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La PMA, c’est quoi ?

La PMA, c’est un peu comme BOY, le nouveau sac signé Chanel, c’est le must-have de la gouine engagée. Non, ne partez pas, l’accroche est pourrie mais le reste est sérieux ou tout du moins instructif. PMA, cela veut dire en plus long procréation médicalement assistée. Ces trois mots regroupent un ensemble de pratiques. Il en existe principalement deux.

L’insémination artificielle et la fécondation in vitro. La première, peut dans certains cas être réalisée chez soi. A l’heure de l’apéro, vous pourrez ainsi disposer de la fiole de sperme frais qui repose sagement dans le frigo pour faire fructifier votre période d’ovulation. Le sperme est alors issu d’un don « informel » : connaissance, ami, voisin… Les banques de sperme ayant recours à la congélation du liquide séminal et des spermatozoïdes qu’il contient, en élisant cette méthode, vous serez obligées de passer par la case médecin. La fécondation in vitro est quant à elle éminemment plus contraignante : la technique la plus classique consiste à prélever des ovocytes avant qu’ils ne soient naturellement libérés par les follicules dans les ovaires, de les mettre en présence avec des spermatozoïdes et de réimplanter par la suite (de 2 à 6 jours) ceux qui sont fécondés dans l’utérus, en croisant les doigts pour que ça réussisse. Voilà pour l’aspect « technique » un peu barbant qui n’est pas sans rappeler à certain-e-s d’entre vous comme il était bon de suivre avec attention les cours de bio au lycée.

Belgique, mon amour.
Mais aussi les Pays-Bas, le Royaume Uni et l’Espagne, entre autres. Ces pays-là, qui ont une législation sur la bioéthique beaucoup moins rigide mais surtout beaucoup plus égalitaire que celle à la française, offrent aux lesbiennes la possibilité d’avoir recours à la PMA. L’étranger comme alternative a pourtant un coût : hébergement, déplacements, frais médicaux… l’opération se compte en milliers d’euros et n’est que le début d’un long chemin semé d’embuches. Aux yeux de la loi française, l’enfant né d’un tel procédé n’a qu’une seule mère, celle qui l’a portée, sa mère « biologique », son autre mère, celle qu’on appelle mère « sociale » ne bénéficie d’aucune reconnaissance juridique. Vis-à-vis du législateur français, elle a autant de droits sur son propre gosse que la voisine du dessus.

Naturellement donc, les mots rage et fureur ne sont pas de trop pour qualifier l’effet de l’écartement délibéré de la PMA, grande laissée-pour-compte d’un projet de loi qui se voulait historique.

Un rétropédalage, encore un !
En effet, Mercredi dernier, l’espoir a volé en éclats. Encore une fois, une promesse s’érode. Encore une fois, une reculade fait s’écrouler une revendication. Les sirènes des antis retentissent, une rafale d’homophobie se soulève et c’est tout un cap qui est modifié. Pourtant, on y aura cru un temps. Celui d’un éventuel amendement insérant la PMA dans le projet de loi. Bruno Le Roux, chef de file des socialistes à l’assemblée a plié. Au sujet d’un entretien avec le premier ministre, Le Roux nous dit qu’il n’est nullement question de concession mais de ce qu’il appelle « une sécurité juridique ». Un report justifié, donc. La PMA fera partie d’un projet de loi plus large portant sur la famille. Avec, « en supplément », une PMA ouverte aux couples de femmes non mariées. Et l’on devrait s’en féliciter… Là où le bât blesse, c’est quand des pédés et des gouines, « pro-PS », appuient farouchement cet abandon. Dans un sursaut de pragmatisme, ils nous renvoient à ce bon vieil adage : tout vient à point à qui sait attendre. En oubliant que cela fait des années qu’elles, qu’ils, que nous, que vous attendez. Qu’un mois de plus est un mois de trop. On nous parle d’un amendement qui présente des failles de constitutionnalité, qui, en définitive, ne serait pas extrêmement bien ficelé. Pourquoi ne s’y sont-ils pas attelés plutôt ? Pourquoi repoussent-ils encore et encore l’échéance ? Ne voient-ils pas, confortablement installés dans leurs sièges, qu’aujourd’hui, l’urgence gronde ? Qu’aujourd’hui, l’espoir est vif ? Gouverner, c’est se donner les moyens de ses promesses, c’est avoir la force de ses convictions ?

Le 27 Janvier, touTEs dans la rue. Rendez-vous à 14h au départ de Denfert-Rochereau. EGALITE SANS CONDITIONS ET SANS CONCESSIONS.

Rania
Visu Amélie / Photo Chill O.


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