senat

Et maintenant ?

4999 amendements. 110 heures de débats. 24 séances et 1 verdict : le Mardi 12 Février à 17h, Claude Bartolone annonce de sa plus belle voix, grave et émue, que l’Assemblée nationale venait, en première lecture, d’adopter le projet de loi portant sur l’ouverture du mariage et de l’adoption aux couples de même sexe. 329 pour, 229 contre, 10 abstentions et quelques surprises : il y a celle qui amuse : Borloo qui au départ voulait voter pour et qui à l’arrivée se trompe de case. Celle qui désabuse : 4 députés socialistes ou apparentés qui votent contre. Celle qui rassure : les pour engagés des UMP Franck Riester et Benoist Apparu.

Et finalement, il reste ce moment d’Histoire raisonnant fièrement dans l’hémicycle, il reste cette poésie quasi désinvolte d’une ministre au sommet de l’art oratoire, il reste la promesse engagée de lendemains d’Egalité.

MAIS, car il y a toujours un MAIS. Ne nous hasardons pas à laisser l’émotion prendre le pas sur nos revendications, légitimes et nécessaires. Ayons toujours à l’esprit cette maxime de circonstance : « Sans PMA, pas d’Egalité des droits ». Quelques minutes après le vote, une représentante de Gouine comme un camion disait très justement que l’heure n’est pas à la célébration mais à la vigilance. Eh oui ! Les spéculations vont bon train sur le contenu de cette fameuse « loi sur la famille », présentée comme une caution gouvernementale à la non-intégration de l’amendement PMA dans le projet de loi Taubira.

Il paraitrait même d’après le Figaro, qu’à la lecture de l’avant-projet de loi (sur la famille), il ne serait fait aucune mention de la Procréation Médicalement Assistée. Et comme on leur connait une très grande objectivité, on va laisser de côté les « on dit » et on va attendre que tout cela décante, que les contours se dessinent plus clairement.

Ce qui est en revanche certain, c’est que la balle est désormais dans le camp des sénateurs. La « Haute Assemblée » devra trancher à partir du 18 Mars prochain sur le sort qu’elle réservera au mariage et à l’adoption pour tou-te-s. En attendant, le bal des auditions a d’ores et déjà commencé : philosophes, sociologues, écrivains en tout genre sont invités à donner leur avis sur la question.

Par ailleurs, il semblerait que le (mauvais) suspens soit un brin plus haletant car au Sénat, la majorité dont dispose la gauche est modeste -6 petits sièges seulement-. Cela suppose que le PS a besoin du concours des communistes, des écologistes et des radicaux pour faire adopter le texte. Autre embuche probable : si les sénateurs décident d’approuver certains amendements avant le vote du texte, s’ils trouvent qu’une virgule est de travers ou qu’une conjonction de coordination fait tâche dans une phrase, c’et tout le processus parlementaire qui s’en trouve ralenti.

En effet, cette hypothèse assez plausible -de l’avis même du ministre chargé des relations avec le parlement- conduirait à une rebelote à l’Assemblée, qui devra alors adopter le texte en seconde lecture avant de le renvoyer au Sénat pour un ultime feu vert. [To be continued]

Rania
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One Comment

  1. timide says:

    … que vais-je faire … de tout ce temps … que sera ma vie !

    de tous ces gens … qui m’indiffère … maintenant …

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