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Baz Lurhmann, le magnifique.

Aimer Baz Luhrmann (Roméo + Juliet, Moulin Rouge) et le clamer haut et fort c’est prendre le risque de se faire insulter d’amateur de cinéma au rabais par les extrémistes de la pellicule, de paraitre dénuée de tout ce qui s’apparente au bon goût, en bref, d’être accusé de faire partie de la masse friande de blockbusters hollywoodiens.

On prend le risque. Même si, soit dit en passant, il faut quand même une sacré dose de mauvaise volonté pour affirmer qu’Iron Man 3 et The Great Gatsby boxent dans la même catégorie. Et ce n’est pas la publicité monstrueuse dont a bénéficié The Great Gatsby ces derniers temps qui pourrait balayer cette idée reçue. Ni le fait que le film soit en 3D d’ailleurs.

Alors pour faire plaisir à celles qui détesteront le film avant de l’avoir vu : oui, Gatsby est un concentré de TROP. Trop de vitesse, trop de couleurs, trop d’alcools, trop de sentiments sublimés, superficiels. Et la 3D au bout d’un moment, ça donne la gerbe. Oui, MAIS. 
Gatsby, c’est avant tout un des nombreux chefs d’œuvres de « la génération perdue » comme la qualifiait Hemingway, contemporain de Fitzgerald, l’auteur dudit Gatsby.

La Lost Generation des 20’s américaines, marquée par la prohibition, la ségrégation, le jazz, l’alcool de contrebande coulant à flot dans les bars clandestins, les prostituées, une joie de vivre superficielle et surtout les Flappers, ces jeunes femmes à coupes de garçonnes, le plus souvent issues des familles les plus riches d’Amérique et qui, sous leurs apparences de jeunes femmes respectables, vierges et prudes ne songeaient qu’à danser dans les bras de soldats (mais pas que), tout en s’enfilant des doses d’alcools impressionnantes. Le début d’une très festive et très compliquée émancipation féminine. Dans le roman et bien sûr le film, Daisy (cœur, cœur, Carey Mulligan) et Jordan (Elizabeth Debicki) en sont les portraits les plus flagrants.

Et cette ambiance alcoolisé, insouciante et frénétique, Baz Luhrmann la retranscrit parfaitement à l’écran. Sous amphétamines, le film possède ce côté tape à l’œil et extravagant que les soirées donnent à lire dans le roman. En surface, seulement car le film est comme le personnage de Jay Gatsby (Léonardo DiCaprio), superficiel en apparence est plus profond que ce qu’il laisse à voir. Et c’est par le biais d’une confession psychanalytique que Nick Carraway (Tobey Maguire et sa tête de veau), ami de Gatsby devenu dépressif et alcoolique à la suite de leurs mésaventures nous raconte le pourquoi du comment du bouquin.

Mais ce qu’il faut savoir avant tout, c’est que The Great Gatsby est un roman extraordinaire. L’histoire de Jay Gatsby, ce jeune flambeur richissime dont le tout New-York assiste aux fêtes grandiose mais dont personne ne semble connaître la véritable identité et ceci dans l’unique but de récupérer Daisy Buchanan son amour de jeunesse, est tout simplement beau et tragique.

The Great Gatsby peut également être considéré comme un récit autofictif si l’on connaît un peu la vie de son auteur, F.S Fitzgerald et sa femme Zelda qui furent à eux deux la représentation littéraire la plus fulgurante de leur époque décadente, excessive et torturée. Pour faire court, F.S Fitzgerald mourut alcoolique et sa femme Zelda, décéda dans l’incendie de la cellule de l’hôpital psychiatrique où elle était enfermée. Ambiance.

Pour en revenir au film : courrez voir Gatsby le magnifique. Et vous ressortirez 2h plus tard, la tête en ébullition et l’envie pressante de vous prendre une murge aussi magnifique que celles vues tout au long du film.

 

An Si

Lubna

Grande rêveuse devant l'éternel, Lubna aime les livres, les jeux de mots et les nichoirs en forme de ponts. Elle écrit sur l'art, avec un petit a : bd, illustration, photo, peinture sur soie. Twitter : @Lubna_Lubitsch

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One Comment

  1. timide says:

    mouaah ! ilovebbx. so cool que vous en parliez !

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