profil1

BARBIE DU MOIS #2 REGINA

Elle dévale les escaliers en sautillant, et bondit sur scène comme une petite biche apeurée. Dimanche dernier, Régina Demina présentait son court-métrage “Die Frau” lors de la projection des courts-métrages lesbiens au festival Chéries-chéris. Sur l’estrade, elle dépasse toutes les autres réalisatrices d’une bonne tête et tente de compenser sa gêne par son maintien de danseuse.

A 24 ans, la belle russe en est à son deuxième projet de réalisation. Après un premier court, “Le ciel est vide”, chronique white trash sur fond d’HLM en ruine, Régina s’essaye à l’art vidéo, en mêlant ses inspirations cinématographiques à un imaginaire fétichiste.

Son film, “un triptyque entre fiction et art contemporain” décline en plusieurs scénarios l’obsession fétichiste d’une “jeune fille rousse”. Chaussures cirées, drapés, corps bandés ou enserrés, autant de motifs récurrents qui trouvent leur résonance dans des jeux de soumission-domination saphistes où le corps s’offre… non sans résistance.

L’univers fétichiste, traité avec plus de douceur que de provocation ne fait pourtant pas l’unanimité. Le deuxième chapitre, mettant en scène deux amantes en burqa se livrant à un jeu érotique, hérisse quelques spectatrices. Des commentaires fusent dans la salle, mais Régina, dodelinant de la tête, préfère déjouer les assauts polémiques. L’enfant indolente retrouve un peu de sa contenance. Pour elle, le voile est érotique. Et l’érotisme ne se justifie pas.

Une fois libérée des questions du public, Régina remet ses lunettes et signe quelques autographes. On s’étonne de voir une jeune fille modèle photo, pole-danseuse et actrice aussi soulagée de disparaître des spotlights. Pourtant Régina n’en est pas à son coup d’essai. Modèle depuis cinq ans (pour Katia Legendre notamment), actrice et surtout performeuse, elle semble maitriser son image.

Mais pas ses émotions. Toujours un peu secouée par son intervention, elle s’innocente : « le fétichisme m’évoque un amour pur, un retour vers des amours enfantins, la recherche de l’essence ». De même avec l’actorat, elle soutient trouver dans le jeu un plaisir enfantin, l’émotion du « on dirait qu’on serait ». Un discours qui nourrit son image de lolita, oscillant entre ingénuité et outrance. Une lolita à suivre de près.

 
Pour en savoir plus sur Régina ——> deladoucehysteriedesbilans.tumblr.com
Crédit photo ——-> Marie Rouge
Lubna

 

Lubna

Grande rêveuse devant l'éternel, Lubna aime les livres, les jeux de mots et les nichoirs en forme de ponts. Elle écrit sur l'art, avec un petit a : bd, illustration, photo, peinture sur soie. Twitter : @Lubna_Lubitsch

Plus d'articles

One Comment

  1. timide says:

    et alors la suite ? nous sommes le 23 juin 2013, les mariages gay et lesbien sont passés, la marche c’est J -7, WFM n’est plus pucelle et donc où sont les #3 #4 # 5 …

    ??? :-)

Leave a Comment

*