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Quand Frigide appelle à la “guerre civile”

« Guillotine », « guerre civile », « sang ». C’est une menace en forme d’aveu. Un aveu d’impuissance, mais aussi un aveu qui montre la violence et la radicalité du discours véhiculé par Frigide Barjot. Ce vendredi 12 avril, jour de l’adoption du texte sur le mariage pour tous par le Sénat, la porte-parole de la Manif pour tous, a déclaré : « Hollande veut du sang, il en aura ! »

Motif de sa colère : le gouvernement a décidé d’accélérer son calendrier, en faisant revenir le texte en seconde lecture à l’Assemblée nationale plus tôt que prévu. Le projet de loi Taubira est inscrit à l’ordre du jour dès mercredi prochain, le 17 avril, alors qu’initialement il devait être réexaminé par les députés fin mai.

Très remontée et visiblement dépassée par cette accélération de la procédure législative, la sympathique Frigide Barjot, catho branchée et « gay-friendly » selon ses propres mots, a estimé qu’un « couperet venait de tomber sur la tête du peuple ». « C’est une honte. Les Français ne veulent pas de ce projet de loi et que font-ils ? Ils accélèrent », a-t-elle déclaré à l’AFP au bord des larmes. « Nous vivons dans une dictature », s’est-elle emportée, avant d’ajouter – filant brillamment la métaphore révolutionnaire – que « le président de la République a décidé de nous guillotiner ».

Sur Twitter, Frigide Barjot a dénoncé un « vol du vote au Sénat, vote avancé à l’Assemblée, c’est un hold-up de la démocratie ! » Dire qu’un vote des deux chambres est un « hold-up », c’est nier le sens même de la démocratie représentative. Dire cela est, en soi, anti-démocratique. Surtout, de qui Frigide Barjot se croit-elle la représentante ? Elle, l’autoproclamée « attachée de presse de Jésus » et autoproclamée porte-parole de la Manif pour tous, n’est l’élue de personne.

Le vernis craque. En appelant à l’insurrection et en promettant du sang, Frigide Barjot apporte elle-même la preuve que son mouvement est tout sauf un collectif pacifique et un organe représentatif du peuple. Ses éructations et ses appels à la guerre civile ne sont pas qu’une simple réaction excessive et passionnée. Il s’agit d’un appel à faire plier la République.

Vendredi en effet, certains manifestants ont pris Frigide Barjot au mot. 2300 opposants (selon la police) se sont donné rendez-vous devant le Sénat. Armés de leurs habituels drapeaux roses et bleus, les manifestants ont traversé le 6eme arrondissement aux cris de “François, ta loi on en veut pas!” ou “Hollande dictateur!”. Vers 22h00, alors que quelques centaines de manifestants tentaient de gagner le Sénat, le rassemblement a dégénéré. Tentant de dépasser les barrières établies par les gendarmes, les opposants, dont certains appartenant au mouvement traditionaliste Civitas, ont été repoussés par des gendarmes mobiles qui ont tiré des gaz lacrymogènes.

 

N’en déplaise à cette frange sclérosée de la société, nous ne vivons pas dans une dictature. Le seul hold-up intellectuel et la seule escroquerie démocratique dans cette histoire, c’est d’oser prétendre parler au nom des Français.

 

Marie

photo : capture d’écran I Télé

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2 Comments

  1. timide says:

    Merci pour cet article bien écrit. Il ne me semblera pas exagéré, vu les circonstances, d’affirmer qu’ils ont une vision pour le moins violente du principe républicain qu’est la fraternité française…

  2. Charlotte says:

    oui “vol de la démocratie” elle a raison ! quand les chantres de la manif pour tous en arrivent à intimider personnellement les sénateurs, cf Chantal Jouanno ou d’autres qui ont reçu des menaces de mort, alors oui ce mouvement sous la houlette d’une femme qui s’autoproclame barjot n’est absolument pas démocratique. Sans parler des incitations à la violence qui se sont malheureusement concrétisées.

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