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Only God forgives, Œdipe, du sang et des putes.

Lors de sa projection cannoise, le très attendu nouveau film du danois Nicolas Winding Refn, Only God forgives, n’a visiblement pas subjugué la plèbe. En partie du moins, car la moitié de la salle a exprimé son mécontentement à travers des hués et des sifflements, l’autre moitié s’est quant à elle tout simplement contentée d’applaudir poliment. Charmante ambiance.

Après Drive (prix de la mise en scène à Cannes deux ans auparavant), qui avait fait frétiller la conscience et les hormones d’une masse considérable de spectateurs et spectatrices, notamment avec l’adéquation de la fameuse musique de Kavinsky, du kistchissime blouson à scorpion doré et de l’échange (violemment) buccal entre Carey Mulligan et Ryan Gosling dans l’ascenseur, vous étiez ravies.

Eh bien, pour Only God Forgive vous allez considérablement pouvoir ranger vos hormones de midinettes dans la poche et goûter à une sacrée dose d’ultra-violence, sur-esthétisée et dont les dialogues ne risquent pas de vous coller la migraine. 
Le talent de Nicolas Winding Refn est simpliste mais extrêmement efficace. Filmer la violence la plus crue avec un réel talent photographique. Ici, le quidam thaïlandais local se fait torturer, trancher des membres, transpercer de toute part par un flic (Vithaya Pansringarm) amateur de karaoké et dont la conscience morale est aussi bien taillée que le costume de ce cher Ryan (Gosling)/Julian qui continue d’errer de films en films avec cette nonchalance à la James Dean, quoi qu’en plus silencieux, car pour celles qui ne l’aurait pas encore compris, Ryan est un rebelle, mais à l’intérieur.


L’intrigue est celle d’un polar lambda, venger la mort d’un dealer local, Billy, accusé du meurtre et du viol d’une gamine de 14 ans. Battu à mort par le père de celle-ci et sous les ordres dudit flic, un engrenage mortel se mettra alors en place afin de donner une leçon à celui qui initialement voulait donner une leçon. Conceptuel, n’est-ce pas ?

Se rajoute à cela la terrible mère de feu Billy et de Julian, incarnée ici par Kristin Scott-Thomas. Elle campe une mère froide, distante, sexuelle et sans pitié qui s’occupe de traquer les assassins de son fils puisque Julian (Ryan Gosling) rechigne légèrement à laver l’honneur de son frère. Venger Billy et ne pas contrarier sa mère, Julian s’y résigne donc, au début du moins, jusqu’à l’affrontement avec le flic. 
«  Si ton frère a tué et violé cette fille, c’est qu’il avait ses raisons » lance le plus simplement du monde le personnage de Kristin Scott-Thomas.

Only God Forgive, c’est une vendetta familiale – un peu comme si l’on vous saupoudrait une coupure avec des épices – très peu de dialogues et beaucoup d’effusions de sang dans une ambiance à la fois moite et dérangeante. On peut comprendre que le film déplaise, si vous êtes dotée d’une âme un peu trop sensible et que la vue intérieure d’un cadavre, de jeunes prostituées ou de combats à mains nues en pleine Thaïlande ne vous procurent pas plus d’effets que ça. Vous survivrez en pestant à la fin de la séance que la violence dans la réalité, on en a à revendre même si Ryan et sa fille de joie thaï (Yaya Ying) sont quand même canons et que le film est esthétiquement une petite merveille. Une violence sublimée par Nicolas Winding Refn.

 

An Si

 

 

3 Comments

  1. timide says:

    merci an si. j’irais sûrement voir OGF juste après la déprim’ envisageable “grâce” à mon ami a.kechiche !

    puisque OFG nous est présenté comme ultra-violent, j’ai envie de vous parler de “comment être trop cool”, qui, accessoirement, est un guide des attitudes tendances (éditions hugo & co) réf, #LGJ mai 2013 :

    après avoir vu ce film, vous aurez sûrement toutes besoin de savoir comment sortir indemne d’une bagarre, voici un script (plus ou moins crédible) mais facile à retenir :

    éviter le conflit si possible (en levant et en présentant la paumes des mains par exemple)
    sinon, essayez d’avoir l’air fou (donc là, il faut faire des grands gestes et des postures déstructurées)
    ensuite, faites quelque chose d’inattendu (comme un grand mouvement avec votre bras si vous êtes dans un bar par exemple)
    attrapez un verre et une chaise notamment de manière théâtrale-outrée (l’autre se met en position de recul)
    hurlez le plus fort possible (donc la bouche ouverte avec une sorte de grand aaaaaahhhaaaa ! votre adversaire doit pouvoir voir la luette)
    jetez le contenu d’un verre sur votre adversaire (de la bière conviendrait très bien, l’odeur est plus forte que la limonade par exemple)
    puis menacez le avec la chaise (en brandissant le tabouret de bar au dessus de la tête de votre adversaire avec regard théâtralement menaçant par exemple ou même en montrant les dents à travers une crispation de bouche)
    enfin, partez en courant, (vous avez jeté le tabouret à terre, votre adversaire est en train de se frotter les yeux aveuglés par la précédente bière)

  2. hors-sujet says:

    j’ai quand même préférer “Les bisounours 2″ ;)

  3. Eva says:

    Est ce que vous savez où je pourrais choper des places pour “La vie d’Adèle” apparemment au Gaumont c’est complet, je suis prête à y mettre le prix pour deux places s’il vous plait contactez moi si vous pouvez m’aider.
    Merci,
    Eva

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