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Linder Sterling au Musée d’Art Moderne

Le musée d’art moderne consacre sa première rétrospective à l’artiste punk Linder Sterling. Linder, née Linda Mulvey à Liverpool en 1954, est une artiste protéiforme. Musique, peinture, photomontages, stylisme, depuis 1976 Linder se sera essayée à plusieurs formes artistiques, avec toujours en filigrane la dénonciation de l’aliénation féminine.

« Prélevant ses éléments aussi bien dans les magazines érotiques que dans les revues automobiles, culturelles ou culinaires, toutes époques confondues, Linder réalise des œuvres dans lesquelles la femme n’est qu’un objet commercial, voire un « sex toy », dénonçant ainsi toutes les violences qui lui sont faites. Et au-delà de ses dénonciations féministes, l’artiste met en évidence d’une manière particulièrement efficace, l’indécence contenue dans l’imagerie publicitaire. »

Ses montages, caricaturant à gros traits l’instrumentalisation du corps de la femme par les médias et la publicité, figurent une sorte de Playboy ringard censuré par une ménagère obsessionnelle des années 60. Les playmates aux poses langoureuses voient leurs têtes remplacées par des tartes au citron ou des aspirateurs. Les starlettes en noir et blanc sont défigurées par des bouches roses disproportionnées tandis que des orchidées gigantesques viennent dissimuler les détails d’une scène de sexe anal entre deux garçons.

A la manière de Cindy Sherman, Linder utilise également son corps comme vecteur de son art. Elle le muscle, le tord, le déforme, le recouvre de colorants alimentaires ou de maquillage, en faisant à la fois un objet de dégout et de fascination.

Au delà de ces célèbres photomontages, hantés par son obsession pour les bouches et les fleurs (la pochette de l’album des Buzzcocks, Orgasm Addict en est l’exemple) on découvre ses séries photos en tant que modèle, ses travaux plus récents (intégrant photoshop) ainsi que ses performances musicales.

Lady Gaga vêtue d’une robe de viande crue rouge lors de la cérémonie des MTV Music Awards, ça vous dit quelque chose ? La diva est habituée aux récupérations artistiques de tous bord, et c’est cette fois ci à Linder Sterling qu’elle empreinte son idée.                  En 1978, c’est sur scène avec son groupe de post-punk Ludus, que Linder apparaît le corset recouvert de carcasses de volailles, un gode-ceinture conquérant harnaché à sa taille.

Fortement influencée par la culture gay et les théories féministes, Linder figure un art queer avant l’heure. Résolument hardcore, obstinément choquant. Jamais fade.

Femme/Objet

Au Musée d’Art Moderne de Paris

Du 1er février au 21 avril 2013

Lubna

Grande rêveuse devant l'éternel, Lubna aime les livres, les jeux de mots et les nichoirs en forme de ponts. Elle écrit sur l'art, avec un petit a : bd, illustration, photo, peinture sur soie. Twitter : @Lubna_Lubitsch

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