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Moi, Cyril, 
hétérosexuel “exclusif”,

Moi, Cyril,

hétérosexuel “exclusif”,

Ayant été élevé dans la culture chrétienne bien que m’en étant éloigné,
condamne, avec toute la tempérance que je peux trouver en moi pour éviter de commettre un acte irréversible, toutes les formes de discrimination, d’injure, de manifestation de mépris qui sont faites depuis plusieurs semaines à l’encontre de personnes que j’apprécie/estime/aime du seul fait de leur sexualité.

Je nie avec toute la force de mon être:

- la prévalence d’un comportement sexuel majoritaire sur les autres comportements : ni l’altérité ni la minorité ne doivent être considérés comme déviants dans un état laïque.

- le “devoir” de discrétion qu’on souhaiterait assigner aux membres de la communauté LGBT : ce devoir n’a  pour vocation que de faire disparaître la gêne que peuvent ressentir certaines personnes à l’encontre d’un comportement sexuel qui n’est pas le leur. Or cette gêne n’a pas à être combattue par la discrétion de quiconque, elle relève de l’éducation de chacun et le fait pour ceux qui l’éprouvent de la supporter relève du contrat social.

- le fait que le droit au mariage civil serait réservé aux couples hétérosexuels; le droit au mariage civil ne doit relever que d’un critère: le désir sincère d’unir aux yeux de la Loi et de la Société sa vie à celle de l’autre, SANS la condition de l’altérité de sexe. Car de fait, ce désir sincère peut (ou non d’ailleurs) exister entre deux personnes de même sexe. C’est un fait.

- le fait que le droit d’adoption (et non le droit à l’enfant qui de toute façon n’existe ni pour les couples hétérosexuels ni homosexuels, à moins que la République française ne soit devenue la République populaire de Chine ) soit réservé aux couples hétérosexuels. La capacité financière à élever un enfant, la maturité psychologique nécessaire et la capacité émotionnelle de lui accorder la place qui lui revient dans notre vie sont les seuls critères qui doivent entrer en ligne de compte. Ces critères sont présents chez certains couples homosexuels et absents chez certains couples hétérosexuels, c’est également un fait, empiriquement constaté. De fait, la sexualité n’est donc pas un critère pivot sur ce point; j’ajouterai que nombre d’arguments arguant du contraire ne se basent eux ni sur des études ni même sur des observations réelles, mais sur des théories qui jusqu’à présent n’ont pas été vérifiées dans le monde réel, voire sur des conjectures invoquant le “bon sens” supposément “populaire”. C’est là faire preuve d’une grande hypocrisie que d’ignorer les tendances régulières de ce “bon sens” à n’être issu que d’un ramassis de clichés qui, pour être partagés par une SUPPOSEE majorité, n’en sont pas moins aisément démontés, pour ne pas dire d’une bêtise sans fond.

Ma France n’est pas celle où on regarde du coin de l’œil des couples de même sexe en soupirant ou en pestant pour qu’ils s’éloignent; ma France n’est pas celle où on peut qualifier impunément de “sale PD” ou “sale gouine” un de mes amis, quand ce n’est pas le ou la menacer de viol, alors que l’injurieux quidam s’en va pleurer dans les jupes des politiciens dès qu’on le traite de “sale français” ou de “sale négro” ou de “sale bougnoule”; le mépris est le bouclier de la haine, or ces infâmes personnages gagneraient à comprendre que l’homosexualité n’est nullement une attaque, c’est quelque chose qui relève du plus intime, du plus essentiellement constitutif de la personne, et ce n’est que par réaction de survie qu’elle va parfois sur le terrain de la revendication, tout comme certains Français noirs s’appellent entre eux “négros” ou les populations de certaines banlieues s’appellent entre elles “racaille”, et ne supportent néanmoins pas qu’une personne extérieure à leur communauté en fasse de même avec eux. Appropriation d’insulte comme marque de solidarité intra-communautaire ne vaut pas validation de l’insulte, en revanche, elle en souligne la bêtise.

Comme beaucoup de combats passés, une fois encore la République française est amenée à prouver qu’elle est bien une terre où se manifestent cette liberté, cette égalité et surtout cette fraternité tant clamées.

Aussi j’affirme ici par ce texte que je combattrai quiconque s’oppose à la phrase suivante:

OUI, les gays, les lesbiennes, les bisexuel-le-s et les transexuel-le-s sont libres. OUI, les gays, les lesbiennes, les bisexuel-le-s et les transsexuel-le-s sont nos égales et nos égaux. OUI, les gays, les lesbiennes, les bisexuel-le-s et les transsexuel-le-s sont nos sœurs et nos frères !!!!!!!
Et le temps est venu que la Loi, qui par essence s’applique à tous et à toutes, le reconnaisse

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One Comment

  1. Vivi says:

    Merci, merci, merci. Ce sont juste les mots que j’avais besoin de lire avec l’entourage de merde que j’ai.

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