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J’irai dormir chez The Real L word

Septembre, Los Angeles, une automatique, un GPS, une autoroute à 5 voies, frôler la mort, Santa Monica boulevard, West Hollywood. Arrivées à destination.  Je file pisser avant de dire bonjour à la nana qui nous héberge. Des drapeaux gays un peu partout, une galère pour se garer, trois chiens.

Ma meuf et moi avons fait un périple dans l’ouest américain septembre dernier. Le réseau lesbien étant international, nous avons eu la chance d’être hébergées par des lesbiennes à S.F. et à L.A, West Hollywood ou Weho pour les intimes.

West Hollywood ce sont les passages piétons aux couleurs de l’arc en ciel, des gays partout dans les rues, The Abbey et évidemment les gouines très souvent accompagnées de leur chien et autres Chiwawas.

Weho, c’est un vrai L Word, y’a les butchs, les fems, les tatouées. Toutes avec leurs chiens et leur grosse bagnole.

Pour faire court et éviter un suspens qui n’est pas indispensable, nous avons atterri chez Whitney et Sarra de la série The Real L Word. The real L Word, c’est la version plus réelle (réaliste ?) de The L Word.

Au départ, je me suis dit que j’allais pouvoir vous raconter des choses absolument passionnantes sur la vie des lesbiennes de Los Angeles ou sur les meufs de The Real L Word. Mais ce qui nous passionne nous ici à Paris n’est pas ce qui les passionne elle à 10 000 km d’ici.

Comme leur mode vie ressemble au notre : photos de couple accrochées au frigo, brunchs, roulages de pelle intenses, sentiment d’appartenance à une communauté très fort, soirées lesbiennes, dragues pas fines, Drag Queen Shows, Mojitos DRAMAGOUINE. (Cf : l’article du manuel de survie en territoire lesbien) ; il est inutile de vous raconter leurs journées aussi captivantes que les nôtres. Non, je vais vous parler de notre expérience d’avoir vécu trois jours et deux nuits chez les deux nanas principales de la série The real L Word.

Il y a tout d’abord Whitney, un petit peu plus réservée que Sarra qui elle te sourit dès qu’elle te voit. Les deux sont ensemble et mariées : ce sont les deux premières femmes mariées que nous rencontrons. Pendant que Sarra nous prépare des œufs brouillés pour le ptit dej, on leur raconte qu’en France on ne peut toujours pas se marier, elles sont étonnées ; nous aussi.

Puis elles filent. Depuis maintenant deux ans qu’elles font partie de la série, leur emploi du temps est bouclé d’apparitions médiatiques ou à divers événements connotés LGBT.

Sous la douche, ma copine et moi nous demandons si nous sommes filmées, on imagine nos amies back in Paris qui nous mâtent sur leur écran Macintosh 8 mois plus tard, en train de nous dire qu’on ferait bien une série de lesbiennes parisiennes version porno – et j’en serais la réalisatrice évidemment haha. Bref, dès qu’on se retrouve à poil ou en train de nous raconter des gossips top secrets, on s’imagine braquées par des caméras cachées. Finalement non, le tournage, c’était six mois plus tôt. Merde, on est arrivé trop tard.

Le soir même, la fille qui nous héberge nous emmène à The Abbey*, le bar du coin à ne pas manquer : les meilleurs burgers et les meilleurs mojitos (à la coco) de la terre. Drag Queen Show, musique, des Bears partout, des bonbons et des chamallows dans les toilettes.

Le lendemain matin, nous allons toutes bruncher à Kitchen 24. Il fait beau, les américaines emmènent leurs chiens qu’elles peuvent amener partout (restaurants en terrasse, magasins, supermarchés) ; en chemin, nous croisons une garderie pour pets*, et des chiens qui leurs font les yeux doux derrière une vitre, elles sont babas. On s’installe en terrasse, les filles commencent par un Bloody Mary bien fort (il est à peine 11h du mat’), je bois mon verre de soja discrètement. Une autre blonde de la série se ramène avec une copine. On parle anglais avec notre accent « super cute ». Elles nous demandent si on connaît la série… « Ben on regarde mais un petit peu » J’ose pas dire que je n’ai vu que deux épisodes et que je me suis fait un peu chier (même si j’apprécie le concept, je le préfèrerais à Paris). Mais les filles sont absolument cools et on fini par parler de nos différences culturelles.

Alors qu’elles passent leur temps à parler de leur chien : ce qu’il mange, ses mimiques, sa sexualité, ce qui sort de lui et comment, ma copine elle, parle anglais-allemand-français avec la meuf de la fille qui nous héberge. Je suis entre les deux conversations. Dois-je parler chiens ou dois-je parler différences culturelles ? Je conclue que si les gouines américaines se baladent partout avec leur chien, la française est plutôt gouine à chat. A choisir, le préfère les griffes de mon chat Gribouille à la bave d’un molosse. Mais bon, c’est cul-tu-rel.

Le pourboire s’élève à 7,50 euros chacune. Gloups.

Les filles nous disent ce qu’il faut ABSOLUMENT visiter à L.A., Whitney et Sarra semblent rarement d’accord, on mâte leur album de mariage, on se dit que plein de lesbiennes de Paris aimeraient être à notre place même si personne ne regarde la série. C’est vrai que si nous avions logé chez Alice ou Jenny, ça aurait été différent, mais pas très réaliste.

Conclusion: Je n’arrive toujours pas à décider s’il vaut mieux être une gouine à chiens ou une gouine à chats.

Sarah
The Abbey Food and Bar* : Bar LGBT de West Hollywood (le bar de la série)
Pets* : animaux domestiques
 

Sarah

Sarah ne parle plus trop de cul ni d'amour d'ailleurs mais ses passions demeurent : féminisme, antispécisme, santé mentale et gingembre.

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7 Comments

  1. rosalie says:

    Bien écrit !! le visage flouté mais avec ton fameux tatouage tu es demasquée !! bisous

  2. Grrraaoooou says:

    Je suis tellement fan de Sara ! Est-elle intéressante ?

  3. Stephanie says:

    J’ai regardée la série, j’adore personellement ! Sara et Whitney habite donc toujours a Los Angeles ?

  4. angel says:

    c’est pas mal LA et les bars que vs decrivez mais pour faire mieux faut aller au Dinah Shore Week end the Original du club Skirts a Palm Springs CA et là je peux vous assurer qu’on se croit reellement dans la serie THE L WORLD ah ah

  5. angel says:

    Beau tatouage :-)

  6. angel says:

    j’ai oublié mon website
    cordialement

  7. keanette says:

    très bon article, sa me fait rappelé le bon vieux temps a Weho en 2011…

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