Les LGBT dans la BD – L’expo Queerweek

La bande dessinée érotique – voire pornographique – n’hésite pas à mettre en scène des couples gays et lesbiens. Mais qu’en est-il de la bande dessinée destinée à un public plus large ou plus jeune ? Quid de la représentation des gays et lesbiennes dans la bande dessinée mainstream ?

Lors de la 4e édition de la Queer Week du 11 au 14 mars, la question de l’homosexualité au prisme de l’art a été discutée. Plus particulièrement ici, c’est l’homosexualité dans la bande dessinée qui nous intéresse.

Lors de la soirée d’inauguration lundi dernier, une exposition de planches dessinées a été présentée. Par ailleurs, c’est Julie Maroh* qui a été désignée marraine du festival cette année.

Dans le hall de Sciences Po  est donc exposée jusqu’à ce soir une série de planches centrées autour du Queer. Qu’est-ce que le Queer ? Qu’est-ce que le Queer dans la bande-dessinée ? Comment est-il représenté ?

Est-ce qu’aborder le thème de l’homosexualité est un acte engagé en soi ? Comment peut-on représenter des relations homosexuelles comme on représenterait les relations hétérosexuelles : des sentiments amoureux, des désirs et des relations sexuelles ?

De cette exposition, j’ai retenu quatre noms, quatre auteurEs dont les planches m’ont touchée ou m’ont fait sourire.

Il y a évidemment Julie Maroh qui aborde dans son album sorti en 2010 : Le bleu est une couleur chaude, le sujet de la découverte de son homosexualité avec une histoire d’amour lesbienne comme une histoire d’amour hétéro ; mais avec ses particularités : être homo dans une société hétérosexiste, se découvrir lesbienne aujourd’hui, se balader main dans la main avec l’être aimé dans la rue et se sentir épiée, le déni, le rejet de soi, le rejet venant de l’entourage, puis le long cheminement vers l’acceptation et le plaisir amoureux. Ces particularités liées à l’orientation amoureuse et sexuelle des personnages sont importantes à relever, mais c’est la manière dont l’histoire est racontée, c’est l’intimité des scènes, la proximité avec les personnages et l’écriture poétique qui font aussi de cette bande dessinée une bande dessinée Queer : l’histoire d’amour racontée est lesbienne, mais elle permet à tout le monde de s’y identifier.

Ensuite, il y a les planches tirées de l’album Princesse aime Princesse de Lisa Mandel. Un album de bande dessinée qui aborde l’homosexualité féminine avec un style innocent et merveilleux et qui s’adresse parfaitement aux enfants.

Quant aux planches de Jéromeuh, celles exposées sont plus directement revendicatives, certaines avaient été faites pour le projet 17mai (Journée internationale de lutte contre l’homophobie et la transphobie) :

Et enfin, ce sont les planches d’Erika Moen qui ont le plus attiré mon attention. Ces planches éducatives et ludiques, qui abordent le Queer dans tout ce qu’il y a de plus queer : la fluidité et la souplesse de la sexualité et du genre et ses étiquettes souvent attribuées par les autres. Dans cette planche, Erika Moen montre toute l’absurdité de ces étiquettes. « But if your sexuality is defined by the sex of your partner then…”I’m single”…”therefore she’s asexual!” (Mais si votre sexualité est définie par le sexe de votre partenaire, que se passe t-il si je suis célibataire? « Eh bien, vous êtes asexuelle ! »).

 

L’homosexualité semble de plus en plus traitée dans la bande dessinée, qu’elle le soit de manière directement militante ou revendicative, qu’elle soit ludique, enfantine ou par le biais d’une histoire qui touche ou émeut. Il me semble que l’on tend de plus en plus à raconter ces histoires si particulières mais tellement universelles.

 

Queerweek Sciences Po

13 rue de l’université

75007 Paris

 

Sarah

 

2 Comments

  1. yana says:

    euhhh je rapelle également : http://www.leschroniquesmauves.com/

    “Les Chroniques Mauves racontent les histoires de vie et les aventures parallèles de femmes (lesbiennes) de plusieurs générations sur une soixantaine d’années”

  2. Sarah says:

    Oui et il y a aussi Gami qui est vraiment pas mal. J’ai beaucoup aimé Les chroniques mauves – dont les planches étaient également exposées dans le hall de sciences Po cependant comme la bd est sortie il n’y a pas si longtemps et que barbieturix en a déjà fait un article, je me suis dit qu’il n’était pas la peine d’en parler dans cet article. :)

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