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Le viol collectif qui réveille l’Inde

En dix ans, le nombre de viols a augmenté de 50,6 % en Inde, selon les autorités. Mais c’est surtout le nombre de femmes qui osent dire haut ce qu’elles ont subi. Le meurtre d’une jeune femme après un viol collectif en décembre dernier a révolté la société indienne.

A New Delhi, le 16 décembre dernier, une étudiante de 23 ans rentre du cinéma en bus avec son compagnon. Le conducteur ainsi que cinq autres hommes la violent à plusieurs reprises avant de l’agresser sexuellement avec une barre de fer et de la jeter hors du bus. Hospitalisée, elle décédera treize jours plus tard. Cet énième crime commis à l’encontre d’une femme est celui de trop. Hommes et femmes confondus se révoltent et manifestent pendant des semaines afin que justice soit faite mais surtout que ce soit le der des der. A tel point qu’aucun avocat ne souhaitait défendre les agresseurs présumés, au vu des attroupements qui siégeaient devant le tribunal.

Humiliations quotidiennes, agressions verbales, soumission, suspicion et inquiétude sont le lot des femmes indiennes. Un ras le bol général dont se sont emparée les étudiantes et militantes et ce, au nom de toutes. Portée aux nues, la jeune femme décédée est devenue le symbole de l’oppression des femmes dans un pays englué dans une politique dominée par les hommes et largement influencée par les leaders religieux. « Il m’est arrivé qu’un homme se colle contre moi dans un bus, et lorsque j’ai élevé la voix, mes voisins m’ont répondu : « Mais pourquoi vous faites autant d’histoires ? » » raconte une des manifestantes au journal Libération.  Ces manifestations n’ont pourtant pas été vaines. Un comité d’experts s’est réuni fin décembre afin de réfléchir à une nouvelle justice quant aux agressions sexuelles. Ainsi, les peines ont été doublées pour les viols collectifs, sur mineur ou commis par un policier (environ vingt ans de prison au lieu de sept à dix selon Libération). La peine de mort est encourue en cas de décès de la victime. Enfin, grande première : le voyeurisme, les attaques à l’acide ainsi que le harcèlement sont devenus des crimes à part entière !

Samedi dernier, à la barre, les cinq coupables présumés (le sixième étant mineur, il sera jugé au sein d’un tribunal pour enfant) ont plaidé non coupables. Révoltant une partie de la société indienne, ce procès est l’objet de tous les regards. Si l’opinion publique réclame la tête des agresseurs, le juge a ordonné le huis clos mais surtout a donné l’ordre aux avocats de ne pas communiquer avec les journalistes.

« Nous n’obtiendrons une réelle liberté que lorsqu’une femme seule pourra marcher librement  n’importe où dans notre pays au milieu de la nuit » disait Gandhi.

Angie

Angie

Caution bisexuelle de BBX, Angie écrit sur le cinéma et les arts. Mais en vrai, elle aime surtout les paillettes et les sequins dorés. Twitter : @angelinaguiboud

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