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La creepers, chaussure de gouine ?

Qu’elles soient à boucles ou à lacets, en cuir vernis ou en léopard, à hauts talons ou plateformes, les Creepers envahissent les rues de la capitale et s’affichent aux pieds des gouines punkettes (ou non). Une chaussure a priori pas très esthétique : Compactes, épaisses et sans finesse, les Creepers ont tout pour déplaire. A priori.

Creep évoque quelque chose de déformé et d’étrange, à l’image de ces chaussures symbole de la subculture anglaise.
(Attention ! Il s’agit ici d’évoquer le retour des Creepers, des vraies. Pas de parler du Seapunk, cette effrayante tendance. Si, si checkez sur Google Images).

Flashback. Pendant la seconde guerre mondiale, les soldats britanniques installés en Afrique du Nord  portaient ces chaussures à la semelle épaisse afin d’échapper au sol bouillant. A la fin des combats, les anciens combattants (pas encore croulants) revenus en Grand-Bretagne trainaient leurs Creepers dans les pubs de Londres, rendant populaires ces chaussures utilitaires.

Une décennie plus tard, ce sont les Teddy Boys qui se les approprient et complètent leurs costumes de dandies édouardiens. Ce ne sont plus des chaussures martiales mais bel et bien des souliers de mode puisque le créateur George Cox en a fait son emblème (encore en vente aujourd’hui, elles sont considérées comme les Creepers authentiques. Mais si vous les achetez chez New Look, personne ne vous en voudra). Le mouvement est associé à la musique rockabilly venue des Etats-Unis, devenant le premier groupe issu de la culture jeune en  Grande-Bretagne. Ces chaussures pratiques et confortables furent dès lors, associées à un certain sens du style et à une manière de se distinguer de la masse.

 

Au début des années 1970, sur la London’s King Road, Let It Rock, la boutique de Vivienne Westwood et Malcolm Mc Laren (manager et escroc des Sex Pistols) relance la mode des Teddy Boys et avec elle, les Creepers. Mais les punks ne sont pas des dandies proprets. Issus des classes populaires, ils ne portent pas de costumes et ratiboisent à leur compte les fameuses, qu’ils allient à des slims collés à leurs corps maigrelets ou a des jeans aux ourlets retournés. Le style est unisexe et les filles à l’image des garçons, coupent voire rasent leurs cheveux sur une partie du crâne (tiens, tiens, si ça ne vous rappelle pas quelqu’un…). Armés de leurs Creepers, les punks parcourent les salles de concerts londoniennes et pogotent en toute sérénité dans leurs chaussures qui ne craignent rien.

Si elles furent à la mode dans les années 1980, le punk s’étant rapidement popularisé, elles tombèrent dans l’oubli de la subculture dans les années 1990 et 2000, trop associés à la marginalité, au punk, au Clash que l’on écoute plus trop, de même que les Sex Pistols dont l’unique album a bien trop tourné sur les platines.

Mais peu à peu, ces chaussures ont retrouvé leur place et notamment chez les gouines, allez savoir pourquoi. Est ce par un souci de distinction ? Est ce par un amour fou pour le punk et son style ? Ou encore est-ce parce que la gouine part en soirée comme on part à l’assaut ?

Angie

Angie

Caution bisexuelle de BBX, Angie écrit sur le cinéma et les arts. Mais en vrai, elle aime surtout les paillettes et les sequins dorés. Twitter : @angelinaguiboud

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2 Comments

  1. razafindrakoto says:

    décrypter une tendance (je parle bien de tendance pas de style vestimentaire) ça ne sert a rien parce que dans un an dans le monde lesbien on chaussera autre chose (je vous dit dans un an la mode ça sera les tongs a talon pour les fem et les tong santiag pour les butch)

  2. David says:

    les punks parcourent les salles de concerts londoniennes et pogotent en toute sérénité dans leurs chaussures qui ne craignent rien. Dans les annees 80? ca me fait plus penser a des Psychobilly… Le Klub Foot a Hammersmith, pas vraiment des punks desole…

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