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Le troisième lieu est mort, vive le troisième lieu !

En 2008, débarquant à Paris tout droit depuis le fin fond du Canada, cheveux coupés comme Jenny Schecter*, je suis prête à mettre les pieds dans le milieu lesbien parisien. Je googlise « Bar lesbien Paris » et je tombe sur des bars majoritairement gays. En parallèle, je m’inscris sur Gayvox pour trouver une acolyte à mes premiers pas dans le milieu. Une fois la rue des Ecouffes faite, me voilà bien déçue de la capitale. Mais je n’avais pas encore découvert l’antre du bar lesbien de référence.

Quelques semaines plus tard et après maintes aventures sur des péniches Quai de la Gare, j’atterrie encore toute fraîche et naïve au Troisième Lieu* ou La cantine des ginettes armées. Il précèdera mes premières rencontres et mes premiers baisers (ayant eu lieu à la soirée la Babydoll, juste à côté). Mais le troisième lieu verra mes premiers pas de lesbienne effarouchée pseudo alcolo du jeudi au samedi inclus.

Le troisième lieu pour des rencontres du troisième type a mal choisi son nom, il aurait du s’appeler le Premier Lieu : le lieu des premières fois : mes premiers kirs à la rose à 3€, mon premier Gin Fizz, mon premier Baby-foot avec des meufs ; les premiers baisers, les premières relations sexuelles/amoureuses/amicales lesbiennes, ou mes premiers brownies aux noix de pécan (Oui oui !). Ou encore nos premiers flirts lesbiens, nos premières baises rapides dans les toilettes étroits et dégueu, ou dans le fond là bas derrière le bar.

Le Troisième lieu, c’était le lieu où l’on embarquait nos potes hétéros pour draguer sans scinder, les serveuses peu aimables, l’alcool pas cher, les tables « cantine », les planches mixtes et végétariennes, « La cochonne », tous les fanzines à l’entrée, des mains sous des jupes caressant les Dim up d’une nana, la langue dans la bouche d’une autre. Mais le troisième lieu c’est surtout cette grande photo (on me dit papier peint dans l’oreillette) au fond du bar, reproduction que je connaissais bien puisqu’elle était affichée sur les murs de mon école primaire. La première fois que j’entrais au troisième lieu, je su instantanément en voyant cette photo que j’étais prédestinée à ce bar !Mais le bar des premières fois a vécu sa dernière soirée samedi 20.octobre. C’est un peu triste mais même si le troisième Lieu est mort, vive le Troisième Lieu ! *

*The L Word
*Le troisième Lieu, La cantine des ginettes armées, 62 rue Quicampoix 75004 Paris
*La mutinerie, 176 rue Saint-Martin 75003 Paris

 

Sarah

Sarah ne parle plus trop de cul ni d'amour d'ailleurs mais ses passions demeurent : féminisme, antispécisme, santé mentale et gingembre.

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One Comment

  1. timide says:

    une question : la faillite chez les lesbiennes est-elle une fatalité ?

    #j’enaimarre

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