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MANUEL DE SURVIE EN TERRITOIRE LESBIEN #3 : le jour où j’ai rencontré ses parents (partie 1)

Si tant est que vous ayez passé avec brio le « Date » CF : Manuel de survie #2, ce qui suit tombe à pique sinon vous pourrez toujours garder précieusement cette page dans vos signets, elle vous sera surement utile un jour…

Voilà, cela fait bientôt 5 mois que vous êtes avec votre chérie ! Entre les soirées câlins, les matins câlins et les après-midi câlins, vous n’avez pas vu le temps passer. Il faut dire que vous n’avez plus aucune notion du temps depuis que vous êtres rentrée dans la phase 2 du processus de la relation lesbienne : le week-end de 3 jours. Souvenez-vous, il s’agit de ce fameux Vendredi soir où vous avez invité votre belle à dormir chez vous. Le lendemain, vous vous êtes réveillée dans ses bras en lui disant que dormir avec elle était un bonheur de toutes les minutes, alors qu’en vérité vous avez tellement le sommeil profond que même Lady Gaga chantant à tue-tête à votre oreille ne suffirait pas à vous réveiller. Une grasse matinée s’est profilée à l’horizon de votre amour naissant, vous étiez tellement bien que vous avez oublié l’aprèm foot avec Juliette, Alex et Amandine aux Buttes Chaumont. Au diable le foot ! Il est 18h quand vous décidez d’un commun accord de manger un morceau. Sauf que problème : la cuisine vous paraît à 300 km de votre chambre. En fait, tout vous paraît loin, tout vous paraît tellement loin que vous ne bougez plus de ses bras.. Enfin si, le Lundi à 8h59, une minute avant le début de votre mi-temps de caissière au BHV.

Bref, venons-en au sujet du jour ! 5 mois de bonheur viennent de s’écouler… même si en arrivant un jour sur deux en retard à votre boulot, vous avez fini par le perdre. Tant pis, vous vivrez d’amour et d’eau fraîche. Ce jeudi-là, vous vous étiez données rendez-vous au MK2 Beaubourg pour regarder Kyss Mig, elle a flashé sur la blonde, vous avez flashé sur la brune. Sur la route vous menant métro Rambuteau, tour à tour, vous avez fait valoir vos arguments : « elle a quelque chose de Diane Kruger », « j’adore son côté rigide », « Mais t’as vu ses yeux.. ». Elle vous a coupé, en vous annonçant sur le ton le plus léger du monde : « Au fait, on dîne avec mes parents, ma cousine, son mari, ma sœur, son copain et mes 3 petits frères ce Samedi. J’espère que tu n’as rien de prévu ». En une minute, vous avez hésité à courir, à sauter sous une voiture, à crier, à vous pendre mais vous avez esquissé un large sourire en lui disant : « Bien sûr mon cœur/trésor/amour/bichette/chat ( ?!!!) (Rayez les mentions inutiles) ». Et puis vous êtes rentrée, le regard vide, la tête remplie de visions apocalyptiques. Votre dernier week-end en famille remonte à 10 ans quand à 16 ans vos parents vous ont annoncé que désormais vous auriez deux fois plus de cadeaux à Noël car papa a décidé de quitter maman pour sa secrétaire. Tant bien que mal, vous vous êtes glissée dans votre lit, vous avez fermé les yeux. Ce soir-là, dans vos rêves, on donnait un bal de scénarios improbables. Ils ont valsés toute la nuit. Le matin, vous avez pensé à milles excuses pour décliner mais votre cœur a tranché : c’était beaucoup trop important pour elle.

Alors, à une heure de la retrouver ce fameux Samedi, vous vous êtes creusée les méninges pour trouver la parfaite adéquation vestimentaire. Pour la première fois, en remuant votre placard, vous vous êtes avouée que ça puait l’ado retardée là-dedans. Comme un trésor enfoui, entre les t-shirt et les baggys gisait cette chemise en soie que vous avez portée le jour de votre premier entretien. Un pantalon noir tout simple, vos bottines de motard, un coup de crayon. Vous êtes à peu près présentable.

Midi à Saint-Lazare. La gare est noire de monde. Des trains partent, d’autres arrivent. Votre cœur est à 100 à l’heure quand vous la voyez arriver dans sa robe des grands jours. Direction : Herblay.

Ah, la banlieue, vous n’y mettez jamais les pieds. Vous savez que ça existe mais c’est à peu près tout. Pourtant, quand vous arrivez à destination, vous êtes tout de suite charmée. Les allées s’entrelaçant dans un silence religieux et la petite forêt en contrebas donnant sur la seine apaisent votre rythme cardiaque. Ça y est. Vous y êtes.

(A suivre)

Rania
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One Comment

  1. Shasha says:

    Le coup des noms propres et des de l’attitude pseudo cassos/réel bobo est carrément insupportable. Enfin, ça doit vous faire rire entre vous, c’est sans doute déjà ça.

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