Kate Wax 4

La découverte musicale de la semaine : Kate Wax

Kate Wax revenait il y a deux ans avec Dust Collision, un album dark-électro d’une grande maturité artistique. Et pourtant, ce n’est qu’aujourd’hui que nous la découvrons vraiment…

À croire que la tendance est au clair-obscur, car la scène électronique féminine nous a pondu, ces dernières années, de nombreuses reines de la pop électronique glacée. Austra, Grimes, Planningtorock, Karin Park, elle sont nombreuses à se disputer le titre. Kate Wax, c’est un peu le chevalier noir de la liste. Fille d’une descendante austro-hongroise et d’un père tibétain -qu’elle ne connaîtra jamais-, Kate Wax, de son vrai nom Aisha Devi Enz, frôle les abords du lac de Genève avant de connaître l’aventure des quatre coins du monde au côté de sa globe-trotteuse physicienne de grand-mère.

De retour en Suisse, décalée par une enfance en marge, elle se plonge dans l’art, puis dans le graphisme. Puis vient la musique d’Aphex Twin et d’Autechre. Déclic. Aisha découvre les machines. Déclic. Et laisse tomber le graphisme, comme si “un seul moyen d’expression était suffisant”, explique-t-elle. Un premier EP sort. Clin d’oeil exutoire à son histoire familiale, elle signe Black Sheep, chez le label suisse Viking Music en 2004. Suivent de nombreux singles. Kate Wax se cherche et se trouve en même temps, dans une post-pop électronique sexy et punchy.

“Heroine”, extrait de son premier EP, Black Sheep sorti en 2004.

L’album, Reflections Of The Dark Heat, qu’elle écrit, enregistre et produit seule, sort un an plus tard. Proposition très ambitieuse, Kate Wax chante, parle, s’essaie au flot légèrement rappé, oscille entre ambiances ultra sombres avec des titres comme Defroster et des gimmicks corrosives comme dans par exemple The Wild Me ou Killing Your Ghost. Il est clair que la musique est thérapeutique et dans les débuts de Kate Wax, elle exprime une personnalité artistique à tendance.. schizophrénique ? Pour notre plus grand plaisir, évidemment, car elle rappelle facilement les début de Björk ou encore la schizophrénie créatrice des suédois de The Knife. Vient la scène.

“The Wild Me”, extrait de  Reflections Of The Dark Heat, sorti en 2005

Véritable “striptease en Himalaya”, ce passage obligé se révèle être pour Kate Wax un véritable tour de force lors duquel elle rouvre ses cicatrices les plus profondes à un public qu’elle considère elle-même comme un peu “maso”. “Sur scène, mon univers est violent, c’est une sorte de lutte”, confie-t-elle, “alors que quand je mixe, je ne passe que des morceaux que j’aime, il n’y a aucune indécence… “. Après l’effort, le réconfort ? Plus ou moins. Une pause bébé s’impose. Comme un pas vers la maturité musicale. Certainement. Car quand elle nous revient en 2011 avec Dust Collision, Kate Wax semble plus elle-même que jamais.

Que dire de Dust Collision, sinon qu’il est sans aucun doute le point central de sa carrière ? Ce moment où l’artiste se trouve, comme Austra nous confiait il y a peu s’être véritablement trouvée avec son nouvel album, Olympia, prévu pour juin prochain ? Si la physique de sa grand-mère lui a appris que tout n’était que le résultat d’une série d’accidents, de collisions, Dust Collision est la représentation d’un certain nombre de collisions internes à l’artiste. Des collisions pour un résultat brut et concis ? Oui ! Le beat plus sec et plus froid que dans ses productions passées, Kate Wax offre ici un album pourtant plus personnel et nettement plus centré, comme une déclaration de paix avec son passé.

“Dust Collision”, extrait de son album éponyme sorti en 2011

Qui a dit que la new wave était frigide ? Kate Wax est la preuve vivante que certains soleils glacés peuvent réchauffer les pistes de danse. Et ce soir, c’est le sol de la Bellevilloise que Kate Wax a prévu de faire trembler de ses platines, aux côtés de Planningtorock, à l’occasion d’une nouvelle édition de Je Suis Bonne Je Suis Une Femme.

Adeline

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One Comment

  1. timide says:

    curieux et intéressant.
    merci adeline@bbx.com pour ce brillant article qui donne un peu envie d’une bellevilloise ce soir.

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