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Les Gueuses de Pigalle, nouvelle équipe Derby à Paris

Elles s’appellent Dirty Ventoline, Banana Kill, Derbynator ou Purple Brain. Elles sont lycéennes ou trentenaires et s’entrainent depuis quelques mois sous la verrière de la halle St-Pierre. Leur nom, les Gueuses de Pigalle.

Crée il y a tout juste quatre mois, l’équipe fait partie de l’association du Paris Hockey Club et se compose d’une vingtaine de filles. Un chiffre qui ne fait qu’augmenter, me confie Mathieu, l’un des coachs de l’équipe :

« On a des nouvelles chaque semaine. Certaines ne sont jamais montés sur des patins, on leur fait suivre un cours de remise à niveau personnalisé les premières fois, et ensuite elles intègrent les entrainements collectifs »

C’est le cas d’Amélie 31 ans, graphiste, débutante mais fière sur ses rollers :

« Une amie m’a parlé d’une équipe qui se montait à côté de chez moi. Le fait qu’elle ne soit pas encore montée, ça m’a mis en confiance. Je me suis dis que je pourrais rattraper le niveau plus rapidement. »

Les filles débutent l’entrainement par des exercices d’adresse. Les coachs font les clowns pour amuser la galerie. Elles enchainent sur une série de pompes, puis apprennent à slider entre des plots. L’ambiance est détendue, les anciennes encouragent les nouvelles recrues. Ça crie, ça se casse la gueule, ça se marre aussi.

 

« Si vous croyez encore que les roller girls s’escriment gentiment au Derby en tenue sexy, c’est que vous n’avez jamais assisté à un entraînement. Short qui remonte, sueur qui dégouline et odeurs diverses : la gueuse pourrait avoir l’air torride si elle n’avait pas envie de faire du vrai sport…les Gueuses de Pigalle ne font ni dans la dentelle ni dans la résille, mais se nourrissent de sang, de pompes et d’abdos. » Déclame Elsa, alias Dirty Ventoline, sur la page facebook du groupe.

Cette journaliste de 31 ans a voulu s’essayer au derby après avoir tenter des dizaines de sports différents, de la gym suédoise à la zumba, sans succès.

« J’ai découvert le derby avec le film Bliss, comme beaucoup. Puis j’ai regardé des dizaines de vidéos sur Youtube et réalisé que le sport n’avait rien à voir avec l’image glamour culotte trouée et bas résille. Ça ne m’a pas découragé, au contraire ».

C’est en assistant à un match entre les PRG et les Lutèces Destroyeuses que nait son envie d’être sur le terrain. Encore faut-il intégrer une équipe. Et là ça se complique. A paris, il y a peu d’équipes pour beaucoup de candidates. Certaines n’hésitent donc pas à recruter à niveau, et font passer des tests d’intégration. Mieux vaut donc avoir déjà chaussé des patins.  Chez les Gueuses en revanche, tout le monde est bienvenu, débutante ou confirmée. L’ambiance est conviviale et bon enfant. C’est ce qui a séduit Elsa.

L’entrainement continue. Les filles doivent foncer dans une barrière humaine sans tomber, pour apprendre à se prendre des coups et encaisser. L’exercice donne lieu à quelques belles chutes, mais les filles s’encouragent.

Vient ensuite l’épreuve de l’endurance. Défi : 25 tours en 5 minutes. Seulement deux filles y arriveront. Dont Jeanne, alias Jeannek ,16 ans, les cheveux mauve coupés courts et une dégaine de pro malgré son jeune âge. Jeanne a commencé le roller il y a un an et demi, au retour d’un voyage aux Etats-Unis. Ce qui lui plait c’est d’abord l’esprit de famille.

Le derby est un petit milieu : « Les filles t’accueillent à bras ouverts, les équipes sont hyper soudées, tu as l’impression d’être en famille. Je sais que si je veux aller voir un match à l’étranger je trouverais toujours une fille pour m’héberger ! ».

 

L’esprit communautaire, c’est ce qui pousse beaucoup de filles dans le derby. Le sentiment de faire parti d’un groupe, le plaisir de se retrouver autour de la culture underground, de l’esprit DIY, du féminisme. Et puis il y a le sport en lui même. La vitesse, l’adrénaline, le contact.

« J’aime bien me battre, depuis que je suis toute petite » s’amuse Jeanne. Pour être une bonne joueuse de derby, il faut être une guerrière. Foncer dans le tas, ne pas craindre les coups, les chutes. Une chose est sure, les Gueuses sont prêtes à se frayer un chemin, et pas qu’au travers du pack.

  • Plus d’infos sur les Gueuses de Pigalle sur leur page facebook
  • Vous voulez assister à un match de Roller Derby ? Prochain rendez-vous le samedi 16 février à 19h30 au Gymnase de Bercy : Paris RollerGirls Vs. The Royal Windsor Rollergirls

 

 

Lubna

Crédits Photos : Marie Rouge

Lubna

Grande rêveuse devant l'éternel, Lubna aime les livres, les jeux de mots et les nichoirs en forme de ponts. Elle écrit sur l'art, avec un petit a : bd, illustration, photo, peinture sur soie. Twitter : @Lubna_Lubitsch

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