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Crème putassière #2 : sick sad Cannes

La crème putassière c’est quoi ? L’argent, le buzz et le cul de la crémière. Barbi(e)turix décrypte pour vous l’actualité brûlante de la semaine.

« À Cannes, les femmes montrent leurs bobines, les hommes leurs films » Signé(e) La Barbe.

Cannes 2013. 19 films en compétition officielle. 18 réalisateurs masculins. 1 femme. « C’est mieux que l’année dernière, il n’y en avait aucune ! » Mais absolument ! Bravo ! Réjouissons-nous d’avoir une femme tous les dix ans pour promouvoir une parité. Cette année, il n’y aura donc qu’une femme, Valéria Bruni-Tedeschi, qui présentait Un château en Italie en compétition officielle. Mais figurez-vous qu’elle n’est pas l’unique festivalière à montrer sa bobine. 6 autres réalisatrices présenteront leurs films dans la catégorie Un certain regard, une multitude d’actrices telles Kristin Scott-Thomas, Carey Mulligan, Bérénice Béjo, Nicole Kidman, Chiara Mastroianni et une flopée d’égéries L’Oréal s’essuieront les pieds sur le tapis rouge. C’est pas si terrible. Quoique ? Non, après mûre réflexion, c’est que dalle, on est d’accord.

Et ça te fait rire ?

Ça n’aura échappé à personne : ces dernières semaines Angie Jolie n’avait plus de seins. Enfin, don’t worry, elle en aura d’autres bien sûr, ablation signifiant reconstruction dans le meilleur des cas. Triste histoire même si à l’échelle mondiale, c’est sûr, il y a toujours plus grave. Christine (Boutin) que l’on ne présente plus –vu qu’elle fait un peu partie de la famille maintenant (la vieille tante catho aigrie et à l’humour gênant du bout de la table) – s’est fendue d’un tweet mémorable en bitchant Angie à plusieurs reprises. Le premier :

Suivie d’un autre : « ”La médecine serait-elle réservée à ceux qui ont de l’argent ? N’oublions pas que cette opération coûte cher. Nous pouvons y voir une consécration de la société des riches”. Qui se dévoue pour lui taper sur la main et lui confisquer son portable une bonne fois pour toute ? Mais attention, sans trop la brusquer, la vieille dame est propice aux malaises…

Christine Boutin aperçue sur Twitter

Abercrombie et fichtre !

Mais qu’est-ce qui a bien pu passer par la tête du patron de la “très distinguée” marque Abercrombie et Fitch ? Bah la même chose que dans celle de tous les gens de la mode non? Penser qu’être gros, c’est moche. En annonçant publiquement qu’il retirait les vêtements femme au dessus de la taille 38, Mike Jeffries, le PDG de la marque, s’est attiré les foudres de la presse et des internautes qui appellent au boycott. Cela fait un moment que la marque s’octroit une publicité pas vraiment reluisante. Entre les conditions de travail de ses salariés (les hommes travaillent torse nu, les magasins sont aspergés de parfum d’ambiance causant allergies et asthme, les vendeurs choisis pour leur plastique et classés selon leur beauté -les plus laids sont envoyés aux étages supérieurs-), la polémique des vêtements gâchés (les vêtements abimés sont incinérés) et ce dernier scandale sur les taille, Abercrombie pourrait bien voir son image ternie définitivement.

A Denver, Greg Karber a eu l’idée de boycott la plus brillante qui soit : Inviter les gens à faire don de leurs vêtements Abercrombie & Fitch aux SDF. On imagine bien la tête de Jeffries en voyant tous les sans-abris porter ses fringues…

Ozon et les femmes

Retour à Cannes avec François Ozon qui, depuis qu’il a réalisé un film sur la prostitution volontaire, pense avoir percer tous les mystères de l’autre sexe. Dans une interview donnée au Hollywood Reporter, ce dernier nous asséne une sentence qui aura le mérite de rétablir ENFIN la vérité sur la sexualité féminine. Bravo François. Tu viens de rejoindre les limbes de la clairvoyance où tu retrouveras sans doute Aldo Naouri, le psychologue star du magazine ELLE.

“Je pense que les femmes peuvent facilement s’identifier à cette fille car c’est un fantasme de beaucoup de femmes de se prostituer. Ça ne veut pas dire qu’elles le font, mais le fait d’être payé pour coucher est quelque chose qui fait partie de la sexualité féminine (…) être un objet dans la sexualité est quelque chose d’évident, le fait d’être désiré, utilisé. Il y a une forme de passivité que les femmes recherchent.”

Prostituée, c’est trop swag

En plus de n’avoir strictement aucune légitimité à parler au nom des femmes, le réalisateur nous fait le plaisir de nous ressortir le bon vieux cliché bien sexiste, bien retrograde de la femme vénale par essence. Bah oui, nous, à part les diamants et les billets verts, y’a pas grand chose qui nous excite. À la journaliste qui lui demande comment il est parvenu à cette conclusion emplie de sagesse, il répond :

“C’est la réalité. Vous parlez avec beaucoup de femmes, vous parlez avec des psys, tout le monde sait ça. Enfin, peut-être pas les Américains !”

Une copain de Naouri, on vous l’avait dit ! Vous n’êtes pas encore convaincue que le cinéma d’auteur français est un fantasme réactionnaire ? Lisez cette interview de Geneviève Sellier, historienne du cinéma.

La vie d’Adèle

Bon, on y est. On en sait un peu plus sur LE film lesbien le plus attendu de l’année, adapté de la BD préférée des gouines, Le bleu est une couleur chaude. Ovationné par les spectateurs, porté aux nues par les critiques, le film pourrait bien avoir tapé dans l’oeil du jury. Nous, on prie tous les soirs pour que le film obtienne la palme, ça ferait le plus grand bien à la visibilité lesbienne (mais pas forcement à l’égo de Léa Seydoux). Il faudra attendre juqu’au 9 octobre pour voir les deux actrices principales, Léa Seydoux donc (qu’on a plus besoin de présenter) et Adèle Exarchopoulos (qui risque de bien faire parler d’elle dans un futur proche) se faire des papouilles dans “la plus belle et audacieuse scène d’amour charnel de toute l’histoire du cinéma” selon Serge Kaganski des Inrocks. Rien que ça. On patiente tout en se lamentant de ne pas avoir pu aller à Cannes en regardant ces deux extraits :

On nous chuchote dans l’oreillette qu’une avant-première aura lieu samedi 25 au Gaumont Opéra. Tachez de réserver vos places (s’il en reste) ICI.
Lubna / An Si

Lubna

Grande rêveuse devant l'éternel, Lubna aime les livres, les jeux de mots et les nichoirs en forme de ponts. Elle écrit sur l'art, avec un petit a : bd, illustration, photo, peinture sur soie. Twitter : @Lubna_Lubitsch

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One Comment

  1. timide says:

    +1 le gif.

    #nounouestblanchi! #c’estpaslui!

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