8, en noir et blanc et muets !

Polissons et galipettes est un film français sorti en 2002 et diffusé à Cannes. Il s’agit un montage de douze courts métrages pornographiques anonymes qui étaient diffusés à l’époque, dans les salles d’attente des bordels français. Compilés par Michel Reilhac, le film désormais édité en DVD par Sonia Rykiel et distribué chez Dollhouse dans un petit écrin noir…

Reflets d’une époque ou de fantasmes et pratiques sexuelles, que nous disent-ils sur l’évolution de l’art érotique ou de la représentation des pratiques sexuelles ? Beaucoup de choses.

Authenticité, maladresse des gestes, pratiques diverses et humour, voilà ce qui caractérise à mon avis le plus ces courts métrages.

Les entretiens qui accompagnent les courts nous permettent de nous éclairer un peu plus sur la représentation de l’art pornographique à cette époque. Dans ces films, le sexe n’a pas de sexe. Tout le monde couche avec tout le monde. Des hommes avec des hommes, des femmes avec des femmes et des hommes avec des femmes. L’homosexualité et l’hétérosexualité n’existent pas vraiment, tout n’est que sexualité, tout semble naturel. Les personnages changent de positions autant de fois que de personnes, ils sont maladroits, filmés en gros plans, subjectifs, sans tabou. C’est authentique, ça semble plus vrai, mais aussi plus drôle.

Est-ce le recul sur cette époque qui nous amène à prendre une distance avec ces courts métrages, ou la manière de filmer, une manière de filmer qui ne se prend pas au sérieux ?

Est-ce que cet aspect satirique des films pornos était ressenti à l’époque lorsque qu’il étaient diffusés dans les salles d’attente des bordels, ou est-ce nous qui avec le recul que nous avons, et notre regard sur la représentation de la sexualité d’aujourd’hui et d’hier qui nous pousse justement à parfois sourire ?

De plus, et à la différence des films pornos mainstream d’aujourd’hui, le plaisir sexuel des femmes est une plus grande préoccupation. De nos jours, dans un grand nombre de films, la finalité d’un rapport sexuel dans un film porno est la jouissance de l’homme.Tandis qu’ici, tout est dérisoire et ludique. Cela fait parti du jeu de la vie. Rien n’est vraiment sérieux.

Le bonus du DVD qui comprend deux entretiens nous amène d’autres réflexions sur l’art érotique : Pourquoi aime t-on l’érotisme ? Pourquoi est-ce une chose qui rassemble le plus grand nombre de personnes ? Quelle question pose la représentation de nos pratiques sexuelles ?

Un critique cinéma estime que, pour lui, le désir de reproduire l’acte d’amour a un lien intrinsèque avec la peur de la mort : on profite de la joie érotique pour échapper à l’inéluctabilité de la mort. L’érotisme et la pornographie amèneraient à une véritable réflexion métaphysique et existentielle. Nos origines, d’où l’on vient et où on va.

Et j’achéverai cet article par une phrase d’Oscar Wilde qui a dit un jour « La pornographie, c’est l’érotisme des autres ».

Sarah

Sarah

Sarah ne parle plus trop de cul ni d'amour d'ailleurs mais ses passions demeurent : féminisme, antispécisme, santé mentale et gingembre.

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3 Comments

  1. tamtam says:

    Sarah aurait bien aimé vivre a cette époque?

  2. Sarah says:

    Pas forcément, non.

    en fait, pas du tout.

  3. timide says:

    par sonia rykiel ! rien que ça ! merci sarah, j’ai bien envie de voir ce dvd.

    à priori, les questions dans le bonus sont toujours un peu d’actualité, elles ne se démodent pas vu qu’elles ramènent la réflexion à la sagesse par voie anthropologique. c’est vivant.

    la pornographie comme pont de réflexion. pourquoi pas. (ça nous changera du répugnant et honteux one night stand pseudo féministe, pseudo burlesque et particulièrement grotesque qui règne depuis des années sur le mot audiovisuel “lesbien”.) #çac’estdit

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