Jorge Mario Bergoglio

L’ erreur est divine

Le nouveau Pape, âgé de 76 ans, est apparu hier au balcon de la Basilique St-Pierre pour prononcer ses premiers mots : “ Le monde doit prendre le chemin de la paix, de l’amour et de la fraternité “

Une sentence qui sonne comme un orgue mal accordé, si l’on en croit le passé de ce Pape que le Vatican serait allé chercher «du bout du monde » ( les cardinaux ne doivent pas connaître Easy Jet…).

Alors que tous les médias s’enthousiasment pour ce Pape « progressiste » et « moderne », Barbi(e)turix propose de revenir sur le passé peu glorieux de François Ier.

Mains sales sous la soutane

Première ombre au tableau, la passivité de l’Eglise Catholique durant les heures sombres de la dictature Argentine. A l’époque supérieur provincial des jésuites de Buenos Aires, Jorge Bergoglio est accusé d’être resté les bras croisés devant la répression.

Le co-président du Parti de gauche Jean-Luc Mélenchon dénonce un ecclésiastique “silencieux sous la dictature militaire puis à l’heure des jugements des militaires criminels“. En Argentine, un graffiti dénonçant l’amitié du Pape avec Videla, président du Pays aux pires heures de la dictature, a été peint aux abords de la Cathédrale de Buenos Aires. Jorge continue quant à lui de clamer son innocence.

L’homosexualité « démon infiltré »

Autre point noir du passé de Bergoglio, ses positions clairement homophobes lors du débat national de 2010 en Argentine pour la légalisation du mariage des couples de même sexe. L’Argentine était le premier pays d’Amérique Latine à s’engager pour l’égalité des droits. Le Saint-père s’était alors opposé – en vain – à l’égalité, allant jusqu’à convoquer la «zoophilie», décrivant l’homosexualité comme “un démon infiltré dans les âmes” et l’ouverture du mariage comme « une attaque à l’encontre du plan de Dieu ».

Ces déclarations avaient suscité quelques échauffourées avec la présidente de centre gauche Cristina Kirchner. Si l’Eglise a perdu la bataille contre le mariage, elle a en revanche remporté celle de l’avortement, qui est toujours prohibé en Argentine.

En croisade contre les trans’

Souvenez vous, le 9 avril dernier, l’Argentine votait une loi sur l’identité de genre. Cette loi, véritable avancée pour le droit des trans’, reconnaissait le genre comme une expérience personnelle et ouvrait la possibilité de modifier le sexe M ou F figurant sur les papiers d’identité sans passer par des traitements hormonaux ou une opération de réassignation. Plus, les personnes souhaitant avoir recours à des opérations chirurgicales ou à un traitement hormonal pouvaient désormais être pris en charge par la sécurité sociale.

Voilà pour le rappel. A l’époque, Jorge s’était opposé avec vigueur au projet ce qui lui avait valu une petite phrase assassine de la présidente lui reprochant de «revenir au Moyen Age et à l’Inquisition».

Le gouvernement argentin lui a souhaité une “tâche pastorale fructueuse dans l’exercice de si grandes responsabilités à la recherche de la justice, de l’égalité, de la fraternité et de la paix de l’humanité”. Gageons qu’il ait reçu le message.

 

Lubna

Lubna

Grande rêveuse devant l'éternel, Lubna aime les livres, les jeux de mots et les nichoirs en forme de ponts. Elle écrit sur l'art, avec un petit a : bd, illustration, photo, peinture sur soie. Twitter : @Lubna_Lubitsch

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3 Comments

  1. timide says:

    l’erreur est humaine. (point)

  2. Tomate Verte says:

    Mouais… C’est toujours périlleux de jeter la pierre à quelqu’un au sujet de son attitude pendant une dictature. Quoique ne connaissant pas précisément l’histoire de l’Argentine, j’aurais tendance à dire qu’il est plus utile pour résister à une dictature d’être un évêque en lien avec le pouvoir qu’un évêque en prison ou fusillé. Et que dirons-nous de François Mitterrand qui servit sous Vichy et reçut l’ordre de la francisque du Maréchal ? Est-ce que cela discrédite toute sa carrière ultérieure ?
    Quant à Mélenchon, pour tout sympathique qu’il soit, on ne l’entend pas beaucoup condamner la dictature de Castro et consorts !
    Pour ce qui est des prises de position sur l’homosexualité et les droits lgbt, Bergoglio suit la ligne morale du Vatican, c’est tout. Logiquement, pourquoi dirait-il autre chose ? Laissons l’Eglise en dehors de la société civile, en Argentine comme ailleurs.
    Enfin, quand quelqu’un d’autorité déclare “Le monde doit prendre le chemin de la paix, de l’amour et de la fraternité”, franchement je ne vois rien à y redire. On peut espérer qu’il va oeuvrer dans ce sens.
    Je ne vois pas l’intérêt de faire au nouveau pape un mauvais procès d’intentions.
    PS : je précise que je ne suis pas catholique.

  3. timide says:

    en passant, à postériori, le lobby gay aussi ! #lol

    http://yagg.com/2013/06/11/le-lobby-gay-il-est-au-vatican-indique-le-pape-francois/

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