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Dans le tourbillon du Spring Break

« Live fast, die young, bad girls do it well ». Le refrain de MIA pourrait être le slogan des quatre filles de Spring Breakers. Réalisé par Harmony Korine (Gummo, Trash Humpers), le film évoque le fameux Spring Break.

Spring Break est la période des vacances de Printemps dans les universités américaines. Moment pendant lequel, les étudiant(e)s studieux(ses) partent sur les plages de Floride afin de se livrer à une débauche sans nom. Un lâchage sans complexe où l’alcool coule à flots (souvent sur les seins des jeunes femmes) et la drogue se sniffe en communauté (souvent sur les seins des jeunes femmes (bis)). Plus d’uniformes, mais des corps moulés en maillots de bain, plus de classeur mais des énormes gobelets de bière, plus de stylos mais de gros joints.

Quatre héroïnes dont trois anciennes baby-stars estampillées Disney. Attention, que du beau monde ! Selena Gomez, 20 ans, connue pour ces refrains entêtants qui foutent la migraine et son amourette avec le très distingué Justin Bieber. Vanessa Hudgens, 24 ans, starlette d’ High School Musical 1, 2, 3, 18 et ex petite-copine de Zac Efron. Puis Ashley Benson, moins célèbre malgré la qualité indéniable de son jeu d’actrice, éternelle blondinette de série (Pretty Little Liars, la série ou des ados se font harcelées par un maniaque par texto, sans jamais penser UNE SEULE FOIS à tracer le numéro du portable). Enfin Rachel Korine, la femme d’Harmony. Avec ses cheveux roses, miam.

Etudiantes en Californie, elles manquent d’argent pour passer ce doux moment d’éclate et surtout devenir des Spring Break Bitches. Elles décident alors, tout naturellement, de braquer un fast-food du coin en sweats et shorts, ramenant quelques dollars qui leur permettront de s’évader. Une fois sur place, alors que la big party est déjà bien entamée, elles se font arrêter pour consommation de cocaïne. Leur caution est alors payée par Alien, un gangsta blanc ou le plus gros dealer du coin : dents en argent à la Joey Starr, tresses à la Sean Paul et artillerie lourde à la Tony Montana. Joué par James Franco (méconnaissable), il va entrainer ses petites recrues dans une douce criminalité emplie d’adrénaline et de parties de plaisir. Seule Faith, mignonne brunette, ne se laissera pas avoir et repartira avant que l’aventure ne dégénère.

« Spring Break for ever… » murmurent les filles. Encagoulées telles des Pussy Riot, elles souhaitent se révolter contre l’ennui, contre le commun et le banal de leur vie. Leur prière n’est pas punk mais électro-pop. Elle n’est pas politique mais idéologique. Elles veulent atteindre un idéal de nirvana, « s’éclater, c’est ça la vie ». Jeunes filles de notre génération, elles aiment la défonce mais aussi chanter du Britney Spears à tue-tête. Que celle qui n’a pas repris avec ses amies, Hit Baby One More Time ou tout autre titre des années 1990/2000 me jette la première pierre. Vêtues de couleurs criardes, sneakers, sweats à capuches et sacs à dos, elles ressemblent à n’importes quelles étudiantes. Sauf que pour elles, le délire va plus loin. Spring Break n’est qu’un temps donné. « Spring Break for ever… » n’existe pas.

Teenmovie, Spring Breakers ? Scénaristiquement, cela y ressemble beaucoup. Visuellement, Harmony Korine joue de l’imagerie connue du Spring Break : Jeunes gens nus, corps mouillés et collés les uns aux autres, bikinis multicolores et gobelets XXL. Il choisit le fluo comme couleur de notre époque. Le montage rapide, comme style de vie. Tout va vite, tout y est agressif : Ces seins qu’on voit de très près en grand nombre, cet alcool, ces couleurs, cette musique de basse. On a toutes été un jour dans la tête de ces Spring Breakeuses de charme, imaginant que cette éclate nous apportera une connaissance de nous-mêmes et que ouais, c’est ça la vie. Malgré tout, le film ne se la joue pas moraliste. Harmony Korine n’est pas là pour ça, il veut montrer, témoigner de ce passage quasi obligatoire chez tous les jeunes américains et y parvient avec délice.

Angie

Angie

Caution bisexuelle de BBX, Angie écrit sur le cinéma et les arts. Mais en vrai, elle aime surtout les paillettes et les sequins dorés. Twitter : @angelinaguiboud

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